La plaque de Pédalator   La Swiss-Bike-Masters

21/07/2002

XC 120km (+5000m)

Küblis (Prättigau - Suisse)
  Swiss-Bike-Masters

La Course

Les
données de Pédalator 

Le
profil du parcours 120km
La carte des parcours

Le
classement scratch 120km

Le Bugdet

Le site organisateur :
http://www.eurobike.ch/
                             

 


Dur ! Dur !

L'objectif majeur de ma saison VTT est enfin arrivé. Quelques mois d'hiver passés à faire de la route pour travailler le foncier et la puissance, quelques sorties de 100 et 200 bornes pour faire de l'endurance, plusieurs raids VTT longue distance et une petite compétition auront constitués l'essentiel de ma préparation à cette épreuve. Pour faire mieux, plus de longues sorties sur route - en particulier en montagne - auraient été bénéfiques, mais le temps ou la motivation m'auront manqué pour cela cette année.

Ayant déjà deux participations au
Grand Raid Cristalp (131km, bien sûr) à mon tableau de chasse, j'avais envie de découvrir une autre épreuve de ce type, qui soit plus intéressante techniquement, le parcours du Cristalp étant particulièrement roulant. D'autres amateurs de raids longue distance nous ayant parlé en bien de la Swiss Bike Masters, en particulier de son parcours soit disant 'plus technique', je commençais à surfer un peu sur le site Web de l'organisation pour me faire une idée du lieu, du tracé, du profil du parcours et des formalités d'inscription. Et c'est mi février que je décidais de m'y inscrire, via le site WEB par paiement CB sécurisé: 100 francs suisse.

YavaiPlusKa.

Déjà à ce stade, il fallait t être bien motivé pour faire ce raid car cette année 2002, toutes les pages du site étaient rédigées entièrement en Teuton. J'avais bien vu une version anglaise en 2001, dont j'ai gardé des copies papier, ce qui m'a un peu aidé, mais plus une seule page en 'english', encore moins dans notre belle langue. Mes notions d'allemand s'étant évanouies en classe de Term', suite aux cours pas géniaux d'une prof' , seuls quelques mots arrivaient à me dire quelque chose.
On a l'impression que les organisateurs de cette épreuve ne cherchent pas à s'ouvrir aux participants étrangers, alors que pour d'autres organisations VTT comme le Grand Raid Cristalp, les sites WEB permettent de choisir plusieurs langues.

Pour aller dans ce sens, la lettre de confirmation d'inscription que nous recevons est elle aussi rédigée entièrement en allemand et il faut faire appel aux collègues/ amis ayant le savoir-lire-Teuton pour prendre connaissance du précieux contenu. Celui-ci rappelant juste notre heure de départ, comment et où retirer sa plaque de cadre et de ne pas oublier d'amener le certificat de conformité du vélo.
Certificat ? Ben oui. Un document - disponible en téléchargement sur le site WEB - doit porter le tampon et la signature de votre vélociste adoré, celui-ci attestant ainsi que votre chère monture est apte à affronter la haute montagne. Document que je m'empressais de faire valider par mon cher Faby en passant au magasin de Versailles.

Si plusieurs Biquets comme Loïc, Marilyne, Eric étaient partant, en début de saison, pour participer aux 120km de cette SWISS BIKE MASTERS, force est de constater que nos candidats au voyage en Suisse se limitèrent rapidement à . . . 
Pédalator tout seul. L'éloignement du site étant principalement responsable de cette débandade. Il faut dire qu'avec au moins 5 heures minimum de voiture, en partant de notre lieu de vacances, pour rejoindre Küblis en Suisse allemande, il fallait être particulièrement motivé pour s'inscrire.

L'épreuve ayant lieu le 21 juillet, je posais mes 3 semaines de congés d'été entre le 14/07 et 03/08, de manière à bénéficier d'une semaine d'acclimatation en montagne avant le raid. L'idéal étant d'avoir au moins 15 jours. Pour la destination, si au début j'avais porté mon choix sur la ville de Guillestre, c'est finalement à Risoul 1850 que je préférais louer un apart, afin de profiter des bienfaits de l'altitude; la fraîcheur, les globules, les paysages.

Arrivé à Risoul 1850, sans avoir beaucoup roulé en vélo les jours d'avant, je passais la semaine précédant la Swiss Bike Masters à parfaire ma préparation; faire des kilomètres et avaler des mètres de dénivelée. En commençant le dimanche même par 64km de route avec la remontée Guillestre -> Risoul 1850, soit 1420m de positif, puis une grosse sortie sur route de 104km le mardi où j'enchaînais la montée du Col de Vars puis celle du Col de L'Izoard, soit 2740m de positif avec de bonnes jambes. Le mercredi, une petite sortie VTT divertissante sur les sentiers de Risoul 1850 concluait mes sorties vélo de la semaine, passant le jeudi et le vendredi à préparer le VTT, mes affaires, me reposer et refaire mon stock de glycogène en buvant du MALTO et mangeant des pâtes à chaque repas.

Vendredi soir, je passais un coup de pocket-phone à Philippe - récent membre du club des Koyotes et ex Biker's - inscrit tout comme moi sur le parcours 120km de la Swiss Bike Masters et en vacances près de Briançon. Je lui avait proposé une place dans mon royal carrosse quatre roues pour faire le voyage chez les petits suisses, réduisant ainsi nos frais sur ce long trajet. Je lui fixe ainsi rendez-vous aux Guibertes pour les 8h du mat'.
Le paquetage VTT de long week end fin prêt, le dernier repas glucidique absorbé, le Pédalator s'engouffra sous ses draps avant que ne disparaissent les dernières lueurs du jour sur les sommets de Risoul 1850.

