la plaque de cadre de Pédalator

La Ronde des Loups

14/07/2011 - (76) Louvetot

Rando VTT 94km


Loup Ravissant

En effeuillant les pages du site de La Troglodyte j'ai découvert par hasard sur leur calendrier une randonnée VTT
organisée par le club LUNERAY CYCLO CLUB - VTT affilié FFCT au départ de Louvetot dans le 76,
terrain où je n'avais pas encore posé les crampons du VTT. Les épreuves qui se déroulent dans ce département,
comme La Troglodyte, L'Oxybike et l'ex Tour de Rouen, m'ayant laissé de bons souvenirs, un oeil jeté sur la page
présentant La Ronde des Loups suscita mon intérêt de par les informations, photos, témoignages des participants
de la première édition en 2010, tout ceci confirmé par quelques infos glanées auprès des locaux qui m'en dire du bien.

J'ajoutait donc cette épreuve sur le calendrier de mon site en date de la fête Nationale du 14 juillet,
bien décidé à aller découvrir en ce jour férié la 2ème édition de cette randonnée VTT,
même s'il fallait pour cela réveiller le coq pour rallier le soixante-seize.


En ce début de semaine j'ai du mal à me motiver pour aller rouler, alors j'ai ressorti les pompes de running pour aller courir une grosse demi-heure dans le bois, avec quelques bosses à la clé. Nul doute que pour une reprise les courbatures seront au rendez-vous les jours suivants.

Mercredi soir j'ai nettoyé et préparé le SPARK, puis préparé toutes mes affaires pour anticiper un levé matinal. Franck qui était initialement intéressé pour venir rouler là-bas s'est finalement désisté, fatigue du boulot en fin de semaine le poussant à récupérer du sommeil. Idem pour Fred qui en mission feux d'artifice avec sa petite famille se voyait mal devoir se lever avant l'aurore. Pô grave, j'irais seul, j'ai envie de rouler là-bas.

J'ai rejoint la couche assez tôt pour amasser quelques heures de sommeil en prévision du levé matinal

Dimanche 14 juillet

Il est 4h30 lorsque le réveil m'extirpe de mes rêves, opération aisée car je ne sens pas fatigué et la motivation d'aller rouler doit générer la dose d'adrénaline suffisante pour booster le bonhomme. Une heure plus tard je quitte le garage, GPS programmé pour rallier au plus court Louvetot via l'A13, soit 1h50 de trajet en prévision. Celui-ci sera en fait un peu plus court, bénéficiant de peu de trafic sur l'autoroute en dehors de quelques voitures partant en week-end prolongé. J'arrive peu après 7h sur le terrain de foot de Louvetot où quelques voitures sont déjà garées sur l'herbe. J'aperçois quelques têtes connues du 78.

Je passe m'inscrire aux tentes pour le grand parcours de 94km, laissant 10€ (8€ + 2€ pour inscription sur-place). En échange on me donne une plaque de cadre souvenir (500 disponibles), les attaches et un numéro d'urgence.

Je discute un peu avec Jean-Marie et Oliv' de Normandie Chlorophylle qui profitent du café d'accueil, puis retourne me préparer à la voiture. Fait pas bien chaud, vent frais égal manchettes + coupe vent sans manche pour débuter.

Oliv' et Jean-Marie (Normandie Chlorophylle)

Tout le monde prêt, nous démarrons avant 7h20, le dernier départ des grandes distances étant prévu pour 8h.

Le parcours débute par une liaison de 2km sur petite route plane traversant la campagne, tournage de jambes pour s'échauffer et se réchauffer, ce qui nous mène rapidement en Forêt Domaniale du Trait-Maulévrier où les choses sérieuses commencent; les 18 premiers kilomètres du parcours sont plutôt physiques, avec notamment plusieurs longues bosses dont une majorité peuvent se passer en 32x32, une ou deux autres bosses plus soutenues s'abordant par prudence sur le petit plateau pour gérer la distance, mais faisable avec des mollets en forme. Je ressens encore les courbatures de mon footing d'avant hier, alors j'y vais progressivement. Le parcours emprunte des chemins forestiers, des sentiers filant entre fougères et herbes hautes, la végétation en cette période est luxuriante et embelli notre périple.

Au début je roulais de concert avec Jean-Marie et Oliv', menant bon rythme mais sans forcer pour gérer la distance (surtout que Jean-Marie s'était tapé 100 bornes dimanche dernier sur la MB-Race). Aux premières bosses Oliv' a levé le pied et poursuivi à son rythme, je m'esquive progressivement devant avec Jean-Marie, menant la danse dans les montées, puis je prendrais peu à peu de l'avance pour le perdre de vue avant le premier ravito où il s'est un peu gourré en suivant le mauvais balisage.

