la plaque de cadre de Pédalator

Ultra Raid de La Meije - Raid Ultra

17-18/09/2016 - (05) La Grave

Raid VTT 70km+50km

 

Raide 2 la Neige

L'Ultra Raid de la Meije, une épreuve dans le style de Raid montagneux que nous aimons bien faire,
mais placée trop tardivement dans le calendrier à mon goût pour y bénéficier des conditions météo plus agréables de l'été ;
c'est pour cette raison que je n'ai jamais trop poussée l'idée de la faire lors de ses précédentes éditions,
or cette année Mary avait sérieusement envie d'aller y poser ses crampons,
bien qu'un peu stressée à l'idée d'affronter ce Raid au programme tout de même bien velu.


Des copains ayant déjà bouclés la version Ultra d'un jour en y ayant bien bavé, au vu du temps de 12h31 mis par Yves ça se traduirait pour moi en 13-15h, une durée dépassant maintenant le seuil au-delà duquel je ne prends plus plaisir à rouler. Il y a 10-20 ans, je m'y serais sûrement lancé comme pour le Grand Raid Cristalp, mais désormais à 52 ans passés je préfère rester sur des formats d'épreuve ne dépassant plus les dix heures. C'est donc sur la formule « Raid Ultra 2 jours » mode chrono de 70 km/+3000m +50 km/+2500m, que j'effectuais fin mai nos deux inscriptions pour cette 6ème édition au tarif de 84€ par personne ; un peu cher à mon goût, mais l'organisation ne touchant pas d'aide public et devant mettre en place des postes de sécurité et louer les services d'un hélico privé, seul moyen d'accéder rapidement aux terrains d'altitude pour évacuer un blessé, cela peut justifier l'addition.

Restait plus qu'à rouler pour en profiter au mieux. Notre prépa d'hiver ayant été un peu foirée (pas assez de roulage en rythme et manque de puissance), et le printemps arrosé n'arrangeant pas nos affaires, il fallu remédier à ça en se mettant quelques sorties effectuées en mode Force, à raison de nombreuses montées passées sur gros braquet, dont le bénéfice se fit rapidement ressentir. Puis quelques bons gros Raids, comme La Granit'Montana, avant d'aligner trois semaines d'été dans le Queyras où nous avons majoritairement roulé (et porté...) en VTT, passant à 3000 m par deux reprises, sur sentiers bien techniques sur lesquels Mary pu apprécier et se familiariser avec sa nouvelle monture, un ORBEA Occam-AM typé All-Mountain de 140/140mm en 27.5" dont j'avais terminé le montage la semaine précédent notre départ en vacances.

Le bénéfice physiologique de cette session montagne s'étant peu à peu dilué dans les 2 mois et demi suivant, on s'est reprogrammé début septembre un gros week-end rallongé en vélo de route pour aller taper du D+ et des bornes du coté du Bourg-D'Oisans, à gravir les cols du Glandon, du Galibier (sous le soleil et en manches courtes ...), l'Alpe-d'Huez, dernière préparation à l'altitude et ses longues montées dont j'ai ressenti le bénéfice ce week-end à la Meije. Une sortie Nocturne pour tester frontale et lampe de cintre, deux super randos locales effectuées en rythme et nous voilà arrivés à une semaine de l'objectif de l'année.

Là on commence à regarder les différentes météo...et ce qui s'annonce là-bas n'est pas vraiment cool ; il fera beau quasi toute la semaine...sauf...le week-end...et chaque jour la météo change, la pire étant donnée par Météociel annonçant le déluge durant deux jours ... Du coup Mary part faire les soldes et dégotte une vraie veste Gore-Tex 'étanche'. J'ai déjà la mienne, éprouvée et approuvée durant les TransBiking où l'ont a roulé dix heures avec Mary sous la pluie.

Jeudi je remplace les pneus ARDENT à petits crampons pour terrain sec de l'ORBEA de Mary par une version plus adaptée aux conditions humides ; un NOBBY NIC 27.5x2.25" renforcé Double Defense pour l'avant, déjà validé plusieurs semaines dans le Queyras, et un Ignitor 27.5"x2.10" Exo TR à l'arrière, peu pénalisant au roulage et accrocheur tout de même. Avec les jantes DUKE en 30mm, les pneus sont un peu plus large au ballon ; c'est mieux pour la caillasse de montagne.

Pour ma part, j'emmènerais mon ORBEA Occam TR M-Ltd, un 29" doté de 120mm de débattement AV/R que j'ai récemment allégé à 11,14 kg en passant la transmission 2x11v en SRAM, le freinage en FORMULA R1 et mis des roues montées perso sur base de jantes DUKE carbone/ moyeux TUNE King & Kong Bost/ rayons CX-Ray : écrous DT Prolock alu. Une machine adaptée aux raids pas trop technique, assez légère pour les portages et surtout performante en 29" pour 'envoyer'. Normalement je faisais ce genre d'épreuve sur mon Genius 26" en 150/150, VTT plus adapté au terrain cassant sur tracé technique comportant moult épingles serrées et pentes engagées. Sur l'Occam je garde la même monte de pneus qu'à la Granit'Montana, à savoir un Ignitor 29"x2.10" Exo TR à l'avant et un Ignitor 29"x2.0" Exo TR à l'arrière. Ce dernier offre un très bon rendement et malgré ses petits crampons taille basse s'en sort très bien dans la boue. J'emmène toutefois quelques pneus plus ou moins cramponnés pour nous deux au cas où.

Jeudi soir je prépare le sac de pièces de rechange, la caisse à outils et le sac de voyage qui se retrouve bourré au taquet avec assez d'éléments de tenues pour parer à toute condition météo durant deux jours, que ce soit froid, humide ou chaud. Je n'emmène toutefois pas les collants longs d'hiver, juste le corsaire et des cuissards courts plus des genouillères. Coté chaussures, deux paires adaptées aux portages en montagne avec crampons : des MAVIC SCREE Gore-Tex montantes et des ALPINE plus aérées. Deux Camelbak et d'autres éléments en double, j'ai trop d'expérience de Raids à étapes effectués sous la pluie. On vérifie la liste du matériel OBLIGATOIRE imposé par l'organisation, vraiment minimum : nous en avons dix fois plus coté trousse de secours (expérience...) et petites pièces de rechange mécaniques, de quoi être autonome et indépendant sur un Raid. J'en vois encore trop partir sans 'maison-sur-le-dos' qui bâchent les épreuves à vouloir sans cesse rouler trop léger.

Vendredi 16 septembre

Vendredi matin, nous quittons la région Parisienne vers 7h, pour éviter les bouchons de ceux qui vont au boulot et avoir un peu de temps pour roulotter sur place. Le trajet s'effectue sans encombre assez rapidement en cette fin de saison, une seule voiture sur la petite route de secours RS 1091 longeant le lac du Chambon.