Samedi 20 juillet:
Prévoyant une heure de route pour passer prendre Philippe, c'est à 6 heures que j'avais programmé l'alarme de ma montre, mais l'excitation des grands jours en décida autrement et à 5h45 le Pédalator était déjà sous la douche.
Un copieux petit déjeuner absorbé - l'air de la montagne ça creuse - en prévision d'une longue journée, le Pédalator descendais alors sacs et VTT dans sa voiture puis prenais la direction de Briançon vers les 7h, heure où la majorité des vacanciers dormaient encore.
Que c'est beau la montagne lorsque l'on découvre les lumières du jour se levant peu à peu sur les cimes, alors que les dernières brumes du matin s'évaporent peu à peu.
Arrêt à l'Intermaché de Guillestre pour faire le plein; le robinet ne s'arrête pas automatiquement lorsque le réservoir est plein et le gasoil bave sur la carrosserie. Génial, main parfumée au parfum diezel.
Peu après 8h, j'arrivais aux Guibertes où Philippe m'attendait devant la petite église du hameau.
Je charge son VTT et son sac, puis nous prenons la direction de l'Italie en passant par le Col de Montgenèvre et sa petite route où circulent déjà quelques rares poids lourds et des voitures de touristes.
Europe oblige, plus de douanier, reste juste une casemate vide. Passant entre le Mont Chaberton et le Mont de la Plane, nous voici maintenant chez nos voisins Italiens, à Clavière. Nous redescendons maintenant vers Cesana-Torinese, par une petite route étroite, en travaux, où une conduite prudente s'impose à chaque virage et tunnel, l'équivalent italien de notre D.D.E n'étant pas au top en matière de signalisation routière. Pour arranger la chose, les autres conducteurs roulant devant nous ne semblent pas très pressés ou la conduite en montagne n'est pas leur truc.
Dans la vallée, au niveau de OULX, nous laissons la petite route de montagne pour prendre l'autoroute A32-E70, remontant ainsi notre moyenne. Direction Torino maintenant.
J'ai passé ma carte de Suisse à mon copilote Philippe, le parcours y étant surligné en fluo. Celui-ci prévoyait initialement de suivre l'autoroute A4 en direction de Milano, puis de prendre l'A26 peu avant Novara afin de remonter en direction de Stresa par l'A26 que nous aurions alors quitté pour reprendre l'A8 vers Varese, puis la route rejoignant l'A9 menant à Lugano.
Seulement, une mauvaise lecture de la carte et une signalisation routière italienne minimaliste en décida autrement.
Nous voila bien sur l'A26, mais dans le mauvais sens et en train de rouler vers Genova. Demi-tour à la sortie Vercelli, et nous revoilà dans le bon sens, avec 40 bornes de trop au compteur.
Mais c'est trop facile et une autre erreur d'embranchement, nous voila remontant vers Aoste. Rendus prudent par la première erreur, nous quittons l'autoroute assez tôt et corrigeons le tir par les petites routes, traversant de petits villages même pas marqués sur notre carte au 1/400 000 pour revenir finalement, une heure après, sur l'autoroute A4 filant vers Milano, peu avant la sortie ayant causée notre erreur.
Moyennant quelques dizaines de bornes en plus, j'avais repéré sur la carte un autre itinéraire passant près de Milano pour remonter ensuite par l'A9 vers Lugano. Ne trouvant pas l'échangeur de l'A26 initialement prévu, nous avons alors roulés vers Milano pour suivre le plan B.
L'autoroute dans la vallée italienne, c'est un ruban de goudron parfaitement rectiligne et presque plat pendant des kilomètres. Alors que chez nous français les autoroutes, tournent un peu, avec des variations dans la dénivelée.
De plus, la bande d'arrêt d'urgence est inconnue sur l'autoroute italien, la voie de droite côtoyant alors les glissières métalliques on ne s'y attarde pas et l'on roule donc au milieu. Si la vitesse est limitée à 130km/h comme chez nous, la majorité des italiens ne semblent pas pressé et le flux de voitures y roulent plutôt en dessous des 120km/h, à l'exception de quelques grosses voitures italiennes ou suisses qui filent à vive allure sur la voie de gauche, jouant très facilement de l'appel de phares pour vous en déloger.
Autre particularité des autoroutes italiens, pas d'aire de repos dans la nature comme chez nous. Juste des zones étroites pour s'arrêter sur le bord, à peine assez grande pour un semi-remorque. Les seules aires disponibles sont celles incluses dans les grosses stations services, mais pas très champêtre.
Il faut ensuite s'habituer aux voies d'accélération lorsque vous entrez sur l'autoroute. Celles-ci sont très courtes et le torticolis n'est pas loin.
Pour en finir sur le sujet du réseau routier italien, la signalisation est réduite à sa plus simple expression avec de petits panneaux généralement positionnés au dernier moment, sans trop d'avertissement avant, obligeant à une vigilance accrue à l'approche des changements de direction.
Mais revenons sur notre équipage roulant maintenant vers Milano. A partir de ce moment, plus d'erreur de routage à déplorer et nous voila remontant l'A9 vers Como, puis Chiasso. Le flux de voitures s'intensifie, ralentissement et arrêt. C'est le bouchon, à quelques kilomètres de la frontière Suisse. Nous allons ainsi avancer pas à pas durant 45 minutes, avant d'arriver à la douane. Un gus me demande d'aller à droite, alors que d'autres voitures filent à gauche. Qu'est-ce qui veut celui là. Une douanière me fait comprendre de préparer 30 Euros. Bienvenue en Suisse.
On avance, parvenant à la hauteur d'un autre douanier. Je réalise que les 30 Euros correspondent au montant de la vignette autoroute suisse, que je n'ai pas sur mon pare brise. En effet, il n'y pas de péage autoroutier chez eux, mais les conducteurs y circulant doivent avoir cette vignette, sinon amande.
J'ai bien fait de passer au DAB avant de venir, mes 40 Euros vont servir. Je m'acquitte de la taxe, colle le précieux sésame sur mon pare brise, puis nous reprenons la route. Plus de bouchon maintenant, ça roule. Par contre, sur la voie opposée, c'est une file continue de voitures à l'arrêt sur plusieurs bornes. Vivement que la Suisse passe dans le giron Européen.
Nous passons Lugano et sa région de grands lacs, puis Bellinzona.
On s'arrête dans une station pour grignoter un peu et refaire le plein de gasoil, puis nous repartons.
Nous bifurquons à droite, en direction de CHUR. Fin de l'autoroute, nous remontons vers le Col du San Bernardino. Les suisses ne sont pas pressés, je double au gré des virages quelques escargots.
Un long tunnel, puis la route redescend dans la vallée. Un peu d'autoroute avant et après CHUR, puis vient le moment de tourner en direction Davos, nous ne sommes plus très loin maintenant.
Petite route dans la vallée, un panneau indique
Prättigau la région où se déroule le raid. La route monte un peu et nous arrivons sous le soleil à Fideris Station, toute petite bourgade où nous devons retirer les plaques de cadre.
Voiture parking. OUF ! Après 7h45 de voyage. Je ferais pas ça tous les jours.

Des vélos partout, pas d'erreur c'est bien ici que ça se passe.

