la plaque de cadre de Pédalator

La Val-Thorens Mountain Bike

31/07/2005

Val-Thorens (73)

XC VTT 105km


Doublet de 3000 pour guerriers


Au mois d'octobre 2004, de retour du ROC un vététiste (ABO du Forum Poupinot) m'a dit avoir vu là-bas
un prospectus d'une nouvelle épreuve VTT longue distance en haute montagne,
avec passages à 3000m, qui se déroulerait au départ de Val-Thorens.
Alléché par la perspective de rouler à nouveau sur les sentiers alpins, j'envoyais illico un mail à l'Office du Tourisme local
pour tenter de récupérer quelques infos sur cette nouvelle épreuve.

Le 13 octobre 2004 je recevais la 1ère version du bulletin de la Val-Thorens Mountain Bike,
une organisation de l'Hexagonal proposant un parcours de 115km/+3950m
comptant comme 3ème manche de la Coupe de France Marathon XC,
un parcours de 70km/+2750m à faire en course ou rando
et un autre parcours de 42km/+1250m pour les randonneurs.

Le 15 octobre 2004, mon bulletin d'inscription pour le 115km partait par La Poste accompagné du chèque de 24€.
Je lançais aussi un post sur le sujet sur le forum de VV pour rameuter tous les amateurs de LD
et mettait le bulletin en ligne sur le calendrier de mon site.

Mon objectif majeur de l'année était tout trouvé, il ne me restait plus qu'a amasser des kilomètres, du dénivelé
et des heures de selle pour s'y préparer car l'épreuve s'annonçait corsée, rien que la dernière montée présentant
à elle seule pas moins de 2100m de dénivelé positif. Bref un truc dans la lignée du Cristalp.


Autant dire que la semaine précédent l'épreuve les sucres lents furent à la fête chez nous, tout comme les hydrates de carbone liquide (maltodextrines) pour compléter le stock de glycogène de muscles qui seraient mis à rude épreuve dimanche.

Coté mécanique, j'avait déjà commencé l'adaptation du VTT pour le Marathon de Montgenèvre, il me restait encore à modifier la transmission pour les pentes raides. Le week-end précédent, j'avait déjà effectué la purge de mes freins à disque XTR et monté de nouvelles plaquettes (des Clark's VRX824, plus épaisses que les XTR), puis testé le résultat. Nickel.

Vendredi après-midi je monte donc une cassette XTR 11-34 (avec mon petit plateau de 20 dents je pourrais ainsi grimper aux arbres), une chaîne neuve, effectue un nettoyage/graissage des galets du dérailleur XO, puis je remplace mon pneu arrière (présentant quelque coupures) par un neuf. Pour Val-Thorens je vais garder ma monte de pneus de l'année, à savoir le couple Jimmy UST 2.1 " à l'avant et le COMP-S UST 1.95" à l'arrière, car ils sont polyvalents,résistants et offrent un bon rendement moins pénalisant que les gros boudins sur une longue distance.
18h, un petit tour pour essayer la transmission; mince ça saute sur le plateau milieu quand je commence à appuyer. J'avait déjà constaté ça à Montgenèvre où j'avait déjà essayé de monter une cassette 12-34.

Retour à l'appart. Je démonte le pédalier TUNE; les dents du TA 32T -monté en novembre 2004- sont affinées et les creux ovalisés (à force de monter les bosses en 32x32 comme une brute).
Je monte un plateau TA neuf en Alu poli de 32 dents. Essai 1; la chaîne ne passe pas sur le petit plateau. Mince.
Re-démontage du pédalier, je vire le TA et monte un FSA 32T à la place. Essai 2; la chaîne ne passe pas sur le petit plateau. Merde !
Re-Re-démontage du pédalier, je vire le FSA et monte un STRONGLIGHT 32T neuf (une valeur sûre déjà testé avec succès).
Essai 3; la chaîne passe nickel sur le petit plateau. Ouf !
Je vais enfin pouvoir finir mon sac. Je voulais me coucher tôt, à 22h on étaient au lit.