On arrive passé 14h à Villar-d'Arène où nous serons hébergés dans un super gîte d'étape réservé par Pierrot le GO de la Tribu d'amis du forum VTT Alsace : on y sera pas loin de 22 avec d'autres, comme Marco notre Diable rouge favori du Limousin ; il a la gnac, car peu entraîné mais tout de même inscrit sur l'Elite avec un Enduro à trimballer !

Le gîte à 45,80€ par personne et par nuit en demi-pension est d'un très bon rapport qualité prix et les gérants sont super sympa, n'hésitant pas à se lever à 4h du mat samedi matin pour nous préparer le petit-déjeuner. Déchargement des affaires, chambre spacieuse en couple pour nous, une seconde pièce salle de bain assez vaste pour entreposer les VTT en sécurité.

Dès 15 h on redescend en voiture 3km plus bas au village de La Grave pour y récupérer nos pack d'inscription. L'organisation vérifie sérieusement la liste du matos OBLIGATOIRE : le casque, les éclairages, l'alimentation, les fringues, les équipements de secours & dépannage ; le sac est alors validé et marqué, condition requise pour ensuite passer au retrait de la plaque de cadre. La montagne c'est du sérieux et ne s'aborde pas à la légère. On reçoit un sac contenant, en plus des pubs locales été/hiver, un beau Tee-shirt jaune fluo de l'épreuve, goodies des partenaire comme Overstims, Powerbar ; gaufrettes (miam), tube de gel, squirt. Au moins on récupère ça sur le tarif d'inscription.

On remonte au gîte, où l'on retrouve les potes de l'Est qui arrivent peu à peu. On enfile une tenue, pose des plaques sur le VTT puis on part roulotter un peu pour dérouiller les guibolles, entoxinées par six heures de voiture, et vérifier une dernière fois le matos ; faudra que je revois la transmission de Mary, la gaine des vitesses AR étant un peu courte quand la suspension se compresse, mais ça ira pour cette fois.

On redescend à la salle des fêtes de La Grave pour y suivre le briefing obligatoire de l'organisation ; rappel des conditions, explications sur le parcours, point météo : décision sera prise demain matin suivant son évolution pour maintenir où non le départ et choisir si besoin le parcours de repli, car sans visibilité l'hélico ne décolle pas et dans ce cas on ne monte pas en altitude.

Retour au gîte pour préparer le sac et toutes les affaire nécessaires pour demain matin, puis goto l'apéro avec les Alsaciens, qui seront plutôt sages coté descente de binouses ce soir là ; feraient t'il le métier ??? Le dîner sera très bon et copieux, comme les autres soirs d'ailleurs, ça papote dru. Passé 21h Mary et moi montons rejoindre la couche, demain étant une longue journée. Je programme nos deux téléphones pour qu'ils aboient à 04:00 (deux vaut mieux qu'un ...) et nous plongeons sous la couette, trouvant vite le sommeil.

Samedi 17 septembre - Jour 1 : 70 km/+3000m -

Nuit ininterrompue de repos, à 04:00 les deux alarmes à la pomme s'activent ; hop debout. On rejoint les autres au petit-déjeuner, j'ai pas trop faim ce matin, tellement bien mangé hier soir, juste deux tartines passent. Pour d'autres c'est gâtoSport et/ou SportDej, version chimique ou home-made.

En tenue, mais laquelle ?!? J'opte pour un sous-vêtement ODLO d'hiver, avec un maillot manches longues peu épais, sur lequel j'enfile une paire de manchettes. J'aurais par dessus le gilet fluo qui servira de coupe-vent/pluie. Un tour de cou, un bandana sous le casque -car la tête au chaud on a moins froid- , le cuissard court avec les genouillères BLISS qui protègent un peu du froid, des chaussettes épaisses et les chaussures Gore-Tex sur lesquelles j'enfile des sur-chaussures ; ça retarde le moment où les pieds sont mouillés et refroidis. Les pompes seront aussi moins sales et sécheront plus vite pour le lendemain. Je suis paré, la veste Gore-Tex en cas de pluie dans le sac avec en plus un maillot manche longue épais, préservé de l'humidité dans un sachet, plus une paire de gants hiver épais.

La poche du Chameauback est remplie de 2.5 à 3L d'au avec 4 doses de boisson énergétique, de l'Overstim Hydrixir arôme Mojito (frais et peu sucré) additionné de 2 doses de Malto. Je glisse dans les poches du maillot plusieurs barres énergétiques, deux PowerBar plus 3 tubes & gels énergétiques (pour les coup-de-moins-bien); en fait il y en aura plein de dispo aux ravitos du premier jour.

Je sors à 05:05, le sol est sec pour le moment mais déjà une bruinasse intermittente commence à l'humidifier... Le gîte est sur la place de l'église d'où se fait le départ, idéal pour ne pas devoir se lever trop tôt. La table des listes de pointage n'est pas encore mise en place, je rentre donc au chaud.

Les concurrents commencent à affluer sur la place, marrée de gilet fluo et sapins de Noël ambulants. Le bénévole chargé du pointage achève de scotcher ses listes, Mary arrive et on sort pointer nos numéros, puis retour quelques minutes au chaud, la "mise en grille" étant prévue à partir de 05:30, mais ce sera un peu le brin pour gérer les sas Elites/Raid/Rando.

Coucou aux têtes connues ; JP, Martine et autres. Tout le monde est finalement en place, les Elites devant nombreux avec de plus en plus d'étrangers au fil des éditions, puis nous du Raid sur deux jours, la rando derrière. Mary quelques mètres derrière me demande si la trace GPS est affichée sur son GPS...ben non pas pensé, trop tard et trop loin pour la rejoindre lui faire.

Dernière minute, allumage du GPS, branchement des connecteurs des loupiottes (le départ donné dès le début de la montée je penserais tout d'un coup à celui de Mary qui n'est pas connecté sur le cintre ; j'espère qu'elle a pensée le faire) Décomptage..3..2..1 et GO à 06:10:56 la meute se glisse dans la ruelle montante entre les maisons de Villar-d'Arène, je me faufile et essaye de remonter sur l'avant, nuit noire percée de multiples faisceaux plus ou moins violents. Il y en a tellement qu'en roulant assez proche les uns des autres on pourrait se passer d'éclairage.

La pente passe dans le positif plus prononcée, devant une chenille lumineuse envahie toute la largeur du chemin, ça monte doucement, ça cale parfois, je me faufile et remonte, incursion courte sur la D1091, puis un chemin qui redescend doucement vers le Pied du Col j'embraye et file plus vite sur le chemin traversé par quelques ruisseaux. Deux bornes déjà et on attaque une première remontée de 2.5 km sur chemin plus pentu qui étire la cohorte de fanions lumineux, ça souffle, ça pousse, je remonte bien en jambes, cool, pas fâché de mon choix de transmission double 24/34,10-42 puis on aborde un petit mur où un lacet passé en poussage nous ramène sur la D1091 que l'on traverse pour choper en face l'entrée d'un sentier, ça monte moins fort mais l'étroitesse et le petit rythme de certains fait qua ça traîne un peu trop à mon goût, je double par quelques bordures mais ne voyant pas trop ce qui se cache sous l'herbe je limite ses écarts, et me préserve ainsi de trop en faire au début.