Après avoir repéré nos noms et numéros de dossard sur un grand panneau listant tous les engagés, nous entrons sous un grand hangar (entrepôt d'une scierie visiblement) où plusieurs files sont aménagées. Pas la foule. Accueil sympa, on récupère notre plaque - cool; y'a mon nom et mon prénom marqués sous le numéro - un barre code à donner au départ, un auto collant (du sponsor assurant les participants) pour apposer sur le cadre du vélo. On montre nos licences, nous donnons notre certificat de conformité du vélo et nous récupérons un petit sac en toile avec les cadeaux et documents des sponsors:

Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (29ko) Dans ce petit sac, on trouve un grand bidon sérigraphié avec le logo de l'épreuve (celui-la, je vais le garder précieusement), un échantillon d'embrocation gel DUL-X pour massage musculaire (j'ai testé; vraiment super), de la pub et un journal -en allemand- sur l'épreuve avec la liste de tous les engagés, le plan et le profil du parcours.
Je récupère aussi une grande affiche de l'épreuve où figure aussi plan et profil du parcours.
Nous retournons ensuite à la voiture et prenons la direction de Küblis. La route remonte un peu, passant dans une jolie gorge étroite, avant d'arriver sur une vallée encadrée par de belles montagnes.
Un champ sur la droite a été aménagé en parking, déjà squatté par plusieurs véhicules et quelques tentes
Nous arrivons à Küblis, des VTT partout, un mini salon avec plusieurs stands. Il y a une course pour les jeunes. Beaucoup de monde se promenant entre les stands.
Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (59ko) Je trouve l'entrée d'un parking et laisse la voiture contempler le paysage des montagnes suisses.

Première étape; trouver un DAB pour retirer de l'argent suisse. On a déjà repéré, en passant dans la rue principale, une banque et nous nous y rendons.
Chance, y'a encore des tunes dans le distri et il accepte nos cartes.
Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (43ko) Nous faisons ensuite une petite balade dans le mini salon, passant entre les stands des différents distributeurs et marques représentées.
C'est bien plus important qu'au Grand Raid Cristalp. J'ai l'impression qu'il y a ici plus de monde. Peut-être le fait qu'une course pour les jeunes soit mise en place le samedi, ce qui n'est pas le cas pour le GRC.
Il y a les grands comme MICHELIN, KONA, SCOTT, CANNONDALE, GIANT, GARY FISHER, UNIVEGA, WHEELER, mais aussi des marques moins connues par chez nous, comme
Canyon ou Stöckli qui présente un T.S. sympa, le DS-7.0 Marathon.
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Paola Pezzo est en train de faire des dédicaces sur un stand. Il y a du monde dans la file.
A l'ombre de la tente du stand SCOTT, une télé a été mise en place et ses représentants y regardent le Tour de France.
Je récupère quelques prospectus, jette un oeil sur le matos présenté.
Le prix des tubeless SCHWALBE semble plus intéressant ici que par chez nous.
Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (63ko) Dans le pré situé au dessus, nous apercevons des banderoles matérialisant la dernière descente avant l'arrivée. Une bonne pente au début en apparence.
Mais Philipe me fera remarquer plus tard que cela doit être le final du parcours 75km car la carte indique que le 120km arriverais plutôt de la droite, ce qui se confirmera effectivement le lendemain.
Il est maintenant temps de rejoindre notre hébergement. La femme de Philippe causant le Teuton s'est chargé de nous réserver une piaule chez l'habitant, à
Panny tout près de Küblis. YaPlusKa trouver notre gîte.
On a vu un panneau indiquant Panny juste en arrivant.
Retour à la voiture, on sort de Küblis, je vais un peu trop loin. Demi tour, car Philippe se souvient avoir vu le panneau juste en entrant dans Küblis. Effectivement, une petite route à gauche indique la direction de Panny. La route monte pas mal, et plus fort encore après quelques virages. Vu le balisage, il semble que la course suive le même parcours demain, ça promet.
Je m'arrête devant un resto et Philippe descend demander des infos pour trouver notre igloo.
Coup de bol, le patron cause le français et lui refile les infos.
La route continue à grimper, devient plus étroite sans possibilité de se croiser, et nous arrivons devant un grand chalet tout beau à 4 étages, nommé
Ferienhaus Relinquenda. Altitude 1370m, soit 560m d'élévation depuis Küblis. Belle grimpette en perspective demain.
Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (16ko) Notre hôte nous accueille très gentiment, parlant peu français.
Elle nous montre notre palace à l'étage.
Un apart avec une grande chambre, une salle de bain-WC, et un beau séjour avec coin cuisine et coin salon doté d'une TV-câble et même la chaine HiFi.
C'est super clean et d'intérieur chaleureux avec les murs couverts de bois.
Le luxe pour un week end, surtout au prix demandé : 60 francs suisse (37€ environ) l'apart pour la nuit du samedi.
En plus on pourra laisser nos affaires, prendre une douche dimanche après notre course avant de repartir.
Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (47ko) Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (32ko)  Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (39ko)  
L'apart dispose aussi d'un grand balcon, en bois ouvragé avec une vue magnifique sur les montagnes environnantes.
Un endroit idéal pour passer des vacances au calme.
Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (92ko) Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (111ko)  Cliquez sur cette image pour voir plus de détails (75ko)  

Nous déchargeons nos affaires, entreposons nos vélos en bas.
Nous montons la plaque de cadre sur nos vélos, une dame ayant aussi son titane dans la même pièce vient nous dire causer une peu. Elle fait aussi les 120km de la course demain, ce sera sa 8ème participation. Pas mal. Une fois me suffira, ne serait-ce que par le long trajet pour venir ici.
Puis nous prenons un peu de repos -bien mérité- avant l'heure du dîner en lisant les journaux et prospectus de l'épreuve.

On y apprend qu'il y a 883 inscrits sur le parcours 120km, dont 20 filles, 12 tandems. Seulement 7 Français seront de la partie, avec Christophe Manin entre-autre. Sur le parcours 75km, ils sont 2345 inscrits, dont 96 tandems.

Vers 19h, nous descendons à pied le kilomètre nous séparant du resto où Philippe s'est rencardé sur notre gîte.
Pas grand monde dans la petite salle, une personne en train de siroter sa bière du soir, une petite famille en train de manger.
Nous prenons place et la serveuse nous amène le menu, rédigé en teuton bien sûr, mais on arrive à s'y retrouver à peu près.
Mary me rappelle de France sur le portable de Philippe (le mien perso n'ayant pas l'option pays étranger). Je sors faire causette tandis que Philippe se commande une mousse, grand format.
De retour en salle, nous commandons une 'Gulaschsuppe' pour commencer ( un bol de soupe au jus de viande, avec morceaux de viande et pommes de terres) et des pâtes pour compléter notre réserve glucidique en vue des efforts de demain.
La soupe est bien bonne et passe comme une lettre à la poste. La serveuse nous amène ensuite une salade de crudités, inclue semble t'il au menu avec les pâtes, puis m'amène ensuite une bonne assiette de pâtes Carbonara.
Avec tout ça on ne risque pas de crever de faim. Nous réglons, 20 Fr pour moi, puis nous remontons vers le chalet en passant par un petit sentier bien raide que l'on aimerait descendre en VTT (ça ne se monterais pas, même pour un Pédalator).
Bonne idée d'être venu à pied, la marche favorise la digestion, surtout après ce copieux repas.