Samedi 30 juillet

Comme c'est le week-end du grand chassé-croisé juillettistes-aoûtiens, annoncé noir par BisonPasFûté, j'avait prévu de partir à 7h ce samedi pour éviter au maximum de tomber dans les bouchons, horaire tenu puisqu'à 7h05 on quittait Plaisir. Et bien j'ai été franchement surpris, le trafic étant resté très fluide sur l'A6 jusqu'à Lyon, sans y rencontrer les habituels ralentissements au niveau de Beaune et Mâcon. Au péage de Lyon même pas 10 minutes d'attente pour passer, on y était à 11h26. Idem sur l'A46 de contournement de Lyon, pas un seul ralentissement. A se demander où les vacanciers étaient. Nous avons rejoint l'A43, pique-niqué sur une aire de l'autoroute, puis repris notre voyage vers Chambéry.

C'était trop beau pour continuer. Peu avant le Tunnel de Dullin un panneau affiche 'Bouchon 5km, prendre S2'. Même pas le temps de prendre une carte et de choper la radio Rhône-Alpes 1 pour comprendre le truc que voici la sortie S2, hésitation, je continue tout droit; J'aurait du tourner à droite... 1km plus loin c'est l'arrêt complet... Au moins 3/4 d'heure pour passer le tunnel, en travaux, mais j'ai quand même gagné du temps en remontant 2km de voitures arrêtées en empruntant la voie de droite 'réservée aux véhicules lents' et où personne n'avait l'idée d'aller, jusqu'à ce que je m'y engage à la suite d'un autre malin.

On roule à nouveau mais un autre tunnel, aussi en travaux est annoncé avec difficultés juste avant Chambéry. Pas deux fois; on sort au Lac d'Aiguebelette, puis on remonte le Col de l'Epine (sympa à faire en vélo), où l'on retrouve par hasard Loïc & Armelle et Aurélien qui ont joué aussi des itinéraires de contournement, mais en évitant notre bouchon. On terminera la route ensemble, reprenant l'A43 vers Albertville, jusqu'à Moutiers et pour finir les 3/4h de montée vers Val-Thorens où nous arrivons à 16h40. Comparé à Montgenèvre, ici il y a des panneaux partout indiquant la zone de départ, des inscriptions, des parkings et une aire de départ avec banderoles, arche gonflable et bus podium, ça fait tout de suite moins triste et il y a un peu plus de monde qui déambule.

Frisquet là-haut, la veste fourrée et le jean remplacent le short et le Tee-Shirt.


Le Cadeau

On passe à la Maison de Val-Thorens retirer notre paquetage d'inscription.
Il y aurait 220 inscrits sur le grand parcours de 105km. Pas terrible l'organisation car la liste des inscrits n'est pas triée par nom, ni par numéro; il donc faut se chercher. Heureusement que l'on n'est pas 4000.

On Reçoit un sac pub avec la plaque de cadre  (j'ai pas le Number One vu que c'est par caté, Zut) avec ses 3 rilsans, le dossard et ses 4 épingles, le bulletin de la Val-Thorens et la feuille des dernières infos sur l'épreuve, une pub pour la Lyon-Free VTT, un ticket pour la Pasta-party -gratos- du soir et un cadeau original : une montre QUARTZ à aiguilles, gravée au nom de l'épreuve. Sympa ça.

En échange de ma licence je reçoit un bracelet de cheville portant la puce électronique qui servira au chronométrage.

Je dépose le sac d'Antoine à son hôtel, en ressortant je rencontre Ludo (Tourisme & Aventure) ainsi que Pouêt. On papote puis on retourne vers l'aire de départ où l'on retrouve les Koyotes.

On ira ensuite faire un petit tour dans Val-Thorens à la supérette acheter de quoi manger pour le petit déjeuner du lendemain, vu qu'à l'heure où on partira les gérants seront encore au lit, puis faire une visite à la galerie marchande.

Au début on voulait manger avec les potes à la Pasta-Party, prévue à 18h30 sur Val-Tho, mais vu que cela risquait de ne pas commencer à l'heure et que l'on commençait à être fatigués à cause du voyage et de l'air pur de la montagne, nous avons décidé de rejoindre l'hôtel et de manger en bas. Nous sommes donc redescendus dans la vallée rejoindre notre Hôtel Le Terminus situé à Moutiers. J'avait préféré dormir dans la vallée plutôt qu'à Val-Tho, car en altitude j'ai généralement des maux de tête qui m'empêche de dormir, comme durant mes vacances d'été à Plagne 2000.

Les vélos montés dans la chambre, à l'abri de leur housse, le short et le Tee-shirt remplacent le jean et le sweet (il faisait lourd dans la vallée). Nous avons été ensuite manger dans une pizzeria avec Loïc & Armelle et Aurélien, salade puis nouilles bolo, puis retour à l'hôtel pour se coucher. Avant cela on aura préparé toutes nos affaires de vélos pour demain.

