la plaque de cadre du Pédalator

Raid des Terres Noires

17/06/2007

Digne-les-Bains (04)

Raid 60km

Les Terres Noires

Les beaux paysages se méritent


Dans la série "Je vais faire du vrai VTT", cela fait au moins deux ans qu'on avait envie de descendre vers le sud
pour aller faire le Raid des Terres Noires organisé par VTT Rando 04. Loïc l'avait déjà fait avec Armelle en 2005
et avait bien apprécié ce parcours technique, il y apparaissait d'ailleurs sur une belle photo illustrant un article
de cette épreuve dans un Vélo Vert.

Nous continuons ainsi notre périple à la recherche d'épreuves moins longues, mais plus intéressantes techniquement,
comme le Raid des Dentelles où nous étions début avril, ces deux épreuves faisant partie du même challenge.

J'ai toutefois attendu le tout dernier moment pour décider d'y aller, ma petite Môman entamant sa dernière ligne droite
et dans ce sprint final c'est malheureusement l'Ankou qui en sort toujours vainqueur. Vendredi soir son état nous permettait d'envisager le déplacement, alors après plusieurs coups de téléphone infructueux pour trouver une chambre de libre dans un hôtel (presque tous complets en raison de la course du Dopé Libéré qui se déroulait à Dignes ce samedi là), j'ai finalement réussi à nous en trouver une à Digne même. Nos inscriptions étaient parties le jeudi précédent, soit 20€ par tête.


Jeudi j'ai remonté sur nos VTT des pneus plus adaptés au terrain cassant et agressif du sud, des MAXXIS Ignitor LUST en 2.10" et à l'arrière du vélo de Mary le même en section 1.95", car elle n'aime pas traîner des gros pneus. J'ai ensuite effectué une petite révision/nettoyage/graissage du SPE de Mary, puis finalisé les réglages sur le SPARK dont ce sera la première vraie sortie.

Digne les Bains
Samedi 16 juin

Levés à 5h, le break chargé nous quittons les Yvelines à 6h23 sous un ciel un peu gris, direction le pays du vrai vélo. C'est la mi-juin et la période où certains français débutent leurs vacances hors périodes scolaires, nous aurons ainsi un petit courant de voitures tout au long du voyage, générant quelques ralentissements à l'arrivée sur le péage de Villefranche puis sur l e début de l'A46 contournant Lyon; j'étais dans la lune à ce moment là et on s'est retrouvé sur le grand périphérique sud de Lyon, finalement c'était pas plus mal car on y a sûrement bien mieux rouler que sur la suite de l'A46 un peu encombré peu avant midi. Le trafic est devenu bien plus aéré une fois engagés sur l'autoroute menant vers Grenoble. Les hommes en bleu sont de sortie ce week-end, les lunettes radar en action.

La grisaille et les nuages orageux du nord de la France ont laissé place a un beau ciel bleu et des paysages inondés de soleil, le thermomètre grimpe au fur et à mesure de notre avance vers le sud; déjà 26°C. Petite halte pique-nique. Toujours ces beaux paysages avec les crêtes du Vercors en passant dans Le Triève. Dernière section d'autoroute avec passage sur le viaduc de l'A51 qui permet maintenant d'éviter les gros ralentissements de la N75 au passage de Monestier-De-Clermont, cool ça.

on arrive bientôt
sympa le coin

On passe Aspres, puis Serres et ensuite Laragne, reconnaissant au passage les différents endroits où nous avons passé nos vacances d'été l'an dernier. Souvenirs. On restera sur la nationale 75, gagnant quelques euros en évitant les 14km de la section de l'autoroute A51 de Sisteron, pas pressés on admire ainsi les paysages et la circulation sur cette route à cette époque le permet (c'est pas pareil en été).

géologie locale

Nous voici maintenant engagés sur la N85, je ne suis pas encore descendu aussi bas, on admire les paysages, je prends quelques clichés souvenirs pendant que Mary conduit.

Oh regarde le beau sentier qui descend de tout là haut !

on arrive bientôt
château perché 

Nous arrivons à Digne-les-Bains à 15h12, soit un voyage de 8h40, sous le soleil et avec un thermomètre d'été flirtant les 26°C. On repère facilement l'hôtel situé au milieu d'une avenue bordée de platanes, reste à trouver une place proche pour décharger. Après un tour de quartier on trouve une place pas loin. On monte les sacs, accueil sympa du gérant, chambres propres avec meubles anciens styles. On saute dans la tenue de vélo, puis on redescend. Je gare la voiture dans un parking en travaux plus proche et non payant, puis on part en VTT tourner les guibolles pour aller repérer le départ. Il fait chaud ici, je supporte bien le maillot sans manche, avec 27°c mini.