Dans l'apart, nous préparons notre équipement pour la course du lendemain, puis direction le dodo. Le départ étant prévu à 6h35, il faudra se lever encore bien tôt, pour un dimanche.


Dimanche 21 juillet:
Stress ou excitation d'avant grand raid, je suis debout avant même d'être réveillé par l'alarme programmée sur ma montre. J'en profite pour passer illico sous la douche, gagnant ainsi du temps ce qui permet de ne pas avoir à faire la course contre la montre pour se préparer.
Il fait encore nuit mais le jour commence à poindre sur les sommets montagneux. La température est assez douce et le ciel clair est dégagé, orientant mon choix vestimentaire du jour pour l'habit de lumière aux couleurs Biquets, version d'été courte, sans pour autant oublier de glisser un coupe-vent imperméable dans le CamelBak car le temps change vite en montagne. Ce qui se vérifiera une fois de plus dans la journée.
Je laisse la salle de bain à Philippe pendant que je grignote un peu. Pas très faim, quelques petits beurres, une banane et une poche de compote suffisent à me caler.
Le Camelbak reçoit son litre et demi d'eau, ma dose de poudre OVERSTIM.s N°2 -pour épreuve longue durée- y étant déjà placée depuis hier soir. Je place ensuite dans mes poches quelques barres fruits rouges et un bon paquet de tubes de sucres rapides, version à prendre toute les heure, plus quelques tubes Hi-Tense à action plus énergique au cas où un passage à vide me surprendrais après plusieurs heures.
Philippe, pour qui ce sera son premier raid VTT longue distance, s'essaye à la crème anti-frottement pour cuissard. Précaution fort utile sur ce genre d'épreuve si l'on veut diminuer la gêne occasionnée par les frottements sur la selle lorsque l'on passe plusieurs heures sur son vélo.
Pendant que Philippe termine sa préparation, je descends charger nos VTT dans la voiture.
Enfin prêts, nous descendons vers Küblis rejoindre l'aire de départ.
Bien que le l'apart ne soit qu'à 5 bornes du départ, si ma première idée était de rallier le départ en VTT pour s'échauffer, nous préférons finalement rejoindre le départ en voiture, rien qu'à l'idée d'avoir à remonter la route et ses 560m lorsque nous en aurons terminé avec les 120km et +5000m de la course....
Alors que nous descendons, nous croisons des vététistes remontant la route en train de s'échauffer. Il ne font pas semblant et tire franchement sur le cintre. Motivés.
Je trouve facilement une place pour me garer en ville, tout près du départ, puis nous sortons nos montures et commençons à nous préparer. Une petite veste légère sur les bras pour pallier aux 12°C de la fraîcheur matinale, et nous voila roulant pour nous échauffer avant le grand départ.