Dimanche 31 juillet
4h40, le Biiiip-Biiiip de ma montre sonne le rappel. Hop debout, réveil Mary -dur tôt le matin-, rasoir, douche, sauter dans la tenue Biket flamboyante version été. Petit déjeuner sur le pouce, pas très faim.

Mary continue de se préparer pendant que je commence à descendre les vélos et charger la voiture. A 5h30 nous quittons tous les 5 l'hôtel, direction Val-Tho. A 6h aux Ménuires nous prenons en charge Denis et son Bike ,car il ne voulait pas faire les 10 bornes de montée jusqu'à Val-Tho, pourtant c'est un bon échauffement ;-)


Préparatifs

On arrive sur Val-Tho où il fait pas bien chaud (7°C) et où le ciel est couvert, un nuage de brouillard étant encore accroché aux sommets. Allez hop, préparation des VTT, équipement des pilotes. Je bourre mes poches de barres énergétiques et surtout de tubes de sucres rapides. Je met dans le Camelbak une seconde paire de gant, les manchettes, le coupe-vent imperméable, le GPS. J'enfile un maillot long par dessus le court que j'ai déjà.

Pression des pneus, coup d'huile sur les chaînes, tout est prêt, on part roulotter les quelques minutes restant avant la mise en grille.


Attente pour la mise en grille

A 6h45, on rejoint l'aire de départ pour la mise en grille. Un commissaire appel pour la 1ère ligne les cadors et les coureurs qui ont fait des places lors des manches précédentes de Plouha et Montgenèvre. Ensuite c'est à notre tour, on se fait pointer au passage.

Le speaker et l'organisateur délivre les dernières recommandations, puis amorcent le décompte final.

Et puis à 7h06 le départ du 105km est donné, Loïc part comme une bombe, moi pépère car une longue journée d'efforts nous attend.


Concentration

On roule dans val-Tho, petite descente d'un talus, on se retrouve sur l'herbe, on descend un chemin défoncé caillouteux puis une pente herbeuse avec des cailloux planqués dedans sous les herbes, je passe sur le bord du chemin en dévers, on tourne à gauche et nous voilà en bas sur le début de la piste qui remonte vers la Combe de Thorens.

La montée est régulière et pas très pentue, elle va durer 7,9km pour 660m de dénivelé positif nous menant ainsi au pied du Glacier de Péclet. Au début je roule et papote avec Ludo, on s'étonne du rythme rapide de certains au vu de ce qui nous attend tous,  puis il partira de l'avant. Je préfère monter tranquillement pour m'échauffer,en moulinant bien et en ayant un oeil fixé au cardio (150 au début, 160 par la suite) afin de ne pas me mettre dans le rouge, car je compte bien gérer mon parcours afin arriver en état dans la dernière longue montée qui s'annonce interminable. Niveau braquet je grimpe en 20x30 au début, 20x32 par moment et vers la fin sur 2 ou 3 passages un peu plus pentus je sortirais le 20x34 afin de grimper sans devoir forcer. Ma montée va ainsi durer 59 minutes, dès la mi pente je remonte déjà quelques gars essoufflés partis un peu vite. Très rapidement j'ai trouvé un rythme de respiration régulier, sans ressentir l'effet de l'altitude comme à Montgenèvre, super ça commence bien.


Péclet 2944m

Ma montée est passée comme une lettre à la poste, dommage pour la vue car le nuage nous cachait tout.

Après un dernier petit coup de cul, où nous attendait un photographe, on est arrivé au bâtiment de l'arrivée du Funitel de Péclet, à 2944m d'altitude (quoi pas 3000m, remboursé !!! ) où une petite table était montée pour le 1er ravito. Comme il fait pas bien chaud ici (2°C), je referme le maillot long, enfile le coupe-vent en prévision de la descente ainsi que les gants longs (et secs) que j'avait emmené.


Pédalator à 3000m

RAVITO 1 au kilomètre 9,12

Je profite ensuite du ravito, avalant un demi verre de grenadine et grignotant un tout petit peu. C'est bien un ravito style FFC, avec pas grand choix ; pain d'épices, pâtes de fruits, abricots secs et pruneaux, quartiers d'oranges. Pas de banane pas de barres ni de boisson énergétiques. Ça fait 'cheap' pour une épreuve où de gros efforts seront fournis par les coureurs et comparé à d'autres courses. Même pas une touche de saveur locale, ni de salé. Bon on a juste fait 9 bornes, j'espère que cela sera un peu mieux par la suite.