Arrivés au stade de départ, on regarde les cartes du parcours et on récupère nos plaques de cadre; on reçoit chacun en cadeau des lunettes noires siglées au nom du club et un bon pour le 'repas' d'arrivée. Mary discute un peu avec les organisateurs pour savoir s'il n'y aurait pas de passages vertigineux.

De retour à l'hôtel avec 12km au compteur, après avoir tournicoté dans les rues de Digne pour repérer un resto pour le dîner. Un petit décrassage après le long voyage en voiture ça fait pas de mal. Une petite douche puis on ira acheter quelques fruits, des vrais, pas les trucs durs et sans saveur que l'on trouve dans nos hypermarchés franciliens.

Le temps de préparer nos affaires pour demain, il est déjà l'heure d'aller dîner. On profite de pouvoir manger dehors à la terrasse du Bleu Cerise, très bonne ces lasagnes maison avec leur sauce crémeuse. Resto classique mais correct.

Retour à l'hôtel, on récupère la clé de la chambre de Loïc et son père car ils arriveront tard, puis on plonge au dodo .
Coup de portable à 22h passé; Loïc m'indique qu'ils auront un peu de retard, je me recouche après lui avoir donné les dernières infos utiles pour trouver l'hôtel et y entrer. J'avais du commencer à m'endormir quand ça tambourine à notre porte après 23h; c'est Loïc, je lui donne sa clé et retourne à mon sommeil

Dimanche 17 juin
suivez le guide

Je suis réveillé avant les 6h20 programmé sur la montre, douche pour se réveiller puis je commence à descendre notre barda et charger la voiture pendant que Mary se prépare. A 7h passé on prend le petit déjeuner, pas très faim, juste de quoi laisser passer le café et un croissant. Puis on rejoint vite l'aire de l'épreuve, le départ est prévu à 8h, on trouve une place sur le parking déjà rempli au 4/5. Même pas le temps de s'échauffer, on se place derrière le paquet de participants. J'aperçois Tony et Seb devant.

c'est nous !

Il est 8h04 quand le départ est donné; quelques secondes de temps mort avant de pouvoir bouger, le temps que le troupeau devant démarre, puis on roule enfin pour sortir du stade. Loïc s'étant bien défoncé sur la CycloSportive La Morzine hier il va rouler plus calmement ce matin.

c'est encore nous !  c'est moi

J'essaye de remonter un maximum devant, ce n'est pas évident car le paquet est compact et je ne suis pas le seul à faire de même. On roule durant 2,8km dans les rues de Dignes, le départ officiel du chronomètre est donné lorsque l'on arrive -un peu tôt, le troupeau n'est pas encore assez étalé- à Barbejas au pied de la première difficulté du parcours, une longue bosse de 3km pour 370m de D+, et dès le premier virage on entre dans le vif du sujet, un chemin de 2m avec du caillou style ballast chemin de fer, et déjà ça bouchonne -chiotte !- on est obligé de marcher sur une dizaine de mètres avant de pouvoir espérer regrimper sur le vélo pas Glop !. Je suis à la même hauteur que Mary pour le moment. La cohorte s'étale péniblement, certains tirent trop de braquet et bloquent sur des cailloux plus gros ou des ornières, d'autres s'essoufflent ou sont à la peine.

Ce qui est dommage, c'est que les participants de la rando soient partis en même temps que les coureurs du raid, il faudrait plutôt faire le départ de la rando quelques minutes après la course afin d'éviter l'étranglement du départ et qu'ainsi les non-pressés ne puissent gêner ceux qui ont un 'objectif. Les 'vieux' comme moi ont besoin de temps pour se mettre en route.

Je remonte peu à peu en louvoyant au gré des trajectoires propices, aidé en cela par le SPARK qui se révèle très bon grimpeur se jouant du sol accidenté et répondant vivement à la moindre accélération; je suis bien content de ma nouvelle monture, la fourche REBA WC réagit très bien aux petits chocs et la roue avant ne rebondie pas, ça aide dans les montées techniques. En plus des bases courtes, ma position est un chouilla plus au dessus du pédalier, ce qui favorise la grimpette et tout au long des différentes montées du parcours j'aurais moins besoin de m'avancer sur le bec de selle comparé au DEVINCI.

