la plaque de cadre 2010 de Pédalator

La Granit'Montana Ultime

20/06/2010 - (87) St-Sylvestre

Raid VTT 71km

Approved !

Le Granite se mérite

Bien qu'il nous tienne particulièrement à coeur, cette année nous ne descendrons pas faire le Raid des Terres Noires,
nous irons plutôt découvrir une nouvelle région, les Monts d'Ambazac où se déroule la première édition de La Granit'Montana
organisée par l'Ambazac Sprinter Club sous l'égide de la FFC.
Tracée sur des terrains boisés et fortement vallonnés, cette épreuve annonçait clairement la couleur,
s'adressant aux pilotes complets et bien entraînés amoureux du vrai VTT sur un parcours de 71km pour 3000m de positif,
avec juste 3% de goudron et 80% de monotraces ; ça c'est pour nous, alors on y va


Ce petit déplacement nous donnera l'occasion de revoir Thibaud et Delphine qui résident non loin de Limoges. Nous avons d'ailleurs croisé Tib en début d'année à La Garoutade où il était accompagné d'Aurélien (auré du bois) le maître traceur de La Granit'Montana; Tib le connaissant bien et roulant avec lui nous avait chaudement recommandé de venir découvrir cette nouvelle épreuve, les Monts d'Ambazac étant leur terrain de jeu en VTT.

Comme les places étaient limitées à 400 participants, pour être sûrs d'être de la fête, le 4 février (jour qui m'a vu naitre) j'ai posté nos deux inscriptions, à raison de 22€ par tête dont 9€ pour le plateau repas, somme correcte au regard des prestations offertes comparé à d'autres évènements vététistiques.

La météo ne nous gâte pas en ce mois de juin 2010, même le sud est copieusement arrosé. Un coup d'oeil aux dernières prévisions laissait apercevoir une embellie probable pour ce dimanche du coté du huit-sept. Tib et les organisateurs nous ayant indiqué que le terrain ne serait pas boueux, j'ai chaussé nos SPARK de pneus polyvalents.

Vendredi soir il n'y avait que 80 inscrits sur le Raid 71 km, 61 sur le 51 km et 22 sur le 36 km, soit 163 préinscrits; même pas la moitié des 400 places disponibles, c'est pourquoi l'organisation accepterait les inscriptions sur place dimanche matin, alors que cela n'était pas prévu initialement. Sans doute l'effet conjugué d'une météo 'humide' ces derniers temps, d'une première édition et du niveau de difficulté élevé annoncée sur les supports de communication.

Samedi 19 juin

Nous quittons les Yvelines à 7h26, sous une petite pluie. Celle-ci s'arrêtera au niveau de Châteauroux sur l'autoroute menant vers Limoges, le ciel gris clair est parfois chapoté de gros nuages sombres d'où émanent quelques goutasses. Nous arrivons dans le petit village de nos hôtes, où nous retrouvons le maître de maison en train de karchériser le perron du manoir de la Tib'auderie.

Retrouvailles et palabres en leur chaleureuse chaumière où nous avons été très gentiment invités pour le week-end, gastronomie locale-maison au menu. L'après-midi nous partons tous ensemble faire un petit tour de VTT jusqu'à la rivière La Briance, leur puce royalement convoyée dans la chariot tractée par pôpa Tib sur les petites routes et chemins des environs. Une petite pluie nous aura accompagnée une bonne partie de la sortie, détente physique bénéfique pour nettoyer nos paires de guibolles après les quatre heures de voiture effectuées ce matin.

Le soir le chef nous fait découvrir la spécialité limousine, qu'il a été chercher exprès pour nous à plusieurs dizaines de kilomètres de là; le pâté aux pommes de terre, une pâte briochée enrobant de fines lamelles de pommes de terre entourées d'une sauce crème fraiche et vin blanc. Délicieux !

Alors que nous gagnons le lit, le bruit d'une petite pluie retenti sur le velux, pourvu qu'elle nous oublie demain.

Dimanche 20 juin

Réveillés à 6h pour la bonne cause, sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller la puce je rejoint Tib au petit déjeuner, où j'avale un quart du GatoSport restant de la Trans'. Nous rechargeons la voiture et passé 7h quittons la gentilhommière pour rejoindre le village de Saint-Sylvestre. Le ciel est bien chargé par endroit mais il ne pleut pas et nous roulons vers les Monts d'Ambazac où l'horizon semble plus dégagé. Il ne fait pas bien chaud, seulement 7°C au thermomètre et il parait que demain c'est l'été !

Moins d'une demi-heure plus tard, après avoir suivi les petits panneaux VTT indiquant bien les derniers kilomètres vers l'accès au lieu de départ, on se gare à 7h25 au bout de la rue menant au cimetière, non loin de la salle où l'organisation a monté le camp. Il y avait aussi un autre parking aménagé dans un pré. Bonjour aux têtes connues, des copains de Tib, des franciliens comme Sébastien ($eboss) le cochon rose du 95, Rogntudju du neuf-deux en tout rigide, Francky sur son SPARK, ainsi que des provinciaux comme le grand crazymountainbiker.