Un ch'ti pipi (le froid ça saisi). Je discute avec un gars du Team DEVINCI qui s'étonne de voir le mien, une marque encore peu diffusée en France du point de vue des cadres XC.


Première descente
Après cet arrêt prolongé (4'45") j'enfourche mon spad et file dans la descente. Évidemment à cette altitude il ne faut pas compter trouver du sentier traversant la forêt, c'est le domaine du cailloux, de la poussière grise, de la neige et de la glace. On descend rapidement au début, quelques gros cailloux sont là pour bien vous secouer, puis on remonte un peu, on longe à pied le bord d'un névé, puis on reprend la descente en passant l'Arête de Tête Ronde, au début la descente est bien pentue, le sol meuble avec toute cette terre grise et tout plein de cailloux, ça tabasse et j'ai déjà utilisé 90% du débattement de ma fourche.
la piste de luge

On passe sous Tête Ronde, en suivant la piste de luge, un chemin en gouttière bien caillouteux, puis on débouche sur la piste rapide dans la Combe de Thorens qui nous ramène sur Val-Thorens (2316m) où l'on repasse sur l'aire de départ après 14km. Mais cette fois on prend à gauche, on monte un talus pour passer sur un pont au dessus de la route, puis on rejoint une large piste qui descend rapidement sur 500m.

La piste remonte déjà, régulièrement sur 700m vers la Combe du Pluviomètre, le brouillard cache la vue au loin et j'aperçoit juste le fantôme d'un prédécesseur. Je m'arrête (55") à mi-pente pour enlever les couches en trop, puis je repart. Fin de la remontée, pour débuter une descente rapide sur piste durant 4,6km, en passant près du Lac des Échauds, puis filant ensuite vers Les Ménuires (1884m), j'en profite pour 'décrasser' le grand plateau. Dans un virage j'aperçoit Philou des Koyotes, assis en pleine réparation de pneu.

On commence à remonter durant 500m sur un chemin qui en 4 virages nous ramène sur un sentier, la première gâterie du parcours. Désormais c'est 5,4km d'un beau single en balcon rien que du bonheur, plateau milieu à donf avec relances, quelques passages un chouilla technique à négocier, genre tas de gros cailloux survolés dans l'élan, 3 courts passages de zones caillouteuses/boueuses à cause des source où un pied posé rassure, petit virage sec, un régal. Personne devant moi durant les 3/4 du sentier, puis je rattrape un gars qui se traîne, je reste coincé derrière dans sa roue puis il bute sur une difficulté technique et je profite du passage plus large pour passer. Ça repart, Zut, un autre qui avance pas, mais le sentier se termine et on rejoint une piste au pied du Télésiège de St Martin 2 pour débuter une descente rapide par piste, puis chemin durant 3km pour arriver à St-Martin-de-Belleville (1385m) au kilomètre 30, où se trouvait le 2ème ravito. J'y retrouve Antoine et Franck.

Le ravito, est aussi varié que le 1er en victuailles. J'avale un verre de grenadine, grignote un bout de gâteau sec, puis 40sec. plus tard je repart en suivant Antoine et Franck, les dépasse dans la descente vers le pont enjambant un ruisseau.

On commence maintenant à remonter par une petite route, passant le village du Châtelard. Pause pipi puis je vire le maillot long pour rouler en court car la brume a laissée place au ciel bleu et au soleil, ça commence donc à chauffer. Franck et Antoine ont continués. A la sortie du village voici l'embranchement des parcours 70 et 105km, nous on file tout droit.

A partir de maintenant, le programme c'est 14 km de montée pour 1040m de dénivelé positif par la belle Vallée des Encombres. La montée commence sur une petite route durant 2,6km jusqu'au parking du Bois Noir. Le début est doux et je roule à 12km/h, puis un bon kilomètre légèrement plus pentu, j'aperçoit le maillot d'un Biket plus loin mais il roule un ton au dessus, je ne force pas plus. La montée se poursuit maintenant sur une large piste roulante qui monte un peu moins au niveau des Priots, la piste passe ensuite par Gittamelon et redescend un chouilla avant de recommencer à remonter vers Les Cariots. On redescend un tout petit peu pour  passer au dessus du Torrent des Encombres, un cameraman film les vététistes grimpant avec en arrière-plan un troupeau de belles vaches et la montagne en fond. La piste est cool durant 2 bornes, puis on arrive au pied de la montagne, j'ai rattrapé Antoine puis Franck, un virage à gauche et la première rampe sévère se présente. A partir de maintenant il nous reste 3,6km plus hard avant le col.