Des vélos partout, un speaker qui cause que le teuton - on y pige rien -, de l'animation.
Un peu de plat, un peu de montée avec accélérations pour aider le palpitant à monter dans les tours.
La ligne de départ se trouve au milieu de la rue principale mais les coureurs doivent d'abord respecter une mise en grille effectuée dans une rue latérale. La première ligne d'entrée de la grille de départ est réservée aux licenciés et Tandems, ce qui représente moins de 200 coureurs dont nous faisons partie, moi avec mon N°80 et Philippe avec son N°109. Cool, on sera en première ligne, évitant ainsi la cohue de départ. Car derrière il y a la catégorie 'Fun', les non licenciés, soit 713 inscrits. Ce qui est curieux, c'est que Christophe Manin soit en catégorie 'Fun.
Ayant repéré les lieux et peu de coureurs étant à ce moment sur la grille nous refaisons un tour d'échauffement. C'est pas comme au Cristalp où t'as intérêt à te pointer au moins 30' avant ton départ.
L'échauffement sera de courte durée, mais sur 120 bornes et avec la première montée ça sera vite réparé.
L'heure du départ approchant, nous retournons sur la grille de départ. Je demande au gus qui contrôle l'entrée de la première ligne ce que l'on doit faire de notre ticket code-barre. D'après ses gestes, on doit apparemment faire le tour pour le donner. Un bon paquet de vététistes s'entasse déjà Demi-tour donc. Nous repassons au milieu des stands et trouvons le contrôle de départ où un gentil sourire récupère mon précieux code-barre indiquant que je suis bien au départ.
Ensuite nous passons devant le premier point ravitaillement et c'est là que l'on peut déjà juger de l'organisation; le sponsor en produit énergétique,
SportActiVital, met gratuitement à disposition des participants tout ce qu'il faut pour s'hydrater et s'alimenter. Boisson énergétique, en gobelets ou dans des bidons de 75cl tout prêt, sachet de gel à effet plus ou moins rapide (gel transparent ou version genre pâte d'amande molle), barres de céréales ou mélange énergétique. Les coureurs se remplissent les poches. Ayant déjà tout ce qu'il me faut dans les poches, je prends juste 2 sachets de gel pour tester.
On pourrais venir les mains vides, faire son marché au départ en prenant juste un bidon, puis au fur et à mesure des ravitaillements disséminés sur le parcours, jeter son bidon vide pour en prendre un autre plein. C'est ce que semble faire bon nombre de coureurs.
Nous rejoignons ensuite la grille de départ où nous prenons place à quelques mètres seulement de la rubalise. On ne peut rêver mieux pour éviter la cohue des départs en masse.
Le speaker teuton fait monter la pression. La rubalise séparant notre ligne de départ de celle de la catégorie 'Fun' est enlevée et une rue de vététiste se ramène derrière nous. A trois minutes du départ, notre rubalise est enlevée et nous suivons tous une voiture qui nous amène doucement sous la banderolle de départ au milieu de la rue principale.
Le speaker s'égosille dans le micro, incompréhensible pour nous. Il lance une Hola puis le décompte est amorcé. Mes souvenirs de teuton refont surface - les chiffres c'est plus facile à se souvenir - j'arrive à le suivre et prépare mon POLAR.
C'est enfin le départ;
Küblis (814m d'altitude), il est 6h34, alors que le bon peuple dort encore, nous sommes en route pour 6 à 10h de selle.
Les mollets affûtés prennent déjà le large. Je trouve le rythme de démarrage bien rapide pour une si longue distance. Enfin, ça va se calmer rapidos, une fois tourné à droite pour suivre la route qui monte vers Pany.
On roule 800m de plat puis la pente commence. La première grosse bosse du raid, représentant une grimpette de 10 bornes pour 800m de dénivelé positif, en majorité sur la route.
J'ai de bonnes jambes, tant mieux. Je monte tranquillement, mais sans traîner, plateau milieu en tournant bien les jambes tout en évitant de tirer trop gros au début pour ne pas m'user inutilement et préserver mon dos, qui n'aime pas les longues montées effectuée en tirant trop gros. Au début , j'entends Philippe derrière moi "je me cale derrière Pédalator", seul moment où nous serons ensemble car je ne le reverrais qu'à l'arrivée.
Le flux des coureurs s'étalent. Nous roulons 2km puis un virage et une portion plus plane remonte ma moyenne qui stagnait à 11km/h, mais ce moment de répit ne dure que peu de temps et le pourcentage de la pente augmente. Je passe sur le petit plateau pour profiter du meilleur étagement en début de cassette, ma vitesse diminue et oscille entre 8,3 et 10km/h.
Nous passons des virages plus sec traversant des groupements de maisons où les spectateurrs encouragent le flot continu de vététistes avec des Hopp-Hopp typiquement suisse, certains faisant même sonner avec force des cloches à vaches. Sympa l'ambiance.
Je vois déjà les meilleurs qui caracolent déjà en tête à 2 ou 3 lacets au dessus de nous.
Au bout de 5 bornes de montée bitumeuse, nous arrivons au 1er ravito de
Pany (1250m), que je squeeze comme beaucoup d'autres coureurs.
La montée se poursuit ainsi un bon moment sur la route, puis le goudron laisse la place à une piste dont la pente s'aplanie au fur et à mesure que nous approchons du sommet, ma vitesse repasse au dessus des 10km/h, puis des 11km/h, au grand réconfort de mon dos qui commençait déjà à en avoir marre.
Voici enfin la fin de cette première ascension de 8.9km, grimpée en 50 minutes pour 805m de dénivelé. Nous sommes à
Alp Bova. Maintenant c'est le temps de la descente, et peut-être d'un peu de repos.
Nous descendons sur une piste légèrement caillouteuse, puis la pente s'accentue un peu. Plus de cailloux, on tourne à gauche et la piste se transforme maintenant en chemin étroit de 50cm. Au sol quelques gros cailloux nécessitent vigilance et maniabilité.
Le sentier entre maintenant dans un bois de pins, le sol alternant racines et cailloux bien ancrés au sol, quelques sources venant ajouter la touche d'humidité. Quelques passages en léger dévers, déclipsages préventifs. On descend ainsi pendant pendant un peu plus d'un kilomètre. Cette portion de sentier présente dés le début du parcours me donne déjà plus de satisfaction quand je repense au parcours du Cristalp qui est bien plus roulant.
Le Hic, c'est que certains gus devant moi ne semblent pas très techniques et passent leur temps à pied dés qu'il y a une racine de travers. J'en profite pour récupérer un peu, j'aurais bien le temps de passer plus loin, y'a pas le feu au lac, mais c'est dommage pour le sentier. Pour celui qui voudrais 'faire la course', il a intérêt à bien se positionner au début pour ne pas perdre du temps ici.
Le sentier se met maintenant à remonter, de plus en plus, avec des racines nécessitant quelques coups de reins pour passer sans rester bloquer. Ce que ne semble pas savoir faire une partie des gus, qui n'essayent même pas de monter. C'est des routiers ou quoi ! Le sentier s'élargissant, j'en profite pour dépasser ces chicanes mobiles et mettre le large. On remonte ainsi sur 800m avant de se mettre à descendre, toujours sur un sentier en sous-bois. Le sol est plus humide, un passage a même été recouvert de gros copeaux de bois pour nous éviter de barboter. Un paquet de grosses racines à négocier puis nous sortons du bois pour déboucher sur un pré ou j'aperçois une large plage humido-bourbeuse, avec plusieurs traces profondes de pneus. Je fais comme les gars devant et bifurque à droite, passant sous un fil de clôture délimitant le champ, pour retrouver un terrain moins crade et plus roulant. On roule ainsi 50m avant de revenir sur le chemin qui s'élargit pour devenir une piste pus du bitume.
Nous sommes à
Aschuël, point de départ de la seconde grosse bosse du parcours.
La montée commence par un tout petit bout de bitume, puis se poursuit sur une piste dont le sol offre un bon rendement, mais avec une pente moyenne de 9,7%, d'où longue montée petit plateau, à une allure régulière entre 8 et 9km/h. Depuis le début, je roule souvent avec le même groupe de coureurs, reprenant en montée ceux qui m'ont distancés en descente. De charmantes demoiselles rament comme nous dans ces montées interminables.
On commence à prendre de l'altitude et les beaux paysages qui nous entourent servent de récompense à nos efforts.
A
Bärgli, 19ème kilomètre, après 550m de dénivelé positif et presque 6 bornes de montée où mon dos s'est encore manifesté -le mental lui intimant de la mettre en sourdine- le 2ème verpflegungpsoten pointe le bout du nez. Un ravito en français. Bonne occasion de s'arrêter -enfin- de pédaler un moment.
Alors que certains coureurs font l'impasse sur ce ravito, prenant juste au passage un bidon plein après avoir jeté -dans les grands cartons prévus à cet effet- celui qu'ils ont sur leur vélo, d'autres participants comme moi prennent le temps de faire une pause.