Un virage et je vois Loïc arrêté. "Un problème ?". "Oui, câble de dérailleur détendu. T'as un multi-outil ?". Yes Of Course, je m'arrête et lui passe l'outil...Casquette d'Or le Lolo; un Biket doit toujours être autonome, surtout dans des épreuves de ce style. On repart assez vite, mais il faut remonter ceux que l'on avait déjà gratté au début, pas toujours aisé. Je repasse la Mary. La montée se poursuit, le cardio du CS600 m'indique un rythme de pulses plutôt élevé, d'ailleurs pendant une bonne partie du début du parcours je n'arriverais pas à le faire baisser, même en essayant de rouler plus cool, sûrement l'effet de mon traitement de fond pour l'asthme et/ou un peu de fatigue. J'ai doublé un paquet de gars, maintenant je n'ai plus personne devant moi, les cadors sont loin devant maintenant.

La montée sur chemin se termine, on avait de la chance car elle se passait essentiellement à l'ombre. Un bénévole de l'organisation, reconnaissable à leur Tee-Shirt orange siglé du Raid des Terres Noires, nous indique un sentier descendant entre les herbes basses, chic. Ça se descend bien au début, trois épingles à passer, je passe au ralenti en braquant au max, le SPARK à ce jeu me semble aussi doué que le DEVINCi, puis la pente s'accentue et le sentier devient plus étroit et un peu en gouttière dans une tourbe noire, quelques racines, la pente se fait plus forte et le chemin passe en dévers, avec plus de racines, des filets ont été mis en place pour nous éviter de dévaler dans le ravin à gauche. Devant un gars qui tentait le passage sur le vélo se ramasse, pas de bobo, je préfère assurer et passer à pied, de toute façon le gars devant moi s'est mis aussi à pied et je n'aurais pas pu passer. Dans ce passage bien raide je crois que les Hope Mini en 160/140 et plaquette organiques me semblait aux limites, mais il faudra que j'essaye avec des plaquettes métalliques et un meilleur réglage de l'hydraulique arrière, j'ai trop de course au levier droit. Ça sent le disque chaud, je ne sais pas si c'est moi ou le gars de devant. On descend à pied 10m puis on remonte sur le vélo pour suivre le chouette sentier qui file vers la Chapelle St-Jean, du gaz à gauche, léger dévers et rétrécissement, puis le sentier s'élargit à 50cm et remonte légèrement en cheminant en balcon quelques mètres, ça roule, puis la pente se refait plus forte, toujours ce sol de terre noire de sous-bois légèrement humide, mais s'y mêle maintenant du gros gravier, un passage plus raide que je préfère descendre à pied sur 20m, je suis pas le seul, car sol trop fuyant. Deux gars passent aussi à pied mais en courant/dévalant, ils remontent ensuite sur leur vélo plus bas et poursuivent freins bloqués en dérapant, je préfère assurer à pied, puis la caillasse se fait moins présente et je remonte en selle pour finir la descente sur le vélo complètement. Sans la pression des arrivants derrière et avec plus d'acclimatation au nouveau vélo, j'aurais bien essayé d'en passer plus sur la selle. Je descend plus vite maintenant, le sol devient gris et on sort du sous-bois, deux épingles passées en mode demi-tour, because trop serrée pour moi, puis retour en selle sur le sentier qui poursuit sa descente plus calmement, encore quelques épingles passées en braquant au max, puis on peut maintenant descendre plus vite pour arriver en fond de vallée au niveau du Vallon des Sources.

Un peu de repos en roulant à plat en bord du torrent, pour se remettre des émotions de cette belle descente (on voulait du technique; on est servi), on suit ensuite 200m de la petite route passant aux Bains Thermaux, puis on la quitte pour descendre vers un parking au bout duquel on chope un sentier commençant par un petit coup de cul montant qui se passe en force, un virage puis le sentier monte ensuite plus doucement dans la verdure pour revenir sur la petite route. On la remonte sur 200m, puis on part à gauche sur un sentier montant dans la verdure, c'est chouette ce coin on a bien bien fait de venir.

9h01:Les Terres Noires
Les Terres Noires

Le sentier redescend calmement en s'élargissant et nous amène sur le premier passage de ces fameuses Terres Noires, il est vrai que c'est spéciale au niveau de la géologie tous ces petits monticules lisses, on en a déjà rencontré comme les marnes de La Buiscyclette et dans les Hautes Alpes sur la rando de Chorge. La trace monte un peu, puis redescend, léger dévers puis passage de cassure marrante, la fourche s'y comporte très bien, le sentier remonte fort maintenant et nous amène au pied d'un sacré portage de 400m, j'y apprécie le fait d'avoir 1.2kg en moins à porter avec ce SPARK.