Le chemin est bien poussiéreux, la pente est à 16% sur 1,5km, le soleil donne, on serpente en cinq lacets. Je passe Antoine. J'ai tout mis à gauche, en 20x34, et je monte sur le VTT sans trop forcer à 4,6km/h de moyenne. Je suis juste stoppé net sur un passage plus raide par le gars devant moi qui craque. Je marche sur 10m, puis je remonte en selle pour finir l'intégralité de la montée sur le VTT. Au début je suivait Franck, puis il a craqué dans le passage raide pour finir en marchant, je l'ai alors dépassé puis distancé. Merci le petit développement, j'ai bien fait de le mettre.

Le dernier kilomètre de grimpette est un peu plus cool, le sentier arrive au sommet du Petit Col des Encombres (2356m) là où était installé le 3ème ravito, kilomètre 45. J'enfile le maillot long, un petit courant d'air balayant la crête. Je m'arrête un peu plus longtemps (3'30") pour manger un peu du solide et j'avale un premier tube de sucre rapide. Je ne remplit pas la poche du Camel car d'après le profil on devrait maintenant avoir la longue descente vers la vallée de la Maurienne où l'on devrait trouver un autre ravito, il sera bien temps d'y refaire le plein avant l'ultime montée. Franck puis Antoine arrivent à leur tour au ravito. Antoine se paye un coup de moins bien.

Bon c'est pas tout ça, mais j'ai encore du boulot avant de pouvoir profiter d'une bonne douche. En selle.

Début de descente pentue sur 100m, terrain irégulier avec force mottes d'herbes et de terre grise poussiéreuse, chemin en rigole avec quelques cailloux, le pneu dérape tout seul, puis le sentier contourne une bosse avec passage aérien -vide à droite, même pas peur, tout sur le VTT - puis le sentier bascule sur l'autre versant en plongeant vers La Saussaz, soit 1,6km de bonne descente qui tabasse bien avec les cailloux et les ondulations de terre.

Cinq cent mètre de remontée, le final avec une pente sévère pour arriver aux maisons de La Saussaz. On récupère alors une piste qui descend rapidement durant 2km, pour rejoindre un beau sentier au dessus des Rateaux.

On va ensuite cheminer durant 2,3km sur un beau sentier technique en balcon, ponctué de trou de boue lourde avec des cailloux causé par les petits ruisseaux et source, de petite remontées-descentes, des passages de cailloux, un passage bien sympa. J'antcipe un virage montant plus sec, soudain ma chaîne se coince entre la cassette et les rayons. Chiotte ! 1minute 30 pour tenter d'enlever délicatement la chaîne pour éviter de bousiller les rayons. Ouf, opération réussie, je repart. Franck est parti devant.

Plus loin on entre dans un petit bois de sapins, la pente du sentier augmente de plus en plus, passage pédestre de racine, retour sur le vélo, je revient sur un groupe de gars. Montée raide en droite ligne, virage à gauche, on passe un petit pont de rondins, je revient sur Franck à ce moment là, quant en face je vois un bon coup de cul qu'il va être impossible de monter sur le vélo. C'était pas prévu au programme ça, un sentier  avec une suite de portages, entrecoupés de passages où j'arrive à rouler avec mon 20x34, les autres poussent,  on remonte ainsi jusqu'à 2147m au niveau de la Croix de Bellecombe. Ce passage non prévu entamera les ressources de bon nombre de coureurs.


Début des portages...

Le sentier se termine, on rejoint un beau single qui chemine en balcon sur le Plateau de Bellecombe, avec plusieurs passages un peu techniques, parfois aériens pour contourner un bloc rocheux mais rien de bien méchant, à Oisans l'an dernier  c'était bien pire. Les gars avec qui on étaient se traînent là dedans, Franck arrive à passer, puis moi un peu plus loin, la voie est libre, go. Super bonheur durant deux bornes, puis on rejoint une piste au dessus des Châlets de Beaune.