La table est bien pourvue, on retrouve toute la panoplie des produits énergétiques du sponsor. J'essaye un sachet de gel pâte d'amande. Pas mal, agréable de goût. Puis un autre de gel à effet plus rapide. On dirait du miel transparent. Pas facile à ouvrir et à manger. Il y a aussi des espèces de petits pains ronds. J'en goûte un, mais ça me branche pas trop car il doit y avoir des figues dedans. J'avale quelques quartiers d'orange, un tube de sucre rapide de ma réserve, et un godet de leur boisson énergétique. Elle n'est pas mal, sans donner l'impression sucrée, ce qui doit être intéressant pour éviter la saturation au sucre qui arrive lors de grandes sorties vélo.
C'est pas tout ça, mais j'y suis depuis déjà 2 minutes et il faut y retourner avant de trop se refroidir.
En selle.
On roule maintenant sur un sentier assez étroit, style GR de montagne, montant progressivement avec pas mal de passages où de gros cailloux nécessitent de passer à pied. Par moment on descend un peu pour traverser un ruisseau au lit caillouteux pour remonter illico en face, ce qui se fait généralement sur le vélo en jouant du mollet et de la technique. Corde que certains ne possèdent pas encore à leur arc.
On remonte sur de l'herbe, ça grimpe bien, puis du plat avant de commencer à descendre, toujours sur ces sentiers d'altitudes parfois si creusés que les pédales touchent de part et d'autres. Et toujours des spectateurs qui nous encouragent de Hopp-Hopp, citant même notre prénom au passage (marque sur notre plaque de cadre), ce qui est bien sympa et motivant.
Sentier, cailloux, un virage à droite sec puis le sentier devient plus large et commence à descendre plus franchement.
Nous sommes à
Carschina, point culminant de la seconde bosse du parcours
Pas mal de cailloux, ça tabasse et je ne regrette pas mon Tout-Suspendu. Moins de cailloux maintenant, virages, la vitesse augmente. Je me fais dépasser une fois, deux fois.
Un vrai parcours VTT ce raid, pas comme le Cristalp tout roulant, ça valait le coup de faire tant de route pour le faire.
Le chemin devient maintenant une petite route goudronnée descendant assez fortement, avec plein de virages sans visibilté. Le compteur s'emballe entre chaque virage, freinage appuyé lorsqu'un panneau indique à l'approche d'un virage se fermant plus fort (en face c'est le plongeon dans le vide). Relance, ça dure un moment cette succession de virage-freinage et emballée du compteur.
Puis on arrive sur une route plus large en légère descente. Je passe la plaque pour la première fois et le petit pignon. Je regrette de ne pas avoir le 11 dents à ce moment, le petit pignon de ma cassette 12-34, version 'montagne', me donnant l'impression à ce moment de mouliner un peu dans le vide. Je file, sans trop forcer, deux coureurs plus pressés me passent.
Déjà 2h40 de vélo et un peu plus de 30 bornes au compteur. J'arrive au 3ème ravito, à
Sant Antönien(1420m), où j'applique le même régime : quartiers d'orange, sachet de gel; godet de boisson énergétique.
Retour en selle, juste 1'15" d'arrêt cette fois ci.
On remonte maintenant 1.5km de route, peu de pente, avant de descendre rapidement sur du bitume, puis sur un chemin pas mal caillasseux. Ca tabasse pas mal. Nouvelle courte portion de bitume pour faire respirer les mains qui fument, puis on remet ça en descente-qui-tabasse. Retour au calme sur un chemin qui nous amène devant le lit d'un torrent, gros tas de cailloux à traverser, puis on arrive peu après au pied d'un pente herbeuse qui monte...beaucoup.
Kilomètre 35, c'est l'heure du portage !
Un sentier à peine marqué dans l'herbe, juste les traces de dérapage des chaussures des précédents. Puis le sentier monte ensuite dans le bois avec plusieurs virages en lacets, quelques grosses marches. La pente est sévère, le vélo bien lourd à ce moment. Arrêt quelques secondes pour respirer un peu puis retour au portage.
Dix minutes de ce régime, 120m de dénivelé positif en marchant, puis la pente se calme, laissant place à un beau sentier étroit à l'ombre des pins. On peut enfin rouler, en montée encore raide qui se passe sur le vélo (sauf pour le gars qui me précédait à ce moment) avec deux passages pour éviter un gros cailloux ou une grosse racine. On monte ainsi de 45m avant de pouvoir redescendre par un chemin pas cassant. Cinq bornes de descente repos avant d'arriver au 4ème ravito, celui de
Saas (990m), au 45ème kilomètre. Voici déjà 3h18 que je roule maintenant. J'avale encore un sachet de gel et quelques quartiers d'orange puis je remets un demi litre d 'eau dans le CamelBak qui commençait à se faire plus léger. Je jette un oeil au mini profil que j'ai emmené avec moi. Maintenant, il devrait y avoir une bosse bien sèche nommée "L'Alp d'Huèz". On se demande pourquoi...
Je remonte sur le vélo, traverse le bled et l'on remonte maintenant sur du bitume un moment avant de suivre une piste montant dans les bois.
La montée est longue, pénible mais régulière, la vitesse de mon compteur stabilisée à 8.9km/h. Je rattrape des coureurs qui semblent commencer à accuser le coup, dépasse une demoiselle - fortes et en nombre les filles en suisse -, plusieurs virages, la pente s'accentue légèrement un moment, faisant repasser la vitesse sous les 8km/h. Un replat, la vitesse remonte un peu, on respire, mais c'est pour mieux remonter.
Il commence à y avoir plein de spectateurs qui nous encouragent dans les derniers virages. Je ne sais pas si c'est la consonance non germanique de mon prénom, mais souvent alors que je roule avec d'autres coureurs c'est vers moi que les encouragements se portent et les spectateurs d'y aller de leurs "Super Jean-Marc", "Hop Jean-Marc". C'est sympa comme ambiance.
Un virage sec à gauche et des piquets au milieu du chemin, séparant en deux files celui-ci par l'intermédiaire d'une rubalise continue, et ça grimpe, et je vois des coureurs qui descendent à vive allure dans l'autres sens. C'est quoi ce truc ? Ils vont nous faire monter pour redescendre ? Genre de truc que je n'aime pas.
Nous quittons le couvert du bois pour déboucher sur un alpage. Une foule importante, au loin une arche gonflable, de la ZicMu et de l'ambiance à la suisse. Je roule sure l'herbe maintenant presque du plat, mais de courte durée car il faut maintenant monter sur l'herbe, et ça grimpe de plus en plus, et je ne regrette pas d'avoir monté ma cassette de 34 dents car c'est tout à gauche que se vont se négocier ces 200m à plus de 13% de pente, à pied pour le gars qui me précédait, tandis que je passe tout sur le vélo. Le français y pose pas le pied !
Il ya une foule dingue ici; on comprend pourquoi, un peu comme les arrivées au sommet du Tour.
La pente se calme et je me ferais bien un ravito, mais niet c'est pas pour maintenant. Il faut descendre le cherche en bas.
Quand même bien content d'en terminer avec cette troisième grosse montée de 9.2km pour 890m de positif qui a quand même durée 1h05.
Allez, descente maintenant. Par la piste, regardant mes collègues de galère monter péniblement à l'endroit où j'étais il y a encore quelques minutes, voyant les autres descendre. Je préfère ma place à ce moment.
On descend par un chemin sympa dans le bois, bien pentu et assez caillasseux au début, quelques virages avec les racines juste dedans, puis on arrive sur une petite route qui descend rapidement en tournant souvent.
Fin de la route et de la descente de 5 bornes. Kilomètre 55, début d'une piste, un point PEDRO'S où je m'arrête pour mettre de l'huile sur ma chaîne et ma suspension qui commence à émettre quelques grincements. Une des dames tenant le stand vient m'aider, asperge la chaîne d'huile pendant que je fais tourner le pédalier. Misère ! Elle en a mis plein sur la jante. Séance nettoyage. Merci, au revoir, 40 secondes.
Je traverse
Kloster-Dorf, remontant sur la route, puis 2,3km plus loin, après être remonté un peu par un chemin à travers champs on débouche sur une grande place où le 5ème ravito est mis en place. C'est Klosters Platz (1210m). J'ai presque 58km au compteur à ce moment et roule maintenant depuis 4h49.
Je profite un peu plus de ce ravito car il commence à faire un peu chaud et m'hydrate bien en avalant encore un sachet de gel, des quartiers oranges et un tube de sucre.
Une grande fille déboule sur son vélo, criant "Wasser ! Wasser !", prends un bidon et file. Pas très sympa, elle fait la course visiblement.
Je repars après 3'40", traverse le pont suivant le parcours qui remonte maintenant.