Ce long portage nous amène au départ d'un chouette sentier qui chemine en balcon sous les feuillages durant presque 3km, en très léger faut plat montant sur sa première moitié, puis en redescendant doucement. Au début un gars s'y traîne un peu devant, puis il nous laisse passer courtoisement, merci. J'ai l'impression que des randonneurs sont partis avant le Raid, car sur la première partie du parcours je dépasserais plusieurs fois des vététistes isolés, ou des petits groupes, n'ayant pas le même rythme et la gnaque face aux difficultés que les compétiteurs. Je ne leurs met pas la pression car je roule sur cette épreuve en gérant les difficultés attendues et en ne forçant pas pour pouvoir garder lucidité vaillante jusqu'au bout, afin de prendre plaisir à passer le maximum de passages chauds sur le VTT.

9h22:Les Terres Noires en descente
ça va descendre

Le sentier redescend doucement et arrive à nouveau sur des Terres Noires, très belle vue sur les falaises là-bas, le sentier s'élargit et plonge un peu plus fort, légers dévers puis cassure liée au passage de ruisseaux, je passe sur le vélo ou d'autres sont descendus à pied .

Retour sur un étroit sentier qui grimpe avec un peu de caillasse, quelques marches caillouteuses qui incitent à passer à pied plutôt qu'en vélo au vu du gaz à droite.

9h32:Vertige ?
Vertige ?

J'aperçois des bénévoles de l'organisation, on doit arriver au passage 'chaud'. Tiens c'est Thibaut Simon de Vélo Vert qui fait des clichés pour le magazine. je luis lance au passage un "Alors c'était bien le VVcamp la semaine dernière, beau temps ?". Et lui de répondre "Non, on a eu de la pluie". Je l'avais dit; quelle idée d'aller dans le Vercors en juin. Bon je continue, maintenant on doit passer à pied, une main courante d'acier est accrochée à la falaise là où le chemin se rétrécit, genre 20cm de large...et du gaz à droite. J'attrape le câble d'une main, j'agrippe fermement mon spad de l'autre main et passe les 5m étroits, je songe à Mary quant elle passera là tout à l'heure... On arrive en face d'une belle cascade qui descend au travers de strates du relief, grandiose.

la cascade
Loïc
Loïc

Un bénévole de l'organisation me dit qu'on peut remonter sur le vélo. Ouaip, mais je préfère faire encore 10m à pied sur un passage encore un peu étroit, puis je remonte en selle là où le sentier s'élargit en redescendant doucement. On arrive dans le lit d'un torrent où coule un peu d'eau, portage en marchant de cailloux en cailloux, ça remonte en face par un sentier en épingle avec plein de cailloux, puis ça redevient roulable ensuite. Je m'arrête quelques instants faire des photos de ce passage; tiens c'est Loïc en dessous. Je repart.

Vertige ?
On remonte par là

Le sentier monte doucement, passages un peu technique avec du cailloux ça passe en vélo des fois ou à pied, le sentier revient dans la verdure et on peu maintenant rouler plus régulièrement, puis à nouveau de petits portages dans le gros cailloux et on revient sur un chemin bordé de grandes herbes Je regarde mon compteur; 14 bornes en 1h20... et bien on n'est pas rendu au bout...

Le chemin monte régulièrement, le sol est irrégulier parfois mais on peut s'y 'reposer' un peu. J'entend des cloches, tout un troupeau de moutons sur la droite et sur le bord droit du chemin le berger qui discute avec le père de Loïc. Celui-ci me prend en photo au passage -sourire- et je lui dit au passage que Loïc va suivre quelques minutes derrière.

Le chemin débouche sur une petite route, elle remonte régulièrement sur 800m, ce qui me permet de juger de l'efficacité des positions 70mm et bloquée de l'amortisseur NUDE-TC du SPARK avec lesquelles on sent nettement l'augmentation du rendement au niveau transfert d'énergie au pédalage, pourtant en position 110mm sur cette route je ne ressentais pas de pompage. La route grimpe jusqu'à la chapelle les Dourbes où se trouvait montées les tables du 1er ravito au kilomètre 18,27. Je m'y arrête 2'25", le temps de boire un coup et grignoter quelques trucs sucrés; le parcours est exigeant et sera long. Le ravito était bien pourvu, il y avait même de la bonne pâte d'amande. Je repart.

Un chemin plus roulant au sol régulier suivait, permettant de faire du kilomètre en remontant la petite moyenne du début, tout en aidant les guibolles à retrouver un rythme plus régulier. On remontait ainsi la piste sur 1,3km, bon rythme sur la première moitié puis plus cool ensuite. Arrivé à un croisement on repartait à gauche dans un petit sentier à l'entrée à peine visible, heureusement bien repérée par des rubalises qui pendouillaient de part et d'autre. Le sentier est un chouilla technique par endroit, il faut savoir alléger l'arrière pour passer des zones rocheuses de 10-20cm ou de grosses racines transversales, le tout en montant, on chemine ainsi entre deux murs de buis et petits arbustes.