Désormais, ce sont 10km de descente par des pistes rapides, au sol jonché assez caillouteux, ça tabasse parfois pas mal, on va ainsi dégringoler de 700m vers la vallée de la Maurienne, en passant par les Châlets du Thyl puis Le Thyl. J'ai rattrapé puis dépassé un gars, j'avoine et relance, le 44 dents en pleine action.

Deux cent mètres d'une petite remontée à la sortie du Thyl, et hop à droite toute pour entrer sous le couvert des arbres et découvrir un super sentier et technique qui descend fortement (28%), le sol de terre gris/noir presque entièrement couvert de grosses pierres rondes jointes comme une ancienne voie romaine ou chemin muletier, bref le pied. Les freins serrés, le pneu arrière continue à descendre tout seul, ça secoue bien, super marrant, tout passe sur le vélo. J'ai l'impression de retrouver les sentiers que l'on emprunte habituellement à la Transmaurienne lorsque l'on descendait dans la vallée vers St-Jean. 800m plus loin on traverse Le Thyl dessous, on reprend un sentier du même style sur 600m, super, on arrive ainsi à La Buffaz. On reprend alors une piste rapide durant deux bornes, puis à droite toute pour prendre à nouveau un sentier poussiéreux plongeant en forte pente sous les arbres.


Le passage d'échelle
(photo d'Aurélien)

On va ainsi descendre de 75m par du sentier tout juste défriché pour faire passer la course, pas franchement roulable car trop en dévers, trop pentu, les parties plus raides sécurisées par une corde pour se tenir.

Il y avait même à un moment une échelle où l'on descendait en tenant le vélo d'une main et la corde de l'autre. Marrant.

Encore une glissade dans la poussière et on sort du couvert des arbres pour déboucher tout en bas (800m), sur un large chemin non loin de la N6.

On remonte un kilomètre en longeant la rivière de l'Arc, pour arriver au 4ème ravito, situé sous Le Poucet au kilomètre 72. Il est alors 12h52. J'y retrouve Franck et Pascal. Il fait chaud ici (28°C). Je vais bien profiter de cet arrêt, car le plus gros morceau du parcours nous attend ensuite, la montée de 22km nous ramenant à 3000m, autant dire qu'il faut bien reprendre des forces et s'hydrater correctement.

Je monte les verres fumés sur mes lunettes, rempli la poche du Camelbak, puis mange et boit pour refaire mes forces. Jusqu'à maintenant je me sent bien, pas fatigué, les jambes vont bien, tout baigne.

Après 15'50" d'arrêt prolongé, il est temps de repartir et d'affronter LA difficulté du parcours, en selle donc. Pascal et Franck sont déjà repartis je ne les reverrais plus.

Deux kilomètres de petite route qui monte régulièrement, le soleil tape bien, j'arrive au village d'Orelle où des habitants ont monté un ravito improvisé. Ils me proposent de la pastèque ; bonne idée, ça rafraîchira. J'en profite pour m'arroser la tête, afin de faire baisser ma température et mieux supporter la chaleur. Cool, ça fait du bien ça. Après cet arrêt (2'30") je repart ragaillardi.

Je vais alors pédaler tranquillou durant 5,8km en roulant à 9km/h sans forcer, en tournant bien les jambes. Peu de passages ombragés, ça chauffe, j'aime pas ça; je commence à avoir l'impression du coup de chaud qui arrive peu à peu. Mauvais ça.

Près de Bonvillard la route a laissée place à une piste. Je roule encore un peu puis je me pose 30 secondes à l'ombre dans un virage, pour m'étirer le dos et avaler un tube de sucre rapide. Premier arrêt.

Un kilomètre de roulage, je me traîne à 6.5km/h, la pente est plus forte. Nouvel arrêt (1'30") pour m'étirer encore, boire et bouffer une barre. La chaleur ça me réussit vraiment pas. Retour en selle.

Encore deux kilomètres et j'aperçoit dans un virage le 5ème ravito, au kilomètre 82,5. Arrêt, boire, grignoter, papoter, m'asperger la tête avec de l'eau.
Antoine arrive alors, il a récupéré de son coup de moins bien.
Un gars est étendu sur une couverture à l'ombre, pour lui c'est terminé; abandon sur fatigue. Il attend qu'un 4x4 le ramène.

Sept minutes plus tard je repart, Antoine devant, mais je n'arrive pas à le suivre, il s'éloigne inexorablement, je monte doucement à moins de 7km/h.