Je suis revenu sur Marco, il n'aime pas trop le sens D+, restant quelques instants derrière lui, puis l'opportunité de dépasser se faisant j'en profite et embraye dans le noir transpercé de mon faisceau de cintre. Je n'ai pas encore allumé la frontale, un seul feu suffisant pour le moment. Au bout de six bornes on arrive au Col du Lautaret (2054m) j'enclenche deux pignons et traverse la route où les bénévoles assurent la sécurité et nous indiquent le début de sentier à prendre pour basculer vers la vallée de La Guisane, on est alors très espacés à ce moment, nuit encore assez noire, j'ai allumé la frontale. Une épingle large puis un sentier large un peu caillouteux qui se dévale vite, on rejoint un chemin large où le 34-10 du 29" va être mis à contribution, ça avoine sec -en étant prudent car il ya quelques cassures de terrain et pierres à éviter- ça dépote, Marco m'a déjà rattrapé et dépassé tel un missile dans son jus.

Le jour se lève, l'éclairage devient vite inutile, au bout de 6.2km de descente on arrive sur le hameau le Lauzet où un bénévole nous fait partir à gauche. Là je sais que l'on part sur le parcours de repli, pas de Galibier donc, car on aurait du attaquer avant la piste qui y remonte. Dommage pour ce sommet qui fait l'âme de l'épreuve, mais ayant déjà roulé toute cette boucle des Cerces avec Mary en été 2010 je ne suis pas frustré, mais plutôt rassuré au vu des conditions météo du jour qui aurait empêchées de profiter des superbes panoramas du Col du Galibier puis de la Ponsonnière.

Bon maintenant il faut remonter, un peu sec, faut que les jambes s'y remettent, je dépasse un concurrent dont la tige de selle suspendue joue le yoyo -abandon pour lui s'il n'a pas pensé à emmener avec lui la bague alu polie que Rock-Shox livre avec toute ses REVERB pour pallier à cette déconvenue- voici mon Marco qui se prépare de nouveau pour une longue séance de moulinade, sa journée va être longue car il a signé pour le Raid Elite. Allez courage le Diable ! On repart donc pour 2,6 km de grimpette via le Pont de l'Alpe, soit 266 m de dénivelée qui s'avale sur chemin, dont certaines portions plus pentues un peu caillouteuses passé le début, ça roule tout à gauche puis petite poussette de 25m pour ne pas trop s'en mettre encore trop dans les guiboles, puis la pente s'atténue et on monte sur chemin du pâturage menant vers l'Alpe du Lauzet. De là on remonte choper le Chemin du Roy, un très beau sentier de 4,5 km évoluant en balcon peu aérien entre 1900 et 2000m d'altitude, bordé par endroit de parois et/ou d'arbres, en dessous on aperçoit quelques chasseurs. Le sentier est peu étroit, ponctué de quelque irrégularités pierreuses, quelques courtes zone trialisantes passées à pied. J'y suis revenu sur un petit groupe de concurrents, à la file derrière Ada – seconde Elite – qui n'avance pas trop vite –peut-être peu rassurée par les passages en surplomb – je patiente donc derrière, un long moment, dommage car on pouvait souvent envoyer sur ce sentier en balcon assez plat. J'en profite pour pauser et vider la vessie, du coup 4 gars me repassent. Plus loin le sentier se termine dans un sous-bois où l'on débute une descente par quelques pettes épingles faciles, sur terre un chouilla glissouillante, je me garde d'aller trop vite car derrière mon IKON 2.0" aux crampons bas a bien du mal à trouver du grip, ça dérape de quelques mètres avant de ralentir. Le gars devant merde dans la 2ème épingle, me faisant foirer ma traj', on poursuit la descente jusqu'à 1840 m en passant sous la D1091 par un tunnel assez bas où coule un filet d'eau.

Dernier tournicoton en sous bois et on retombe dans la vallée de La Guisane sur le chemin emprunté auparavant à la descente, que l'on remonte désormais de 200m jusqu'au Col du Lautaret, petit vent par moment qui freine, sur un sol parfois herbeux rendu boueux par les passages et qui rend pas trop, on croise quelques randonneurs partis plus tard qui descendent à contre-sens. A 1900m un bénévole indique la séparation des parcours « Elites à droite , Rando à gauche» je demande confirmation que pour le Raid chrono 2 jours c'est bien à gauche, puis je file alors que plusieurs pilotes Elites partent à droite en baver ; ils vont devoir faire un aller/retour sur la même piste caillouteuse grimpant jusqu'à la stèle Henri Desgrange sous le Col du Galibier, température -2°C la haut + pluie/neige, redescendant congelés. Au Lautaret se tenait la tente d'un ravito, situé au kilomètre 23.6, déjà un peu de monde. Bien pourvus, je chope un verre de thé chaud, cool ça, il y a du salé et sucré, je picore un peu puis repart aussi sec en suivant Nico de l'Azboub.

Le parcours monte dans l'herbe à vaches sur une trace free ride, sol de mottes d'herbe terreuse qui secouent, puis redescend sur 200m en longeant la route avant de repartir sur une sente à peine marquée en dévers ondulant dans la prairie durant presque 2 km sur ce sol de mottes herbeuses et terre glissante parfois collante, heureusement peu de monde est passé à ce moment pour nous et il ne pleuvait pas trop, donc majoritairement encore roulable, mais progression saccadée et laborieuse, entre les racines, les dérapages intempestifs de travers. Je m'arrête pour une seconde pause vide-vessie, contrecoup de la fraîcheur, Nico a disparu devant. Le passage devient plus roulable, la pente s'inverse et on commence à descendre dans l'herbe, virage en dévers droite, puis dévers gauche, prudent car le pneu arrière ne grippe pas trop, puis sol de terre plus stable et descente droit dans la pente où je reprends du grip et de la vitesse, dépassant un gars à pied.

J'arrive à 1670m près d'Arsine à un carrefour où un bénévole nous dit de partir à gauche vers le pont pour aller faire une boucle de 2.9km autour d'un petit lac avant de revenir au même endroit. Du XC, chemin large et plat longeant La Romanche, sol irrégulier incrusté de quelques galets , j'aperçois 100m plus loin devant Nico, j'embraye un peu plus mais l'écart reste constant, on arrive à mi-boucle sur un replat d'où l'on repart en sens inverse sur un sentier bien lisse en balcon emprunté par le GR54, léger faut plat descendant ponctué de quelques pettes dénivellations et légers virages. J'augmente le rythme sur ce passage ludique pour tente de refaire la jonction avec Nico, mais il disparaît de nouveau. Retour au carrefour du bénévole, cette fois c'est tout droit sur un chemin bordé des maisons du hameau La Lochette remontant vers le Pied du Col.