Au bout de 200m j'entend un bruit suspect à l'arrière du spad, ainsi qu'une résistance; j'arrête immédiatement de pédaler et freine un peu dans le même temps, nouveau vélo signifiant pour moi à l'écoute permanente de bruits ou sensations inhabituelles. Descente du vélo, regard sur l'arrière récalcitrant: la roue arrière est sortie du logement d'axe, le serrage rapide TUNE AC16+17 a du se desserrer (ça sera la première fois que ça m'arrive depuis des années, vu que j'en ai sur tous mes vélos), pourtant je l'ai bien serré et vérifié avant le départ, puis je l'avait placé entre l'étrier de frein et la base, il n'a donc pas pu être accroché par une branche ou un caillou au passage. Bizarre, à moins que le serrage ne glisse sur la patte en carbone, à étudier de prêt plus tard ? Le dérailleur arrière ne semble pas avoir souffert, ni le disque, ni le cadre. Dans un premier temps je réagit en me disant "Chiotte, c'est terminé après 1/3 seulement du parcours, va falloir trouver un moyen de retourner au départ maintenant", je remonte la roue arrière et sert bien le serrage rapide, puis je regarde la patte de dérailleur; vu sa finesse je vais tenter de la redresser doucement, en maintenant fermement le dérailleur au plus près de son axe de fixation. Ça semble se redresser, j'essaye de passer les vitesses et ça marche, vérification que le dérailleur ne risque pas de rentrer dans les rayons, c'est bon, je tente. Retour en selle et je repart juste après quelques vététistes dont le premier m'a demandé si ça allait. Mouai, bof. Pas cool pour un nouveau spad.

Je repart doucement, à l'affût auditif et sensoriel de tout bruit ou sensation suspect, prudent dans mes changements de vitesses quant il fallait en user en montée. J'ai plus trop le rythme, puis peu à peu je vais relancer la machine et quasiment oublier ce 'désagrément' pour profiter de ce beau parcours, les vitesses sont parfois instables en milieu de cassette mais ça fonctionne correctement sur les deux derniers pignons, ce qui est primordial vu qu'avec toutes les montées j'y était souvent callé. Finalement je vais pouvoir terminer le Raid et en profiter totalement, ça aurait été vraiment trop con de rater ça avec plus de 1400km de voiture A/R.

Le sentier grimpe encore, rejoint ensuite un chemin plus large permettant de remonter la moyenne et se 'reposer' tout en profitant du paysage, puis on revient sur un sentier qui grimpe un peu plus. Le balisage nous envoie alors à droite entre les herbes, on doit y suivre une trace à peine marquée dans les herbes couchées, ça sent le sentier tracé-maison pour l'occasion. Ça va grimper assez fort sur presque 600m, pour nous mener au point culminant du raid à 1253m sur La Colette. Je suis revenu sur un groupe de 3 vététistes, dont une féminine, qui m'ont plutôt l'air d'être des randonneurs partis avant l'heure officielle vu qu'ils ont l'air de ne pas avancer sur cette trace montant dans l'herbe, certes pas top au rendement et ponctué de petits coups de cul techniques demandant d'avoir encore le jus de mollet suffisamment vaillant pour les passer sur le vélo. Collé à la roue du dernier, ils passaient quasi toutes les premières bosselettes à pied, me gênant presque à chaque fois, alors gentiment je leurs ai dit qu'il fallait au moins essayer de passer ces petites difficultés en force, mais le dernier en maugréant m'a fait comprendre qu'il était déjà au taquet, alors j'ai gratté une place, raté un passage en butant sur le précédent qui posait pied à terre, j'ai alors fait l'extérieur et pu m'échapper et poursuivre tranquillement la montée sur le vélo jusqu'au sommet.

De ce point haut on allait maintenant basculer dans une descente de 2km, sur sentier avec passage dans la verdure sur un sol de terre brune, puis en rejoignant un sentier plus marqué parfois traversé de ruisseaux, avec passages un peu boueux liquide à la clé, zones parfois bien piétinées par les passages de vaches, je jouais le maximum l'extérieur prenant parfois mon temps en contournant à pied de quelques pas certains de ces nids de glue. Puis le sentier a continué de descendre et le sol est devenu par endroit plus boueux, lourd et glissant, j'évitais le centre du chemin où les traces des pneus des précédents avaient laissées des ornières épaisses. Moi qui venait dans le sud chercher de la poussière, je me retrouve en terrain connu. Pas Glop. J'ai rattrapé un Marseillais qui ne se sentait pas à l'aise sur ce terrain patinoire, il m'a lancé au passage un "Ce n'est pas le Raid des Terres Noires, mais celui de le la Merde Noire". Sont vraiment pas habitués à "l'humidité" dans le Sud, je l'ai vite dépassé car il se traînait franchement.