Nouvel pause (2'50") à l'ombre 1,5km plus loin. Là j'avale un tube de sucre rapide, version 'réveil gars pas en forme', puis je repart.

La piste continue inexorablement de monter, peu d'ombre, je regarde l'altimètre qui grimpe pas bien vite, 1770m pour l'instant, encore 1230m à grimper. Je roule encore 1km, puis le dos se faisant sentir, je marche sur 100m avant de faire une nouvelle pause (45").

A nouveau ce sera 1,5km de roulage, puis marche sur 100m et pause (30"). J'ai l'impression de revivre la dernière montée du Cristalp.

Je remonte en selle, roule encore un peu, on arrive au niveau de l'Arcelin, belle vue, ici une courte descente, on perd 20m de dénivelé positif si chèrement acquis, puis un virage et ça remonte. Un Quad passe avec deux gars.

Nouveau virage à droite, la pente semble plus forte, effectivement je suis en 20x34, ça passe encore mais lassé je pose pied et marche un peu pour me décontracter le dos. Belle vue d'ici, on voit la Chapelle Notre Dame des Anges.

800m de roulage, pause, 400m de roulage, 300m de marche, pause. Commence à me gaver cette montée.


Chapelle N.D des Anges

J'ai maintenant de mauvaises pensées du genre "je ferais plus de longue distance", "je vais pas m'inscrire à la Vendée Verte en Septembre, je ferais une rando plus sympa", je rumine, je cogite, mais j'avance tout de même, l'altimètre a passé les 2000m depuis un moment.

Des pick-up 4x4 commence à monter, l'arrière bourré de VTT entassés, des coureurs ayant abandonné assis dans la cabine.

Roulage et marche sur 600m et me voici enfin au 6ème ravito du Plan Bouchet (2347m). Le bénévole me dit que je suis 100ème. Un gars sous une couverture a jeté l'éponge, il attend à son tour le 4x4 qui le remontera. Un autre gars qui arrive ensuite après moi jettera aussi l'éponge, en entendant qu'il lui resterais encore au moins une heure de marche avant le sommet.

Je grignote, recharge la poche du Camel en eau, avale encore un tube de sucre rapide, version costaud au Cola de Hi-Tense que je réservais pour la fin (il me reste encore un rouge en cas de coup de pompe massue). Malgré l'altitude, le chocolat est fondu dans l'assiette. C'est bon le chocolat fondu avec le pain d'épice, je râcle le fond de l'assiette.

Un 4x4 passe, avec encore son lot de VTT entassés et leurs pilotes plus en état de continuer.


Refuge de Plan Bouchet
11'30" plus tard je repart, à pied car ça monte fort pour commencer, une rampe bien sévère.

Sur les 4 dernières bornes, la pente est forte et on passe son temps à pousser le VTT. J'ai pas du rouler plus d'un kilomètre cumulé. Je regrette de ne pas avoir mis des pompes plus adaptées à a marche, comme mes Cannondale MC900.

L'altitude aidant, je souffre moins de la chaleur depuis les 2000m et je me sens mieux. Un gars qui marche plus vite, m'a dépassé et me devance, je revient un peu sur lui lors des rares passages que je fait en VTT et lui à pied, mais pas assez.

On prend rapidement du dénivelé avec la pente, j'aperçoit au dessus des gars qui poussent le vélo, fichtre encore tout ça à monter. Le point de mire c'est les pylônes. Faut vraiment avoir le moral pour faire un truc comme ça, j'espère que la descente vaudra le coup derrière.

Au bout d'une heure (17h40) j'arrive enfin à ce put%#$@ de sommet du Col de la Montée du Fond (2997m d'après IGN), où un photographe me tire le portait de près. J'aurais passé 4h30 à à monter ce truc. Un camion de pompier est là. Je pensais y trouver un ravito, mais rien. Bon pas grave, j'enfile mon maillot long et franchit le Col. En bas on voit Val-Tho. Encore 400m de chemin montant jusqu'à 2999m, puis c'est le plongeon par la piste tout en virage, sol un peu caillouteux, pour 8,8km de descente rapide. J'avoine, je relance, la station se rapproche, j'ai dépassé un gars, juste un petit sentier avec des passages de gros cailloux que je survole, puis virage à gauche, le pont, remontée de rue, descente en herbe le public, j'entend Mary, un dernier effort et je passe enfin sous l'arche d'arrivée à 18h03 après 10h56 de course. Ouf !