On grimpe encore de 55m par cette piste pour repasser ensuite sous la D1091 dans la conduite pentue d'un tunnel où coule un ruisseau, ça glisse un peu même avec mes pompes à crampons, parfois obligé de monter pieds en biais sur la bordure sèche. Quelques mètres sur la D1091, puis on attaque à droite une piste permettant de bien tourner les jambes en montant régulièrement vers le hameau les Cours, ça bruinasse toujours. Je vois Nico qui part sur la droite en suivant deux gars qui ont attaqué un portage qui s'annonce velu. J'hésite un instant voyant à gauche un des fanions rose du balisage, ne comprenant pas ce qu'il fait seul en bordure d'un pré, puis je m'attaque au portage, ça commence à monter plus raide, ça tire sur les mollets, Nico trouve comme moi étrange de ne plus voir de trace du balisage, mais poursuit en voyant les deux gus continuer la crapahute 25m plus haut. Je me retourne alors, voyant trois gars passer sur le VTT en contrebas, suivant la piste...merdoum, je me suis fait enduire d'erreur, tête de mouton ! On vient de se faire 40m de D+ en rab ! Hop demi-tour, je me dépêche de redescendre en sens-inverse rejoindre le bon itinéraire.

Le chemin devient piste, tournage de jambes régulier, je repasse du monde, Nico un peu plus loin derrière, on grimpe jusqu'à 1986m vers le Lac de Pontet pour obliquer ensuite à gauche sur un sentier grimpant jusqu'à 2100m, un coup de balcon, puis on amorce une descente sur un sol qui se transforme vite en patinoire, terre glissante un peu collante, bords herbeux cachant une rigole, la roue arrière part souvent en sucette, j'ai un peu de mal à garder l'avant dans l'axe malgré les campons de l'Ignitor bien prononcés sur ses cotés, dès que la roue part en biais, ou un peu de travers, ça zip directos et je rattrape in-extremis au moins trois gamelles. Je suis revenu sur un gars qui n'en mène pas large, il se couche dans l'herbe 2 m plus bas, je passe et poursuit vers un autre et reste un peu derrière lui . A ce moment j'entends derrière un "pardon, pardon" courtois, mais pour le moment pas possible de se ranger mon gars, c'est trop chaud et celui de devant n'est pas franchement rassuré et mène sa barque comme il peut pour pas aller à la faute. Un virage en herbe, le coureur de derrière en profite et nous passe, comme si le sol était sec, et file quasi deux à trois fois plus vite que nous ; c'est un Elite sponso SCOTT, je pense alors que c'est Benoit qui terminera premier. Il sera suivit d'un autre pilote, mais plusieurs minutes après. Virage en dévers, je slide de l'avant et me rattrape de la main, je remonte, droit dans la pente glissante, j'essaye de contrôler l'avant qui surf dans tous les sens, une jambe de rattrapage à droite, puis une à gauche, je me demande si pour demain il ne vaudrait mieux pas que je monte aussi un Ignitor derrière. Bon la savonnnette'party se termine enfin, retour sur une piste en dur au niveau de Le Pré Rond.

On redescend progressivement via les Hières vers Ventelon. On est à presque 43 km, voici un second ravito abrité sous l'entrée d'une grange. Je pose le spad et me restaure, ça fait déjà 3 heures qu'on roule. Le ravito est très bien pourvu, il y avait même du saucisson et du fromage. Je préfère rester encore sur du sucré, fruits secs, j'avale deux gaufrettes PowerBar –miam- et un tube de gel Overstim, j'en glisse un sous le cuissard pour plus tard. Nico Azboub refait aussi le plein, on repart ensemble, je prends ensuite de l'avance dans le début de remontée plus pentu, et le distance peu à peu, ça grimpe ensuite sur piste plus régulière jusqu'à 1940m vers le hameau les Clots où l'on repart sur sentier/chemin en balcon jusqu'à une piste qui nous remonte encore de 100 m. On quitte la piste pour suivre un chemin un peu gras par endroits, quelques courts bourbiers et ruisseaux, puis on bifurque à gauche sur une trace ténue dans la prairie d'herbe à vache en mottes qui secoue, légère descente, un peu plus de pente, virage gauche pour passer près d'un chalet, puis retour sur un chemin qui va descendre rapide, on en sort pour filer droit dans l'herbe et plonger retrouver une piste.

Celle-ci va remonter progressivement durant 4 bornes vers La Buffe, quatre lacets où le seconde Elite me dépasse et s'éloigne inexorablement, puis Stéphane'Azboub est revenu sur moi et poursuit son avancée. Je ne vois plus Nico, je me sens en jambes tirant profit de notre dernier stage montagne, le 29" est idéal sur le circuit de ce jour plus roulant, ça avance, je me sens juste limité par ses 120 mm de battement quand ça tabasse, les bras morflent. Le temps est toujours en mode plafond de nuages gris et bruinasse+petites gouttes, mais je n'ai pas froid suite au rythme et à l'humidité qui n'a pas encore traversée mes 4 couches de frusques, donc le moral suit.

La piste traverse les hameaux Rivet du Pied – merci les miens sont bien au chaud – puis Rivet du Milieu, s'aplanie un moment pour redescendre doucement en longeant un torrent irriguant le Vallon de la Buffe , j'aperçois les deux yourtes de berger, un paquet de brebis paissent tranquilles dans l'enclot, surveillées par un Patou plutôt cool. Je roule et papote un instant avec un gars du club de Chorges où est Renate, c'était tout sec là-bas quand on a fait leur super rando mi-juillet. Je ferme le coupe-vent et remonte les manchettes, petite fraicheur humide avivée par une légère brise et l'altitude et on n'est qu'à 1924m.

Kilomètre 52, voici un nouveau ravito, protégé d'une toile, ils ont bien du courage tous les bénévoles qui se pèlent dans ces conditions en nous attendant sans pouvoir bouger ; merci à eux. Je pose l'Orbea et dévore trois bananes séchées et autres sucreries, mais je ne m'attarde pas trop pour ne pas me refroidir. Je repars, à gauche en traversant sur le vélo le Torrent du Gâ peu violent ni profond, prenant garde de ne pas mouiller les pieds. Les Elites eux poursuivaient en face dans le vallon vers le Plateau d'Emparis, que nous ferons demain. Chemin gras et un peu pentu, courte poussette, un peu de roulottage sur l'herbe, puis terre caillouteuse et pente s'accentuant, mode portage VTT sur le dos, puis en poussette pour gagner 75 m de D+. On débouche sur une piste légèrement descendante durant 3.4km, j'ai aperçu Nico à mi portage, je dévale la large piste toute transmission à droite (merci le double) vers Le Borze. Là je vois un panneau du balisage et pense que sa flèche fait repartir à gauche en montée sur piste, mais vers Rivet du Pied où l'on est passé toute à l'heure... J'entame 100 m de remontée avant de voir débouler deux concurrents nous disant « c'est pas par là ! » Demi-tour, on repart donc en descente sur la piste qui débouche sur une petite route grimpant vers Le village Le Chazelet, les jambes commencent à marquer, je monte au train doux, revenant sur quelques gars, on oblique à droite et ça descend, rapide sur chemin contournant le village, j'embraye, descente plus rapide, puis sente dans l'herbe, virage gauche et on arrive en haut de ce qui sera la meilleure descente du jour et la plus technique, Chic-chic, celle de la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Repos.