Jean-Marie en termine d'une longue bosse

Ce début de parcours comporte plusieurs descentes rapides -il y en aura pas mal tout au long de la matinée- dont certaines nécessite de ne pas lâcher trop les chevaux, car de petites ornières, des bancs de silex, des bouts de branches couvrent le sol des chemins par endroit. Des restes d'exploitation forestières sont aussi éparpillés dans l'une de ces longue descentes. Le parcours évolue essentiellement en milieu forestier, j'y retrouve un peu l'esprit et le type de terrain de La Troglodyte et de l'Oxybike en ce début de parcours, avec quelques sentiers un peu techniques tournicotant entre les arbustes, de courtes descentes de talus, des remontées entre les bruyères, des chemins reposant entre les fougères, des bosses longues. La fréquentation est moindre en ces lieux car les chemins sont parfois bordés de végétation que l'on doit éviter au passage.

Le balisage est bien fait, mêlant grosse rubalise bleue bien visible, petits panneaux fléchés 'Ronde des Loups' aux changement de direction, flèches orange fluo au sol, panneaux aux croisements des différentes distances. La sécurité est assurée aux traversées des routes plus dangereuses par des bénévoles, un bon point pour cette organisation qui en est juste à sa deuxième édition.

On sent que le parcours est tracé par des vététistes, qui ne rechignent pas à l'effort, savent dénicher les passages intéressants, voir en aménager de nouveaux comme sentiers et descentes, sachant tirer parti des particularités du terrain, agrémenté d'une touche touristique. En une matinée je ne me suis jamais ennuyé, appréciant la variété des terrains, paysages, chemins et sentiers parcourus.

Les grands parcours ont des parties communes avec les plus petites distances, ainsi lorsque je dépasse de petits groupes de vététistes, il m'arrive souvent de les repasser de nouveau un peu plus loin; ça permet de retrouver un peu de monde, car sur les bouclettes spécifiques du grand parcours j'étais souvent seul, dépassant parfois un esseulé.

Le parcours redescendait vers la vallée Ste-Gertrude, pour remonter en forêt vers un plateau où devait se trouver, passé le 20ème kilomètre, le 1er ravito près de la Maison Forestière de la Haie des Prés. Mais il devait y avoir un aller/retour à faire pour y parvenir, car j'ai hésité en voyant au sol une seule flèche marqué ravito, des vététistes venant de la droite et repartant dans le chemin d'en face. J'ai suivi ce flot, pressentant que j'allais louper le ravito mais j'avais des réserves ventrales et pas effectué encore assez d'efforts pour ressentir le besoin de faire une pause. Le parcours longeait le fil électrifié bordant un champ durant 720m, sol particulièrement bosselé avec ornière où j'ai remonté une dizaine de vététistes, appréciant mon Tout-Mou là où les Semi-Rigides en prenaient plein le dos.

Peu avant un Pchiiit rotatif avec expulsion cyclique de préventif m'indiquait que la roue avant venait de subir l'assaut d'in silex ou morceau de verre affuté -chiotte- mais j'ai continué à rouler et quelques minutes plus tard le Notubes avait son effet, bouchant l'orifice indélicat. Je me suis arrêté quelques instants, le temps de regonfler le pneu avant, puis suis repartit sans avoir besoin par la suite de refaire l'appoint. Cool ce liquide miracle.

Le parcours passé le 20ème kilomètre devient plus calme et plat, suivant de petites routes traversant la campagne, paysages de fermes, maisons normandes, les bovins ruminent, j'ai l'impression de me retrouver sur des passages du Raid de la Suisse Normande,  puis on redescend vers le Manoir du Perroy, petite route et l'impression d'entrer dans une propriété privée, passant devant l'écurie, pour traverser un pré en herbe où j'aperçois en face le balisage qui nous mène à l'assaut d'un court portage. J'essaye bien d'en monter un peu sur le VTT, mais au bout de 10m il faut bien se résoudre à porter le VTT, pas longtemps car la pente s'adoucit un peu et la montée dans le pré en herbe redevient possible en VTT. Cette incursion en domaine privé du parcours nous mène dans  un petit bois où l'on grimpe pour aller suivre des sentiers tracés visiblement pour l'occasion, un peu de repos sur chemin, descente de talus terreux pentus amusante, retour quasi au point de départ, pour repartir à droite en longeant une petite rivière qui nous mène vers Rançon.