Un peu de plat, la vitesse flirte avec les 20km/h, puis chute à nouveau sous les 9km/h pendant un moment, le temps de monter par un chemin, puis une piste qui m'amène au 6ème ravito, à
Schifer (1562m), au kilomètre 65 où se fait la séparation entre les parcours 75km et 120km. Je m'arrête juste 1'05" pour m'hydrater puis je file tout droit, sans regret de voir le parcours 75km descendre à droite, car je me sens bien à ce moment. Philippe me dira avoir un peu cogité à cet endroit...
Je remonte une piste, puis un petit sentier de randonnée où de gros cailloux et des mottes d'herbe nécessitent souvent de passer à pied, puis le sentier passe dans l'herbe, avant de se mettre à monter fortement, puis bien raide sur un sol un peu caillouteux. Tout à gauche, j'arrive presque à tout monter alors que mes compères de galère ont préféré depuis le bas du raidillon d'opter pour la marche. Un replat herbeux, on respire un peu, puis le sentier remonte encore dans un encaissement de gros cailloux où l'adhérence me force à faire comme les autres et marcher un peu avant de retrouver un sol adapté au roulage.
Une courte descente et on remonte en face, encore du joli sentier mais pas toujours très roulable à cause des pierres.
Quelques gouttes commence à tomber, très espacées. Le ciel est gris, tendance pluie. Alors que nous avons bénéficié depuis le début d'un ciel parfois voilé, masquant le soleil et nous évitant ainsi les longues montées dans la chaleur.
En montant une piste, j'ai un peu la tête dans le guidon et manque de rentrer dans un fil de clôture barrant le chemin, le balisage de notre parcours indiquant de descendre dans le pré à droite. Un randonneur en VTT passe le fil et continue tout droit.
Nous suivons la marque des passages répétés de VTT dans l'herbe, descendant un peu avant de remonter légèrement.
Une ferme, des animaux au dessus, on va passer en dessous, à quelques mètres d'un parc à cochon, et c'est plus de l'herbe mais une mélasse eau/boue et autres liquides provenant de la ferme. Autant dire un bon bourbier bien crade que l'on passe sur la pointe des pieds, cherchant à ne pas s'y enfoncer. Le sol redevient solide, de la bonne herbe bien propre, le chemin remonte maintenant... sur la piste où je retour notre randonneur de toute à l'heure. Ils auraient quand même bien pu se passer de nous faire passer par ce bourbier .
La montée se poursuit par une piste puis par un sentier qui monte encore un moment, alternance de passages roulants et de zones pédestre en raison des gros cailloux, de trous et de mottes d'herbe.
Il commence à pleuvoir une petite pluie et un vent frais se fait sentir au fur et à mesure que je me rapproche du sommet.
Vient la descente, sur le sentier puis dans l'herbe mouillée et glissante. Je passe sur le vélo un coureur pas très rassuré en train de descendre à pied.
Une zone humide et boueuse, trois planches mises en enfilade pour nous permettre de passer sans nous enfoncer dans la mélasse. Sympa. Je monte sur la planche, boueuse, mes pompes glissent et ça descend tout seul.
Retour sur l'herbe. Fin de la descente, on débouche sur une piste qui remonte. Il pleut encore, par intermittence. Pas chaud.
Une courte descente rapide puis il faut remonter encore, sur une piste qui débouche sur une route qu'il faut remonter.
Ils nous font encore le coup de la montée/descente ! Des plots en béton avec des piquets matérialisent la séparation de la route en deux. Je monte, pendant que d'autres descendent à vive allure. Font ch...