Un bénévole positionné ici nous dit de faire gaffe, terrain bien glissant, le premier serait passé à pieds. Effectivement les 5 premiers mètres à moitié sur ardoises calme d'entrée, puis une épingle droite où je remonte en selle, 5 m jusqu'à nouvelle épingle à gauche, un pied, remonte en selle, roulage jusqu'au promontoire sur lequel est perchée la chapelle, pas le temps de la voir, trop concentré sur ma traj', je rentre dans le goulet, sol d'ardoise dur peu glissant, ça passe, s'en suit quelques virolos entre les hautes parois du chemin, deux courts passages à pied trop glissant, sur des dalles d'ardoises patinoire, ou un virage pourri, puis retour en selle pour savourer cette petite descente technique en épingles, pas trop pentue avec bon grip dans l'ardoise pillée humidifiée, super la banane. La pente se calme, la sente défile entre les herbes, on débouche sur un chemin, à gauche en légère remontée jusqu'à D1091 qu'on traverse pour choper une petite route qui descend sur 400 m, gazz ça sent le final, j'ai un lièvre en vue ; c'est Laurent.

Fin du goudron, on suit un chemin qui remonte doucement en sous-bois, puis à gauche sur sente bien plus raide mais courte contournant un grillage, on arrive au pied d'un escalier métallique pour l'ultime portage du jour, je pousse le vélo, les marches étant peu hautes, puis en deux virages elles reprennent hauteur normale, Laurent reprend pieds sur le sol, j'arrive quelques secondes après lui, retour en selle et gazz pour les 200 m finaux jusqu'à l'arche d'arrivée que je passe à 11h42 (just in time pour l'apéro) en 12ème position scratch après 5h31 heures d'efforts (5h12 roulés à 11.7km/h) pour ces 60,6 km et 2245m de dénivelée positif.

Content de ma forme du jour et de la météo bien plus favorable que ce que je craignais ; jamais eu besoin de mettre le Gore-Tex, pas mouillé, pas eu froid malgré les 4 à 11°C. Parcours plutôt typé XC assez 'roulant' aujourd'hui où le 29" était bien approprié. Epreuve du jour bien organisée et sécurisés, juste regretté que l'on ne puisse pas nous dire la distance restante sur ce parcours repli dont n'avait aucune infos D+/Distance.

Pierrot est arrivé second, il a bien gazé. Je pointe mon numéro sur la liste des arrivants, récupère mon ticket repas & boisson. J'attends mon tour derrière 2 autres gars pour laver le bike, bien crados le pauvre, puis je remonte tranquille en tournant les jambes les 3.4km de route me ramenant au gîte de Villar-d'Arène où je savoure la bonne douche bien chaude, les frusques sèches. Je me prépare une bouteille de boisson de récup, dévore plusieurs poignées de graines & fruits secs, ingurgite un verre de jus de betteraves –bon pour la récup- puis je redescends en voiture à l'arrivée vers la salle des fêtes de La Grave pour dévorer le repas, dont une très bonne tourte de pomme de terre accompagnée d'un bon fromage blanc myrtilles.

Je ressors ensuite papoter en attendant Mary, qui arrive souriante à 13h48, un peu plus de deux heures après moi, en ayant bouclée tout le parcours du jour malgré des jambes vides du fait d'un début d'intoxication alimentaire contractée jeudi avec 38°C de fièvre : Bravo ma Bikette d'avoir été au bout en y prenant plaisir, d'autres ont bâchés bien avant toi ce matin. Je lave son Orbea pendant qu'elle mange, puis on remonte en voiture au gîte, les gouttes de pluie se font un peu plus grosses et serrées, plus tard ce sont de grosses gouttes qui tomberont, je pense alors aux derniers dont les Elites comme Marco qui roulent encore la dessous, sur un terrain rendu plus boueux.

Préparation des affaires pour le lendemain, un peu de récup guibolles en l'air, puis on rejoint les copains du forum pour l'apéro en se refaisant la course avant le bon dîner : soupe, saucisses/poitrine & lentilles, dessert, tout ça vite dévoré. La fatigue commençant à se faire sentir, on remonte se glisser sous la couette pour une bonne nuit réparatrice, dehors il pleut encore à grosses gouttes...

Dimanche 18 septembre - Jour 2 : 50 km/+2500m -

Réveil 06:00, un œil par la fenêtre pour y voir une grande portion de bleu et quelques nuages gris, mais sommets enneigés au dessus de 2000m, sol mouillé et atmosphère plus humide qu'hier matin.

Petite douche chaude pour se réveiller, préparation en enfilant le même type de tenue qui a fait ses preuves hier puis à 7h on descend au p'tit déj où j'arrive encore pas à manger, le ventre encore plein du bon dîner d'hier soir. On remonte finaliser notre préparation, le temps de s'allonger encore un peu. On descend à 8h, pour rallier par 3,4 km sur route le village de La Grave d'où se fait le Départ/Arrivée du jour. Quelques Elites sont venus nous voir et nous encourager, eux ils ont leur dose et pas chauds de repartir rouler ce matin. C'est aussi le cas de certains concurrents inscrits sur le Raid deux jours, qui ne repartent pas en selle ce matin, vaccinés des conditions météo du week-end...

Le départ approchant on se met en grille, moins nombreux, les têtes de classement se positionnent sur l'avant, comme Pierrot 2ème hier comptant bien essayer de reprendre les 15 minutes le séparant du premier. Dernières consignes du jour, pas de parcours raccourci pour le moment, décompte final et Benoît Vaxelaire, 1er Elite hier, lâche la rubalise qui nous retenait. Celle-ci s'enroule autour d'un concurrent qui va se démener pour la retirer durant 50m.