Je file, le terrain s'assèche, le chemin s'élargit style accès aux champs pour le bétail quant je manque de m'emplafonner dans un fil de fer tendu en travers du chemin, la roue avant s'arrêt juste dessus. Un piquet avec une rubalise du balisage gît à terre, une autre rubalise à droite que je n'avait pas vu au premier coup. Retour sur le droit chemin, sol avec du gravier qui remonte partout sujet au passage dans la boue collante, ça cogne sous le cadre, un gravier remonte et se coince enter le petit plateau et commence à frotter le tube oblique. Au bruit j'arrête de pédaler et doit retourner le spad pour chasser l'intrus. Et bien il va être baptisé ce nouveau vélo, stop n'en jetez plus, complet, ça me va !

Le chemin se termine et débouche sur la petite route traversant le hameau du Villard où se trouvait monté le 2ème ravito au kilomètre 24,10. J'avait trouvé le premier ravito situé un peu loin, par rapport aux difficultés rencontrée au début du parcours mais celui-ci me paraît bien proche, alors je ne m'y attarde pas trop buvant juste un verre et repartant 1'20" plus tard. Des vététistes y profitaient d'une fontaine pour nettoyer la boue agglutinée dans leur transmission et leur freinage. Certains équipés en V-Brake ont même du s'arrêter car la boue bloquait leurs roues. Vive les disques !

Le parcours emprunte alors 3,2km d'une piste montant doucement, je profite des beaux paysages et les pneus débourrent, l'allure augmente, puis un sentier grimpe un peu plus fort en forêt. Début d'une descente sur un beau sentier.

11h05:De beaux paysages
De beaux paysages

On débouche alors sur un superbe paysage avec des reliefs inédits, terre grise genre ardoise pilée, du gaz à droite, trace à peine visible et en dévers descendant, seules des flèches oranges fluo au sol nous guident de ci de là avec quelques panneau et rubalise. Au début 2 ou 3 descentes de buttes sur quelques mètres sont impressionnantes, si le vide n'était pas si près par endroit je tenterais bien le coup mais je ne suis pas encore assez habitué au SPARK dans ce genre de passage, certains passent en vélo, d'autres comme moi à pied.

Ya quoi derrière ???
Ya quoi derrière ???

Ensuite ça roulait un peu plus facilement, la trace était par endroit plus technique, voir surprenante à la remontée des ces espèces d'arrêtes dont on ne voyait rien de la suite avant d'arriver au sommet, un peu peur d'y laisser quelques dents du grand plateau au début, puis on s'y fait et on plonge vers la vague suivante. Descente de marches arrondies en série, chemin en dévers montant longeant la crête -superbe-, bien content de mes pneus qui ne glissent pas sur ces dévers, le sentier se fait plus sage et on attaque la descente.

Successions de petites marches, terrain très sec, caillasses à gogo, j'apprécie la suspension efficace du PARK qui travaille aussi bien sur les gros chocs que sur les petits, l'équilibre avant 100mm/Arrière 110mm est idéal et la fourche se comporte très bien. Un bénévole de l'organisation m'annonce deux épingles avec passages plus chaud, de gros cailloux prêts à marquer les dents du grand plateau, prudence, 2 pas à pied, puis poursuite de la descente, content, d'avoir passé un passage bien raide dans une gouttière de poussière assez technique où j'ai dépassé un vététistes à pied. J'apprécie le freinage des Hope Pro Mono Mini qui offrent un toucher doux et progressif tout en fournissant la puissance requise à mon gabarit et l'usage XC, bref content de mon nouveau jouet.

On arrive au bas de la descente, le balisage y indique Raid 60km à droite alors que le reste des parcours filent à gauche, direction que plusieurs vététistes suivent. Je bifurque à droite et arrive sur une piste, quelques mètres plus loin on trouve le 3ème ravito kilomètre 30,9. Je m'y arrête presque 3 minutes, le temps de reprendre des forces et m'hydrater, car il commence à faire chaud sous le soleil, le thermomètre indique 27°C, mais le ciel voilé nous évite le cagnard. Une féminine perché sur un semi-rigide (Titane ?) passe en dédaignant s'arrêter au ravito, chapeau.