Petite gâterie bucolique

Le parcours nous réserve encore quelques bonnes grimpettes sévères, puis des chemins agréables dans le Bois de St-Jacques pour rallier le joli village de St-Wandrille-Rançon, avec la belle Abbaye de Fontenelle. On délaisse le bitume pour entrer dans une sente, le Chemin de la Messé qui monte via un escalier en paliers constitués de 2 petites marches et un replat. J'arrive à en monter la moitié, puis les replats se raccourcissant, ma roue avant bute et je termine à pied. On monte ensuite en sous-bois, le parcours alterne chemins, bosses, puis une longue remontée vers un plateau de plaine, période de répit de cinq bornes sur petite route de campagne, chemins et sentiers en forêt , puis belle descente en virage pour revenir coté Seine, faire quelques montées-descentes en sous-bois, puis redescendre vers Caudebecquet, suivre des sentes. Auparavant dans une longue descente rapide en sous-bois j'ai vu un petit groupe de vététistes d'un même club, entourant un des leurs couché au sol. Au passage en ralentissant pour m'enquérir d'un "ça va?"  j'ai entendu les mots "côte cassée" : pas cool pour le pauvre gars. Comme ses amis appelaient l'organisation et qu'il y avait du monde j'ai continué, puis indiqué la chose en arrivant au ravito suivant; les pompiers arrivaient.

pont de Brotonne

Un peu de cheminement sur le bitume urbain pour passer sous le pont de Brotonne, remonter ensuite vers le massif forestier suivre chemins et sentiers agréables, ponctué de quelques bosses bien sûr, puis des chemins plus calme qui nous mène au 2ème ravito (le premier pour moi), situé un peu loin puisque j'ai alors 51km au compteur. Celui-ci je m'y arrête et profite de la variété des victuailles présentées sur les tables pour me refaire une santé. Les bénévoles y étaient très accueillants, comme durant toute la matinée.
En fait ce ravito servait aussi de 1er ravito, celui que j'ai loupé au début.

Le parcours repartait ensuite en poursuivant en forêt, belle descente ludique en lacets, puis long escalier de petites marches répétitives nous menant à Caudebec-en-Caux, là ont y suivait quelques rues et ruelles, puis une bouclette sur chemin plat et humide par endroit, puisque longeant un ruisseau, nous menait traverser -via un ponton en bois- une zone marécageuse, pour revenir ensuite dans le rues au pied d'une partie de parcours où les montées-descentes allaient revenir à l'ordre du jour sur de beaux sentiers tracés dans les coteaux des bords de Seine. Un court moment de répit bitumeux, puis près de La Martinière on attaque une longue remontée, débutant par un sentier étroit longeant la falaise, quelques piquets/rubalises et panneau recommandant la prudence (trou et gaz à tribord sur 10m), puis le sentier s'élargit un peu et monte régulièrement sous une arche de verdure, sorte d'allée bordée d'arbres en corniche donnant l'impression des sentes muletières de montagne, joli passage.

Le sentier en corniche

Un peu plus loin le parcours longe quelques instants la Seine, courte période de répit avant d'attaquer une belle mais sévère remontée dans un chemin encaissé où le sol couvert d'un épais tapis de feuilles et quelque débris éparses rendait la progression difficile. Nous allons cheminer dans les bois près de Villequier, avec de beaux chemins et sentiers, des descentes rapides, de la montée couillue, puis du chemin plus reposant, passant devant un gros champignon taillé dans le bois massif, qui m'amène au 3ème ravito situé après le kilomètre 67, où je fait halte, une petite faim se faisant sentir; normal il presque midi. Trois sympathiques représentantes de la gente féminine tiennent le ravito et attendent le client, qui se fait rare étant donné qu'il est juste commun aux grands parcours 70/94km. Je grignote quelques sucreries et me réhydrate, donnant mes impressions très positives sur le périple déjà effectué jusqu'ici. D'ici on a un beau point de vue sur un coude de la Seine.

vue sur la Seine Drôles de Dames
11:56 Point de vue sur La Seine depuis le 3ème ravito

Peu après le ravito une descente nous amenait au pied d'une bonne gâterie de 500m, débutant par une remontée dans le passage d'un ruisseau, puis sur un sentier grimpant un peu plus, puis la pente augmente, le sol terreux est parfois limite glissant et lézardé de racines. Mon pneu arrière rippe sur une racine et je dois pousser 2m pour passer une zone de racines humides. Retour en selle pour attaquer la suite de cette montée impossible -spéciale Ludo- genre de mur dont ont aperçois le bout, tout la haut, avec une pente qui atteint 24% sur les 100m que j'arrive à gravir bien posé sur l'extrémité du bec de selle, puis le vélo commence à cabrer et je dois me résigner à passer en mode portage, au moins 100m bien pentu, puis la luminosité grandie en approchant de la lisière du bois, je repose le VTT et repart.