Départ en trombe, on se croirait sur le XC du quartier, j'ai mal aux cannes pour démarrer trop fort, va falloir rouler un moment pour éliminer les toxines et bien chauffer les muscles. On se retrouve de suite dans le vif du sujet, suivant la Rue de Babiole qui commence à monter, la chaîne se rapproche des grands pignons et y stagne, puis on oblique à gauche dans une ruelle bien raide, je souffle, j'ai mal aux cannes, ça me passe à gauche, à droite, des rondins, ma roue arrière dérape et je sors un pied, j'essaye de vite me pousser à gauche pour pas gêner les autres, ce faisant je coince un gars contre le mur, désolé. Retour en selle et je continue de monter, ça grimpe fort, certains poussent déjà, on grimpe ainsi à 1560m où se termine la route, poursuivant sur une piste empruntée par le GR54. La pente est un peu moins forte, j'arrive à tourner les jambes et mène mon rythme Papy-doit-chauffer-avant-de-pouvoir-envoyer, ne cessant de me faire dépasser ; ils sont tous frais aujourd'hui, pas possible, j'ai l'impression qu'il y a plus de monde.

La piste devient chemin, en partie herbeux, qui regrimpe fort, les jambes commencent à mieux répondre et je commence à remonter des gars, beaucoup poussent, je dépasse ainsi Nico'Azboub, puis le Bernasticot qui semble attendre Nico. La pente s'accentue encore un peu, je reste sur le bike et remonte encore quelques marcheurs, puis je me mets aussi à pousser quelques dizaine de mètres pour me préserver ne connaissant pas trop la suite. Le chemin débouche au niveau du hameau les Terrasses, petit moment de répit. Je zieute le compteur ; en deux bornes on s'est déjà mangé 300m de D+.

On poursuit la grimpette sur piste jusqu'à 1930m où à 3km du départ on revient sur la piste empruntée hier montant au dessus du Chazelet, la pente se fait plus calme et je reprends du rythme, dépassant ChrisBZH et d'autres concurrents, je commence à trouver mon allure de croisière. Le chemin en herbe d'hier est plus gras, ça zippe de l'arrière par moment, on refait la descente dans l'herbe, plus glissant là aussi, puis remontée par la piste passant par les hameaux Rivet du Pied et Rivet du Milieu. Lorsqu'elle s'assagit en redescendant légèrement, je me fais passer par Pietru lancé en mode missile ; il rattrapera Pierrot et finira avec lui.

On repasse à l'endroit du ravito d'hier, longeant le Torrent du Gâ, mais cette fois on file tout droit comme les Elites hier, sur piste/chemin courant en fond de vallon passant par La Buffe puis les Chalets de la Grande Buffe. Jusque là l'humidité nous avait laissée tranquille, mais on se dirige vers la masse nuageuse coincée sur les sommets, mélange brouillard/bruine perlant sur les manchettes que j'ai remontées en fermant le coupe-vent.

On quitte la piste à 2020m d'altitude, traversée du torrent pour monter sur un sentier parfois boueux, parfois roulable sur quelques dizaines de mètres, mais plus généralement je pousse ou porte le bike. Il est 10h20, je suis parti pour 43 minutes de poussage/roulage/portage sur les 2,6 km de montée nous menant sous le Col à 2388m. Un très loong moment, les mollets tiraillent, je remonte plusieurs fois en selle dès que c'est possible au début pour roulotter des portions de 25 m, ponctuées de passage de roches, puis la prairie se poudre de restes de neige, le terrain devient plus boueux, un peu détrempé, on passe deux passages rocheux d'ardoises, le second en dalle bien glissante où j'ai du mal à reste debout en maintenant le bike malgré mes semelles à gros crampons, je commence à glisser vers la pente à droite, trouve un point d'appui, puis réussi difficilement à passer la zone. Les suivants voyant cela optent pour monter un poil plus haut sur la terre/herbe plus propice à la marche. Je pense alors à Mary qui n'aime pas ce genre de passage, j'espère qu'elle saura s'en dépatouiller, ou trouver de l'aide.

La couche neigeuse s'épaissit, il doit y avoir entre 5 à 10 cm, je remonte la trace laissée par les premiers, quelques fanions rose bordent le chemin. J'aperçois les gars 50 m plus haut remontant sur le bike, ça sent la fin, on arrive au Plateau d'Emparis, point culminant du jour. Un bénévole nous renseigne sur la suite des festivités. Je ne m'attarde pas, paysage occulté par la brouillase. On commence par descendre sur le sillon de neige fondue, mais ça glisse trop à mon goût sur le chemin, le gars devant moi s'étale en léger virage, j'opte pour le free ride dans la poudreuse bordant la trace boueuse, plus cool et plus stable, la pente s'accentue un peu, sans doute trop sur les freins je par en glissade dans la peuf et me rattrape d'une main ; chiotte un gant mouillé, pas glop par 4°C. Je remonte en selle, poursuivant ma progression dans l'or blanc, nouvelle glissade, re-main par terre. La neige commence à disparaître, cédant la place à un sentier filant dans le vallon herbeux, parfois glissant, souvent détrempé, je n'y roule pas trop vite, pour éviter de remonter de la flotte qui poncerait les plaquettes avant d'attaquer les descentes, mais surtout pour limiter les projections de flotte boueuse remontant dans le dos si on prend trop de vitesse, rien de tel pour attraper froid. Un petit garde-boue aurait été utile à ce moment là.

Le sentier remonte doucement en passant sous le Refuge du Rif Tort, puis revient sur une piste jusqu'à 2240 m. Là une bénévole nous indique la direction de droite, il était possible de bâcher ou raccourcir en filant tout droit, rejoignant 100 m plus loin la suite du parcours. En effet on allait avoir une séance- remontée jusqu'à Besse. Sans hésitation je me lance dans le sentier amorçant les 3,4 km de descente, un billard 'lisse' tout en épingles faciles, peu de cailloux, des virages relevés et pas mal de cassures renvoi d'eau dont il fallait se méfier en contrôlant sa vitesse ; je m'en rappel encore lorsque nous y passions au Marathon de l'Oisans. J'ai un peu froid aux mains dans les gants mouillés, un peu de mal à gérer le freinage, je reste prudent et n'ouvre pas trop les gaz pour éviter les dérapages non contrôlés, mais le grip est bon et je me débride au fil des épingles, c'est très ludique, rien de difficile, première régalade du jour, rien de tel pour le moral. Fin de descente, zigzag dans l'herbe, traversée de ruisseau, on revient sur une piste menant à la route, 1.3km de légère remontée, ça réchauffe, à gauche dans un petit sentier, puis une sente descendant les maisons de Besse où l'on débouche face au ravito, kilomètre 25.5.

Je pose le bike, range mes gants mouillés et sors ma paire de gros gants d'hiver, pas fâché de les avoir trimballé; vive le sec et chaud. Je dévore quelques sucreries, une gaufrette Powerbar, des fruits secs, un verre de coca, un tube de gel énergétique. C'est que le froid ça creuse. Je ne m'éternise pas ; fait pas chaud depuis qu'on descendait. Je repars avec deux autres concurrents, ruelles puis chemin descendant où j'aperçois Philippe (il n'a pas pris le départ ce matin, moral en inadéquation avec la météo) qui me prévient de faire gaffe au pont qui arrive ; il serait glissant. Un triangle de balisage fluo est là aussi pour nous prévenir, en plus d'un bénévole qui nous le rappel encore. J'arrive au niveau du pont, me remet dans son axe bien perpendiculaire, puis en traverse les 3m avec précaution, sans toucher ni aux freins, ni aux vitesses, pas de flou dans les pneus, obstacle passé, on débouche sur une petite route.