Je repart et attaque la bosse qui suit, un chemin blanc de 2m de large plutôt caillouteux qui grimpe à 10% en moyenne sur 800m, je longe le bord plus calme. J'y dépasse un gars qui peste après son dérailleur avant récalcitrant. Le balisage nous fait quitter le chemin sur la droite, au profit d'un sentier qui grimpe fort durant 100m, le SPARK se comporte bien et ne cabre pas, tout passe sur le vélo, en haut un bénévole me pointe au passage en me disant bravo puis me souhaitant une bonne descente, sympa, ça augure du plaisir à venir. Un coup de singletrack cool entre les sapins, puis le sentier plonge; c'est parti pour 5,5km de descente bonheur via l'Adret de l'Escure ! Glop-Glop !!! La trace file assez rapidement, marchounettes a sauter, caillasses à éviter, rigole de poussière à négocier dans l'axe, on arrive sur un promontoire, quelques zig-zag avec gros cailloux à passer, quelques pas à pied et retour en selle, ça dévale plus vite maintenant, terre grise et poussière, je prends mes marques sur le SPARK et me laisse aller de plus en plus en osant des passages de marche plus importante, peut-être trop généreux je me rattrape en remerciant l'excellent comportement de la REBA et de la suspension arrière sur une réception hazardeuse. J'ai dépassé rapidement la féminine qui ne s'était pas arrêté au ravito précédent, une petite remontée puis on repart dans la descente vers le Ravin de l'Escure, vraiment top ce raid, je ne regrette pas d'être venu. Du sentier sympa en fond de vallée, des passages à gué sur de grandes dalles de pierres planes immergés sous 3cm d'eau, prudence mais ça passe sans glisser, le sentier s'élargit et on débouche sur la petite route de la D19.

Là un commissaire m'indique à gauche, pour le Raid, les autres partaient à droite. Le parcours suit quelques dizaines de mètres la petite route, puis on attaque à droite une montée courte mais soutenue sur la crête de ces monticules de terre noire, j'y dépasse un gars qui poussait et se range pour me laisser passer -merci- faut dire que c'est raidos sur quelques mètres mais ça passe. Nouveau chouette sentier qui monte plus régulièrement, puis on redescend dans un canyon en louvoyant au creux des monticules de terres noires, comme dans une une grande gouttière, par contre l'humidité y a coulée et stagnée, il y a par endroit une épaisse couche de terre noire et lourde, pas collante mais ça freine les ardeurs, enfin on en sort, ça remonte un peu en contournant une butte, puis on descend rapidement un chemin sec, virage gauche, descente jusqu'à la barrière et on débouche sur la D20, que l'on suit sur 600m, permettant de dérouiller les guibolles à plat, puis reprise d'un large chemin en bordure duqel se trouvait montée la table du dernier ravito, au kilomètre 40,74. Une pause pour remplir la poche du sacaflotte et grignoter quelques trucs avant d'attaquer la dernière bosse du parcours, puis je repart 12'40" plus tard.

Traversée d'un nouveau gué avec peu d'eau, pour rejoindre une piste forestière assez large qui va grimper régulièrement durant 1,9km en sous-bois, je me suis callé dans mon rythme de grimpette 8-11km/h, la suspat bloquée en mode montée sur terrain quasi lisse. Je me disais que c'était un peu monotone comme grimpette cette large piste, quand le balisage la quitte et nous fait plonger dans un chouette sentier descendant, terre sombre et racines mêlée de cailloux, je me dit juste qu'on perd le D+ chèrement acquis et qu'il faudra le reprendre ensuite.

Ya quoi derrière ???
dernière bosse
sur sentier

La courte descente se termine 300m plus loin, on récupère un beau sentier de moins d'un mètre de large qui va grimper longuement, sol de terre style sous sapins, souple parfois, ferme en général et ça secoue pas comme auparavant, la montée sera régulière sur ce sentier durant presque 3km, ponctuée de quelques virages en épingle serrée dont plus de la moitié se passait en vélo, j'ai doublé trois gars, le sommet se profile en arrivant près d'un réservoir d'eau, virage serré et coup de cul, on traverse une grosse piste pour reprendre en face la montée sur un autre sentier, plus caillouteux celui-ci.

Voila, le sommet de la dernière bosse est atteint, maintenant c'est 3,4km de belle descente qui se profile devant mes roues, du sentier rapide par moment en sous-bois, des virages où l'on peut prendre appui, du sol défoncé ou avec de bons passages caillouteux, des marches pas méchantes, des épingles, passage sous un arbre tombé -baisse la tête- , du sentier qui tabasse, de la pente plus soutenue vers la fin avec plein de gros cailloux, revoici le bitume de Digne, il ne reste plus que 1.2km en longeant à plat les bords de la rivière, je dépasse quelques randonneurs tranquilles, un coup de gaz et je passe l'arrivée à 13h13, bien content de ce beau parcours, avec une première partie présentant peut-être un poil trop de portages, la seconde moitié du parcours étant plus homogène.

le SPARK
J'avais dit pas de boue sur le SPARK !!!