On me retire le bracelet, je récupère ma licence. Dommage, pas de lot aux finishers comme à la DEFI MODE.

Je roule rejoindre la voiture où je retrouve Mary qui m'attendait depuis bien longtemps. Elle est déçue de son parcours de 70km, qui ne faisait en fait que 54km, le retour depuis St-Martin-de-Belleville sur Val-Tho étant inintéressant par des pistes et du plat roulant, avec juste un portage avant l'arrivée. Dommage de faire autant de bornes de voiture pour ça.

Mary lave mon spad pendant que je profite du ravito d'arrivée; sandwich à la Tome de Savoie, merci.
Le VTT dans la voiture, je me change, enfile un truc chaud. On attendra un peu, puis nous redescendrons dans la vallée vers notre hôtel -dur de monter les 2 étages - profiter d'une douche bien méritée, puis d'un bon petit resto pour refaire des forces, mais la fatigue venant j'ai même pas terminé mon assiette du plat principal (faut dire que la salade était copieuse avant), ni pris de dessert.

Retour à l'hôtel, vite au lit, en moins de 10 minutes je devais dormir...

 


16h02 arrivée de Loïc

17h06 arrivée de Franck

17h26 arrivée d'Antoine

18h03 arrivée de Pédalator

 

Lundi 1er août

Réveillé à 7h20. Douche appréciée. Petit-déjeuner dévoré. Départ de Moutiers à 8h54, arrivée à Plaisir à 15h40 (688km).

Pédalator


Profil du parcours 105km
profil du 105km

Carte du parcours 105km
   
carte générale (184ko) carte détaillée (801ko)

 


Les classements

226 inscrits au départ du 105km
164 classés (dont certains qui ont terminés la montée en 4x4)

90 coureurs inscrits au départ du 70km
44 randonneurs inscrits sur le 70km

>>> scratch 105km <<<

>>> scratch 70km Hommes <<<

>>> scratch 70km Femmes <<<

 


Les données de Pédalator
 CICLOMaster
CM436M
POLAR
S725
GPSmap
60CS
Départ :7h067h06'51 
Temps roulé :9h51'17"8h58' 
Temps déplacement :--10h09
Temps total :-10h56'24"-
Moyenne:10,3km/h11,4km/h10,0km/h
Vitesse max.:50,5km/h51,4km/h51,1km/h
Distance (2035mm):102,29km103,2,1km101,51km
Dénivelée positif  :+4416m+4505m+4346m
Température Min/Max: 2/34°C - -
FC Moy/Max:-141/178-
Période échantillons:20 sec.5 sec. 
Fichiers échantillons :31072005.tur 05073101.hrm RDN TRK
Distance/dénivelé annoncés :105km / +3950m
70km +2750m
Pneus : 
AV :SCHWALBEJimmy Light UST2.10"2 bars2035mm
AR :MICHELIN Comp-S UST1.95"2,4 bars   
Suspensions :  
Fourche :FOX FLOAT 100RL54 psi100mm débattement fixe
Biellette :DEVINCI 85mm débattement
Amortisseur :FOX RL56 psi 
      
Poids du Bike : 11,24kg    
Transmission : 20/32/44 et 11-34    

Le Budget
   Prix
PéageALLER

30/07/2005

A6 : Paris -> Lyon27,30€
PéageA43: Lyon -> Aiguebelette 78km7,40€
PéageAREA: Chignin -> Ste-Hélène 44km4,50€
Gasoil47,63L à 1,05€50,01€
PéageRETOUR

01/08/2005

AREA: Ste-Hélène -> Chignin 44km4,50€
PéageAREA: Chambéry Nord -> Lyon 88km9,40€
PéageA6 : Lyon -> Paris27,30€
PéageBPNL: Périphérique Nord de Lyon1,80€
GasoilATAC48€
Hôtel30/07/2005'Le Terminus'. Nuit 2p42€
31/07/2005'Le Terminus'. Nuit 2p + 2 petits-déjeuners54€
30-31/07/2005Taxe de séjour 2j x 2p3,20€
Restaurant31/07/2005Auberge Savoie47,20€

A voir et à Lire
Le site de l'épreuve : http://www.valthorensmountainbike.com/
Le récit d'Aurélien : blog MCMTeamforever
Le photographe de l'épreuve : http://www.photo-sports.net

mon dossard

Dernière mise à jour : mardi 16 mai 2006 22:00