On est alors à 1573 m d'altitude, il faut désormais remonter jusqu'à 2244 m, soit 671 m de dénivelée à se taper d'un coup sur 8,4 km. Allez, au boulot ! Je démarre bon train, sans trop forcer vu la longueur du morceau, je vais y apprécier mon IKON 2.0 arrière peu pénalisant au roulage et les roues de 29" pour leur rendement, au moins ça avance. On commence par 1,6 km de petite route déserte, j'y dépasse un concurrent, un autre en lièvre devant, bon rythme, je tourne bien les guibolles, la pente n'est pas très forte et la montée régulière, on ressent là tout le bénéfice des longues montées de cols effectuées il y a 3 semaines.

Au premier virage où le bitume cède la place à une piste dure, j'ai une impression de faim, alors que l'on vient de quitter le ravito où je me suis bien restauré ; mieux vaut éviter la fringale, je m'arrête quelques secondes, sors un PowerBar chocolat du maillot, poche récalcitrante, puis dévore l'intégralité celui-ci et repart en finissant de mâcher le truc. Je reprends peu à peu mon rythme, revenant sur un gars qui m'avait passé, poursuivant la looooooooooongue remontée (comme au Marathon de l'Oisans sur la piste interminable de Mizoën depuis le Chambon). Les jambes tournent bien, le fessier supporte l'exercice - merci le cuissard Assos rembourré - j'arrive à tomber un ou deux pignons plus bas au fil des légères variations de déclivité, signe que je ne suis encore frais, les 25-50 m me séparant de mon lièvre restent constant sur les 9/10 de la montée, puis il pause pour prendre des photos (excuse repos ?), je continue sur mon train-train et arrive 1h02 plus tard au croisement des pistes où se trouvait une petite table de ravito, kilomètre 35,5. Il y a pas mal de vététistes ici à ce moment, des randonneurs principalement, sans poser le vélo je chope un verre de liquide et commence à boire, sans avaler ; beuark ! C'est tout sucré, du sirop de citron pur ! je recrache le truc dans le gobelet. Il n'y a pas pas grand chose à manger sur la table, dévalisée, je vois une assiette de noisette alors j'en chope une poignée et l'avale, puis je me casse n'ayant pas faim, le ravito précédent faisant encore son effet.

Je pensais qu'on allait rapidement descendre, mais non...on va cheminer longuement sur le plateau d'Emparis, sur des sentes peu bouillasse, ondulant en dénivellations légères, quelques blocs éparses, c'est assez usant, jusqu'à une croisée de pistes d'où l'on part sur un sentier plus raide qui monte de 2200m jusqu'au col du Souchet à 2360 m, je dépasse quelques randonneurs dont certains poussent. Vers le col une bénévole indique à droite pour la course, la rando pouvant filer en face pour écourter. Le sentier, un poil caillouteux par endroits, remonte sur un mamelon à 2465m, puis redescend en free-ride sur l'herbe entre dalles rocheuses, un peu de technique trialisante, vers le Lac Noir. Dommage ça manque de soleil pour apprécier le cadre. Quelques randonneurs se sont arrêtés prendre des photos, je poursuis mon chemin, joli coin, le sentier redescend un peu puis longe le Lac Lérié rejoignant un peu plus loin le col du Souchet. J'achève ainsi en 25 minutes la bouclette de 4 km du 'tour des lacs' que Mary ne pourra pas faire pour cause de porte horaire dépassée.

Bon là je pensais qu'on allait enfin descendre, ben non, on file prendre un sentier étroit en léger dévers, je le vois filer loin là bas en balcon dans les herbes, ça glissouille parfois, deux bornes de roulottage peu rapide, où le gars devant moi commence à accuser la fatigue en faisant des écarts où ses pieds de rattrapage sortent à plusieurs reprises. Je le passe et remonte la moyenne, parvenant à 2355 m d'où je pressens enfin la descente tant attendue. Banco, c'est parti pour un kilomètre de descente free-ride dans l'herbe à vache en mottes, ça secoue les bras, là je ressens bien que 120 mm en montagne, même en 29", c'est trop léger ; un autre concurrent qui était au sommet avec moi prends vite la poudre d'escampette aidé par plus de débattement. On revient sur un sentier de terre plus propre, j'y reprends de la vitesse, slalom entre quelques roches, saute de ci-de là, durant 700 m nous menant à l'entrée d'un autre sentier plus caillouteux, je sens que ça va être bon. Effectivement durant presque deux kilomètres le sentier plonge en larges boucles dans la pente, multitude d'épingles peu difficiles, le fond du sentier est souvent jonché de rocailles plus ou moins grosses, quelques passages ponctués de dalles et roches érodées rigolos, les bords défilent, mes bras vibrent à cause des 120mm-only (et dire que NicoLaLa le fait en SS-tout rigide...), mais je ne lâche rien, dépassant quelques randonneurs au ralenti qui m'entendant/voyant arriver en trombe se gare gentiment assez vite, merci-merci, j'ai la banane, c'est la meilleure descente des deux jours sans compter la finale de la Chapelle.

La cerise dévorée, on débouche sous le hameau du Chazelet, je suppose que ça va être le même final qu'hier, légère remontée, je ne force pas trop, mais ne traîne pas dès que la pente s'aplanie, je remets les gaz et part dans le chemin descendant aussi rapidement que je peux, dépassant un gars, deux gars, je reviens vite sur un autre concurrent qui roulait sur la trace de gauche, mais il amorce brusquement une coupe intérieure au moment où j'arrive à sa hauteur. Mince......coup de patin arrière, le pneu dérape droit, rencontre évitée, il me lance un "hey, on a finit, mollo !" ben non, tant que la ligne n'est pas franchie, alors je repart dans la descente en filant, il me file le train, on arrive à la descente de la Chapelle où le bénévole nous prévient que c'est encore plus glissant qu'hier. Prudent je descends à pieds le tout début, remonte en selle pour faire l'épingle menant à la Chapelle, je m'engage dans le goulet, ça glisse pas, je dépasse un gars à pied, j'amorce l'épingle gauche taillée dans l'ardoise ; là ma roue avant part et je me retrouve penché contre la paroi de droite. Mon poursuivant arrivant, je préfère le laisser passer pour faire ma descente sans pression, bien vu car c'est vraiment plus glissant et je ferais un peu plus de passages pédestres au début, surtout la dalle d'ardoise en dévers sous le grillage, pour remonter sur le bike et finir la descente dessus.