Je file direct à la voiture me changer et ranger le spad, puis je retourne à l'arrivée attendre Loïc et Mary. Je verrais Tony passer, content mais Dur-Dur, mais point de Loïc; en fait il a trop donné dans la CycloSportive d'hier et a préféré s'arrêter après la mi-parcours. Mary arrivera quant à elle 1h37 après moi, elle en a chié, marché un peu, mais elle a bien appréciée, tant mieux.

le SPARK
Une patte de dérailleur,
+ un rayon tordu
le podium des filles
le podium des filles avec Mary

On avale le plateau repas en discutant avec les connaissances, comme Renate du VTT club de Chorges, puis on attendra la remise des prix où Mary comme toutes les féminines recevra un petit cadeau souvenir, belle attention de cette organisation qui aura fait du beau boulot, tant au niveau parcours, balisage, sécurité que pour l'accueil, on reviendra c'est sûr l'an prochain. Retour à la voiture, on a encore de la route à faire.

Souvenir

Nous quittons Digne-les-Bains à 15h35. Après un début de trajet au sec nous ramasserons des pluies orageuses sur une bonne partie de l'autoroute, d'ailleurs en descente une Clio était accidentée sur la voie de gauche contre le rail de sécurité, normal il y en a qui roulent comme des cons à plus de 130km/h sous la pluie et la chaussée inondée. Le ciel était plus dégagé à l'approche de la région parisienne, Mary a conduit un peu dans la nuit quand mes yeux demandait un répit. Nous arrivons à 0h15 chez nous, pose des sacs et directos au dodo, bien vannés mais super contents de ce week-end sudiste, on y a profité de superbes paysages peu communs, d'un terrain bien technique, dommage que ça soit si loin.

Lundi, Mardi : vaches de courbatures sur l'avant des cuisses, pas cool de descendre des escaliers, de marcher, on paye là notre non préparation aux portages...

Pédalator


CLASSEMENTS

classement scratch Raid 60km

classement par catégories Raid 60km


Profil du parcours 60km
Profil du parcours 60km

Les données de Pédalator
Dimanche 17/06/2007POLAR
CS600
GPSmap
60CSx
Départ :8h03'528h03
firmware v3.30
Temps roulé :4h41'39-
Temps déplacement :-4h56'
Temps total :5h08'06-
Moyenne:11,1km/h10,4km/h
Vitesse max.:38,3km/h38,3km/h
Distance (2030mm):51,6km51,28km
ODO63,9km-
Dénivelé positif :+2115m+2084m
Température Min/Max: 17/29°C-
FC Min/Moy/Max:86/161/186-
Période échantillons:5 secondesAuto
Fichiers échantillons :07061701.hrm- 
 -- 
Distance/dénivelée annoncés :60km / 2400m
  
Vélo : Le SPARK
 10.08kg
Pneus : 
AV :MAXXISIgnitor - LUST2.10"2 bars 2030mm  
AR :MAXXISIgnitor - LUST2.10"2,3 bars    
   
Suspensions :  
Fourche :REBA WC100/100 psi100mm débattement fixe
Amortisseur :NUDE TC90 psi 
      
Transmission : 22/32/44 et 11-32    

Le Budget
DATEA/RDésignationPrix 
16/06/2007Aller10h41 Péage APRR: Fleury-en-Biere -> Villefranche-Limas29,30€J
16/06/2007Péage AREA: Le Crozet 26km2,90€M
16/06/2007Péage AREA: St Quentin -> Voreppe 90km9,10€M
16/06/2007Hôtel Central :
1 nuit 49€ + taxe séjour 1,22€
2 petits-déjeuners à 6€
62,22€J
16/06/2007Bleu Cerise : 2 dîners43,30€M
17/06/2007(04) Digne: 46,50L Gasoil à 1,060€49,29€J
17/06/2007RetourPéage 18h14 AREA: Le Crozet 26km2,90€M
17/06/200719h16 Péage AREA: Voreppe -> St Quentin 90km9,10€M
17/06/200723h25 Péage APRR: Villefranche-Limas -> Fleury-en-Biere29,30€M
18/06/2007(78) Plaisir : 46,53L Gasoil à 1,042€48,48€J
Les Clayes-sous-Bois ---> Digne-les-Bains = 764km en 8h49
Les Clayes-sous-Bois <--- Digne-les-Bains = 745km en 8h40
285,89€ 

A visiter :
Le site de l'organisateur   VTT Rando 04
Photos de l'édition 2007 sur VTT26.com
Photos de l'édition 2007 kaillou's VTT photos
Le CR de JP Stephan RDTN 2007

Dernière mise à jour : dimanche 14 juin 2009 19:32