   Un kilomètre de montée sur le bitume, virage à gauche, chemin, descente et voici le7ème ravito, au Berghaus-Heuberge (1939m). J'ai alors 76km au compteur et déjà 6h43 de VTT dans les jambes.
Je vais m'arrêter 5'30" à ce ravito, le temps d'enfiler mon coupe vent imperméable en prévision de la longue descente qui s'annonce et parce qu'il commence à faire frais avec la pluie intermittente.
Une dame du ravito me propose du bouillon chaud. Super, du salé et chaud en plus.
J'aspire quelques quartiers d'orange, avale un tube de sucre, avale un godet de flotte puis remet de l'eau dans mon CamelBak.
Les ravitos sont pas mal, mais on se mangerait bien des spécialités de la région, genre charcuterie.
Allez, faut pas se refroidir, j'y retourne. On a une grande descente maintenant.
Retour au bitume pour 5 bornes de descente très rapide, puis il faut remonter 500m d'une bonne pente avant de replonger dans la descente, par des sentiers qui tabasse bien pour commencer, puis sur des chemins plus roulant avec de larges virages où l'on peut prendre des appuis sur les bords. Cool, plaisir.
Mais voici déjà le 8ème ravito, à
Pragg-Jenaz (740m), à 85km pour mon compteur. Je ne m'y arrête que 35", le temps de boire un coup, puis en route.
On descend un peu, puis on roule dans la vallée entre un grillage en bordure de route et la rivière qui coule à notre gauche. C'est plat, juste un peu de vent de face, mais un gus roule devant moi et je reste derrière à l'abri. On parcours ainsi un kilomètre avant d'arriver à un pont nous permettant de traverser la rivière au sec, pour prendre en face un beau petit sentier montant dans un bois, mais... à pied car la pente est vraiment forte et bien que certains passages pourraient se faire sur le vélo si nous étions dans un meilleur état de fraîcheur, on préfère pousser le vélo. Cela dure quand même 300m pour 95m de dénivelé.
Le sentier terminé, il faudra remonter une piste alternant passages roulants et bonne pente qui calme avant de parvenir au 9ème ravito, à
Buchen (950m), soit 92km à mon compteur. Trente secondes d'arrêt pour boire un godet et je file.
Le soleil est de retour et il commence à chauffer.
On se paye maintenant une remontée de 3,5km sur la route, et ça monte plutôt fort mais régulièrement. Je dépasse des coureurs qui semblent déjà bien à point. Au bout de 19 minutes, je vois un ravito liquide et vais m'y arrêter 1'40", le temps d'enlever mon coupe vent qui devient insupportable sous le soleil, et d'avaler un godet de flotte. Retour en selle, poursuite de la grimpette. Je repasse des gus qui ne se sont pas arrêtés à ce ravito. Fait chaud, ça monte, ça me dégouline du casque, nez dans le guidon je regarde ma cassette et la route défiler.
Au bout d'un bon kilomètre, un autre ravito liquide, juste avant le sommet. Nouvelle halte, un godet dans le gosier. Il faut bien boire pour éviter les crampes. Allez, en selle. On vient de se farcir la dernière grosse montée, soit 645m de dénivelé positif sur 7,3km, à 8,5% en moyenne.
Super, une descente, et bien rapide en plus. Le compteur passe les 67km/h. Un peu plus de six bornes pour se refaire car si mes souvenirs sont bons, le profil du parcours indiquait une petite remontée suivie d'une descente vers l'arrivée.
Effectivement, après un peu de chemin assez roulant dans les bois, on débouche sur une route qu'il faut remonter. Le haut semble arriver, mais ce n'est qu'un replat avant que la route ne descende rapidement pour se mettre à remonter encore, moins de 10km/h au compteur.
Terminée la grimpette, on roule à plat vers
Fideris où se tient un ravito que je bypass.
On roule sur un chemin puis il nous faut encore remonter un peu sur le bitume. Commence à me gaver ces montées. Un autre coureur devant moi , je vais essayer de revenir sur lui. Suspensions bloquée, nez dans le guidon, je regarde la route défiler en maintenant une allure soutenue. Le gus ne semble pas vouloir lâcher car il se retourne de temps en temps et monte en danseuse en y mettant du jus. Je vais pas me faire mal pour ça.

Un peu plus loin, je reviens un peu sur lui, alors que nous roulons sur un chemin assez roulant, puis nous suivons un petit sentier passant entre les herbes. Le sentier oblique puis se met à monter dans le bois. Le gus a pris de l'avance.
Maintenant c'est une descente dans le bois, large sentier bien agréable et rapide, la dernière descente menant à l'arrivée où j'arrive enfin après 8h47 de vélo, soit 2h de moins qu'au Cristalp.
Philippe est déjà arrivée et m'attendait depuis un quart d'heure. Il s'est un peu râpé le bras et abîmé le doigt en faisant une chute sur la route mais ça va.

Ne trouvant pas de ravitaillement d'arrivée, nous retournons à la voiture, puis remontons au chalet profiter d'une douche bien méritée. Un peu de repos, puis nous levons le camp à 17h, car il nous faut maintenant rentrer en France.
Retour sans erreur de pilotage, suivant l'itinéraire initialement prévu. Juste la traversée de Milan non prévue. Route pénible lorsqu'il fallut remonter la petite route de montagne en travaux, de nuit. Finalement, après 6h de voiture, un arrêt pour manger un sandwich et un Magnum, je déposais Philippe aux Guibertes avant de m'en retourner vers Risoul 1850 où j'arrivais après minuit. Les affaires et le VTT à peine posés, au lit directos.

Pour conclure  : 
 Beau parcours, technique et bien physique, beaux paysages.
 Y venir bien entraîné, le dos en forme, si possible en Tout-Mou.
 Ravitos corrects, bon balisage, bonne organisation.

Dans la série Raids étrangers de même distance :
 Début juillet,
Dolomiti Superbike, un raid marathon VTT de 111km pour 3000m de dénivelée.
 Fin septembre,
Saint Wendeler MTB Marathon (110km/2500m)

      Pédalator   23/07/2002

Profil du parcours 120km

Cliquez sur le profil pour le voir plus en détails (47ko)
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Les données de Pédalator

  CM414 Alti M POLAR S710
Temp roulé : 8h30' 8h12'
Temp total (incluant arrêts ravitos...): 8h48' 8h47'
Moyenne: 12,8km/h 13,2km/h
Vitesse max.: 66,6km/h 67,1km/h
Distance (2030mm): 109,24km 108,7km
Dénivelé (5000m annoncés): 6104m 4705m
Départ : - 6h30
Température Min/Moy/Max: 12/17/24°C 16/22/28
(au poignet)
FC Moy/Max: - 150/178
Période échantillons: 20 sec. 5 sec.
Fichiers échantillons : TUR HRM

  Pneux :
     AV = SCHWALBE Jimmy Light UST,  2.10", gonflé à 2.4 bars.
     AR = MICHELIN COMP-S UST, 1.95",           gonflé à 2.4 bars.


  CLASSEMENT:

Bart Brentjens 5h45'15" 1er 20,854km/h
Philippe LABRUNE 8h32'05" 228 14,060km/h
Jean-Marc LEMAIRE 8h47'59" 286 13,636km/h
Le dernier 12h46'44" 636  

Le Budget

Briançon (05)   => Küblis (Suisse) = 7h45
Küblis (Suisse) => Briançon (05)   = 6h

        Divers

  PRIX DESCRIPTION
Vignette Autoroutes Suisses 30€ 
Hébergement 60 Fr Nuit du samedi 20/07. Pour 2 personnes
Restaurant 20 Fr samedi 20/07, Dîner
Bouffe 8,35 Fr Dimanche 21/07, station service

        Péages,Carburant

  A/R PRIX DESCRIPTION
Péage R 4,00€ 22h08
Péage R 3,10€ 21h40
Péage R 0,80€ 21h30
Péage R 6,60€ 20h53
Gazoil R 27,06€ INTERMARCHE - Guillestre
Gazoil A 43FrSuisse

L'Hébergement

Pour ceux qui recherchent un hébergement tout près de Küblis, je ne saurais que trop vous recommander l'adresse suivante où nous avons passé le week end:

"Ferienhaus Relinquenda"
Fritz Kleinert
Relinquenda - 7243 PANY - SUISSE
081-332-31-52
fritzkleinert@bluewin.ch


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