Retour sur le chemin, traversée de route, le chemin goudronné descendant, le chemin et le sentier menant à l'escalier, plus de lièvre en vue devant pour me booster, mais je ne lâche pas l'affaire jusqu'au bout, montant l'escalier métallique en portage tonique, puis faisant l'arrivée au sprint -trop frais le gars- en passant sous l'arche d'arrivée en 19ème position, parcours de 53km/+ 2480m bouclé en 5h41 (5h21 de roulage) à 9.9 km/h de moyenne. A l'issue de ces deux jours je me classe 13ème au classement scratch. Content de finir cette journée plus copieuse physiquement qu'hier, car bien moins roulante, plus intéressante au niveau descentes, mais elles sont un peu trop rares.

Il est 14h40, je signe la feuille d'arrivée, récupère mes tickets repas/boisson/loterie, félicite Pierrot qui termine encore 2ème, puis je lave mon bike avant de remonter en vélo les 3.5km de route menant au gîte. Une bonne grosse douche bien chaude, des frusques sèches, puis je redescends manger le repas prévu ; jambon braisé, gratin de pâtes, tartelette aux pommes, tout ça vite avalé en papotant avec Martine -1ère- et son Loulou qui a bouclé l'Elite hier.

Je vais ensuite attendre Mary, un bon moment, la remise des prix s'est effectuée à 17h, je m'inquiète au fil du temps passant, espérant no-problem.

Finalement elle arrive, encore souriante à 17h33, la dernière, contente d'en terminer avec encore aujourd'hui absence de jambe. Elle n'a pu faire la bouclette des lacs pour cause de porte horaire dépassée.

Allez hop, je lui lave le bike pendant qu'elle part manger, puis on remonte au gîte. On retrouve les copains du forum VTT Alsace à l'apéro, puis vient pour eux le moment de remonter à l'Est ; courageux passé 19h, car ils ont au moins 8h de route pour rentrer dans la nuit. Nous avons préféré la sagesse en restant ce soir, pour rentrer reposés demain matin.

Nous sommes trois à manger au gîte ce soir, encore un très bon dîner avec soupe, sauté de port au gratin de pommes de terre et tarte. Je n'aurais pas maigri du week-end. Allez hop au dodo, la fatigue nous gagne. J'aurais un peu de mal à m'endormir, la grande tasse de café prise après 16h en étant sûrement la cause.

Lundi 19 septembre

Lundi matin, ciel bleu une fois les brumes évacuées...et la météo annonce beau la semaine...
Petit déjeuner où je dévore, pas moins de 3 croissants, j'en profite pour acheter 2 pots de confiote de myrtilles faites maison par le proprio du gîte.
On recharge le break, retour vers notre région parisienne, tête et yeux plein d'images et de souvenirs, contents d'avoir bouclé l'affaire en bénéficiant d'une météo moins pire que ce qui était prévu.

Une épreuve bien organisée, rien à redire, sérieux dans ce qui est prévu et réalisé, bonne ambiance des concurrents, bénévoles au top (merci à tous ceux qui se sont pelés pour nous durant des heures dehors).

Je préfère toute de même nos tours d'été bien techniques dans le Queyras.

Addendum :

Les spads ont pris cher avec ces conditions et les lavages; en arrivant j'ai ouvert les boitiers de pédaliers; il y avait de l'eau dans les roulements (neufs), dans le cadre. J'ai du ouvrir les galets de dérailleur pour les dégripper et les re-graisser, comme ceux du JDD. Bref La Meije c'est long  pendant sur (et sous) le VTT, mais aussi après en séances mécanique (j'ai 2 VTT à gérer)...

Durant deux jours j'étais 'endormi' toute la journée, émergeant du nuage seulement jeudi. Pas touché un vélo avant samedi.

Pédalator


Crédits Photos : Pédalator, Mary, Pierre (PierreHins), Bucheron Desbois,


RESULTATS

Raid Ultra - jour 1

Raid Ultra - jour 2

Raid Ultra - Général sur 2 jours


Profil du 1er jour

Profil du premier jour

Profil du 2ème jour

Profil du deuxième jour

Les données de Pédalator

- 1er jour -

ParamètresGARMIN
Edge1000
POLAR
CS600x
Départ06:10:5606:11:20
Temps roulé-5h12'19
Temps de déplacement5h21'26-
Temps total (avec arrêts)5h31'455h31'22
Moyenne en mouvement12.0 km/h11,7km/h
Vitesse max.53 km/h53,7 km/h
Distance60,0 km60,6 km
Dénivelée positif cumuléfaux (pluie)+2245 m
Dénivelée négatif cumuléfaux (pluie)-2440 m
Température Min/Moy/Max 3/6/8°C
FC Min/Moy/Maxsans ceinturesans ceinture
Caloriessans ceinturesans ceinture
Période échantillons1s5s
Démarrage compteurmanuelmanuel
Fichiers échantillonsEdge1000 GPX16091701.hrm
Edge810 Mary
Distances/dénivelées annoncés :70 km (+3000m)

- 2ème jour -

ParamètresGARMIN
Edge1000
POLAR
CS600x
Départ08:59:3508:59:51
Temps roulé-5h21'48
Temps de déplacement5h29'21-
Temps total (avec arrêts)5h40'535h41'18
Moyenne en mouvement9.6 km/h9,9km/h
Vitesse max.52 km/h51,6 km/h
Distance52,1 km52,9 km
Dénivelée positif cumuléfaux (pluie)+2480 m
Dénivelée négatif cumuléfaux (pluie)-2490 m
Température Min/Moy/Max 4/7/11°C
FC Min/Moy/Maxsans ceinturesans ceinture
Caloriessans ceinturesans ceinture
Période échantillons1s5s
Démarrage compteurmanuelmanuel
Fichiers échantillonsEdge1000 GPX16091801.hrm
Edge810 Mary
Distances/dénivelées annoncés :50 km (+2500m)
Vélo du jour :ORBEAOccam TR M-Ltd29" 120mm
Pneumatiques : 
Avant :MAXXIS Ignitor Exo Tr29"x2.10"    
Arrière :MAXXISIKON 3C Exo TR29"x2.0"    
Transmission :24/34 et 10-4211 vitesses  

A Lire, à voir

Site de l'organisateur : Ultra Raid de la Meije

Page Fesse2Bouc de l'épreuve : Ultra Raid de la Meije

Les photos de Bertrand BOONE : Albums Ultra Raid de la Meije

Les photos de Cyril du Monêt' (Bucheron Desbois) : 1er jour et 2ème jour  (J1)

La Vidéo Officielle sur Viméo

Vidéos de Stéphane (Scrat sur le forum VTT-Alsace) : 1er jour, 2ème jour

CR de Vincent Lombardi sur Vélochannel

CR de lolavélo sur le forum des Sangliers Roulants

CRs sur le forum VTT-Alsace


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Dernière mise à jour : samedi 24 septembre 2016 09:07

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