Le parcours redevient plus calme en cheminant sur des chemins et petite route de plaine campagnarde, vent de face mais pas trop fort, on progresse ainsi vers St-Arnoult où je vois un autre ravito. Il est tellement proche du précédent (3,6km) que je ne m'y arrête pas. Plus loin une descente rapide nous mène vers le bois de St-Arnoult, on y longe le bord par des chemins et sentiers jouant les montagnes russes, puis un chemin plus calme nous ramène en descendant vers la vallée de St-Gertrude où l'on commence une longue remontée de plus de 2km à travers la forêt. Je commençais à regarder mon compteur et calculer qu'il me restait encore 10 à 15 bornes à faire quand on ressort du bois pour retrouver le chemin puis la petite route suivie au départ, ça sent l'écurie, encore 2 bornes et me revoici au stade de Louvetot, avec seulement 83km au compteur; soit j'ai loupé une boucle, soit leur parcours était plus court que prévu, ce qui m'arrange pour ce matin. En tout cas coté dénivelé positif on a quasi le compte annoncé : j'ai +2112m pour 2120 prévus.

Je range le spad dans le break, me change, puis vais profiter du sandwich pâté et la boisson offerte encollation d'arrivée. Comme j'ai de la route à faire pour rentrer, je ne m'attarde pas et quitte le stade. A ce moment j'aperçois Jean-Marie. Je m'arrête quelque instants, il s'est gourré au 1er ravito et a refait une boucle pour avoir un peu de distance. Oliv' n'est pas encore arrivé, alors je m'en retourne vers les Yvelines où je retrouve Mary qui de son coté a fait une bonne sortie sur route de 155km avec Franck.

Voilà, une bonne matinée s'achève, je ne regrette absolument pas de m'être levé à 4h30, d'avoir fait 295km A/R de voiture, dépensé 14,60€ de péage et du coco, pour venir découvrir ce coin au travers de cette belle randonnée : beau parcours, varié, mariant tous les aspects du VTT, paysages, longues bosses, montée impossible, quelques portages courts, des passages un peu technique, du ludique, de nombreux jolis sentiers, des périodes de récup, moult descentes rapides, en lacets, dans la pente de belles buttes, de longs escaliers. Quelques gués, des escaliers en montée, d'autres en descente, du marais, des virages an lacets, des marchounettes, de petits ponts, quelques toboggans. Un tracé majoritairement en sous-bois, avec des sections bucoliques, champêtres, de bons ravitos (qui demanderaient à être mieux espacés), une sécurité assurée aux traversées des routes majeures. Un tracé effectué par des vététistes qui savent bien exploiter leur terrain de jeu, n'hésitant pas à créer ou remettre en état de nouveaux passages.  J'ai retrouvé sur cette rando l'esprit de l'ex Tour de Rouen, ainsi que des passages similaires à celui du Raid de la Suisse Normande, de La Troglo (en plus soft) ou de l'Oxybike, la végétation verdoyante enjolivant le tracé. Bref du bon, à découvrir.

Pédalator


Profil du parcours 94km

Profil du parcours 90km

Les données de Pédalator

ParamètresPOLAR
CS600
GARMIN
Edge800
Départ :7h19'427h19'42
Temps roulé :5h12'165h09'19
Temps total (avec arrêts):5h33'39 
Moyenne:16.5 km/h16.1 km/h
Vitesse max.: 50.3 km/h47.0 km/h
Distance:85.7 km83.0 km
Réglage compteur :2025 mm-
Dénivelée positif cumulé:+2035 m+2112 m
Dénivelée positif TrainingCenter-+2099 m
Dénivelée positif CartoExploreur-+2111 m
Dénivelée négatif cumulé :-2050 m-2108 m
Dénivelée négatif TrainingCenter:--2095 m
Température Min/Moy/Max:11/16/21°C-
FC Min/Moy/Max:68/150/181Sans ceinture
Calories3427 kcal2714 cal
Période échantillons :5sAuto
Démarrage compteur :manuelAuto
Fichiers échantillons11071401.hrmTRK
!!! Propr. privées
Distance/dénivelée annoncés :22 km (+385m)
42 km (+800m)
60 km (+1270m)
70 km (+1620m)
94 km (+2120m)
GPS Firmware Revision -2.20
Vélo du jour :SCOTTSPARK07 
Pneumatiques : 
Avant :CONTINENTALMountain King26"x2.20"1.8 bars2030mm  
Arrière :MAXXISRanchero LUST26"x2.00"1.9 bars  
Suspensions : 
Fourche :ROCK-SHOXREBA World Cup82/84Psi100mm débattement
Amortisseur:DT-SWISSNudeTc92Psi 
Transmission :22/32/44 et 11-32   

A Lire, à voir

Le site du club organisateur : LUNERAY CYCLO CLUB - VTT

La Ronde des Loups

un petit CR et une vidéo sur Turtle Bike


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Dernière mise à jour : mardi 19 juillet 2011 20:40

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