On rentre dans la salle récupérer nos plaques de cadre, l'accueil des bénévoles est chaleureux, il y avait même largement de quoi grignoter pour ceux qui n'auraient pas eu le temps de petit-déjeuner avant de venir. On nous distribue un profil du tracé, un bon pour le repas, ainsi qu'un un sac contenant des pubs et un bidon. Nous regagnons la voiture nous préparer, manchettes, genouillères et coupe-vent sont de sortie, puis nous partons roulotter pour l'échauffement, en partie sur la route puis sur le début du parcours ou l'on se retrouve vite sur un joli sentier descendant; on ne s'aventure pas trop loin, on remonte et on termine l'échauffement en roulottant, puis on rejoint l'aire de départ.

Les départs seront échelonnés, le 71km devant démarrer à 9h, suivi dix minutes plus tard du 51km et finalement le 36km sera donné à 9h20.

Nous sommes 91 au départ du grand parcours, c'est pas la foule et l'ambiance est détendue. Il ne faudrait pas qu'il y ai trop de participants au départ des prochaines éditions, si elles doivent partir du même endroit, car nous sommes regroupés à coté d'un terrain de tennis ou l'espace est compté, de plus on va devoir gravir d'emblée et sans élan une butte herbeuse de deux mètres et je suis sûr que certains seront déjà à pied pour la passer, bouchonnage en perspective.

On écoute les dernières recommandations de speaker, puis à 9h10 le départ est donné.

Je passe la butte sans problème sur le VTT, pas de gêne de notre coté, puis on remonte la petite route, qui grimpe un poil plus fort sur quelques mètres avant de revenir à plat au niveau des terrains de sport où les camping-cars des coureurs ont élus domicile. J'ai les guibolles moyennement en forme; il va me falloir un long moment avant qu'elles ne montent en température, je n'ai pas la forme que j'avais au départ de la Transvé, faudra faire avec.

Les 500m de petite montée sur route contribuent en partie à étaler la centaine de concurrents, nous délaissons très vite le bitume pour poser nos crampons sur un chemin entrant en sous bois du Puy Massat, puis nous bifurquons sur le joli sentier descendant,en légère gouttière avec au sol quelques cailloux granitique. Le niveau est bon parmi les pilotes et la courtoisie de mise, ce qui fait qu'à l'entrée puis dans le sentier on ne sera pas gêné, même pour Mary qui roulait plus en arrière. Un gros kilomètre plus bas le sentier débouche sur un bout de route descendant durant 300m vers le village de La Chaise, mais pas question de s'y assoir pour trouver repos car nous repartons sur un sentier qui débouche sur la D44. Le fossé a traverser est rempli d'eau et occasionne un micro ralentissement, puis on repart en face poursuivre la descente qui nous amène au premier point bas du parcours, altitude 445m.

De là nous allons attaquer la première bosse, longue de 900m pour 109m de dénivellation positive, d'une pente moyenne à 12%, grimpant en direction du hameau du jeune Hureau. Le chemin grimpe en sous-bois ombragé, fait deux virages au départ, ça y grimpe un peu plus, sol de terre un peu plus meuble et creusé en son milieu par les ruissellements de pluie, faisant ressortir quelques cailloux éparses. Puis la pente s'adoucit et le chemin grimpe régulièrement, plateau intermédiaire ça le fait, la troupe s'étale, on redescend légèrement pour finir la première montée sous le Puy Barrier. De là on ressort du couvert forestier pour rejoindre Le Vieux Hureau,longeant au passage un petit étang. J'ai l'impression de me retrouver dans le même type de cadre et terrain que nous avons pu rencontrer au Marathon de Remiremont dans les Vosges, sauf que sur ce parcours Limousin les essences d'arbres seront plus variées, moins de résineux aux troncs élancés vers les cîmes, moins de tapis de mousses en sous bois et de ruisseaux, et surtout ici le parcours sera bien plus ludique, plus technique et avec une foison de jolis sentiers alors qu'à Remiremont on reste plus souvent sur des allées ou chemins forestiers.

Un court bout de bitume, ils seront hyper rares ces morceaux de petites routes désertes durant tout notre périple, maigres moments de récupération, puis on retrouve le sous-bois pour suivre un chemin plus calme qui nous mène au pied d'une nouvelle bosse, gravie sur un chemin régulier traversant les courbes de niveau du Puy de Cloud. De là on va redescendre sur plus de deux kilomètres, portions rapides ludiques sur chemin, plus lente et sympa sur sentier forestier, en direction des bords de l'étang de la Crouzille, pour débuter la remontée de Chabannes, avec quelques passages plus pentus pour grimper vers Fondanèche, puis au pied du Puy de Rousset.

Au début il y avait une descente rapide sur chemin qui se rétrécissait en large gouttière, plusieurs blocs et dalles granitiques bien positionnés contraignant les moins techniques à préférer descendre à pied ces 10m sympatoche, j'ai failli m'y faire coincer par un gars refusant l'obstacle devant moi, mais j'ai réussi à l'éviter et passer tout cette zone sur le spad. Sur la droite en bas il y avait quelques pilotes parisiens qui m'ont encouragés au passage, concentré sur ma trajectoire je n'ai pas pu lever le nez du cintre mais ça devait être la bande des sangliers du Vexin, car Seb avait crevé à ce moment là. 

Nous emprunterons un sentier dont le sol au début est en partie couvert de blocs granitiques érodés, les pneus trouvent une excellente adhérence sur ces pierres rugueuses dont l'érosion produit un sable grossier, peu épais, que nous rencontrerons sur la majeure partie des sentiers et chemin du parcours, ce qui conjugé avec un sol dur où la couche de terre de faible épaisseur offre un parcours qui n'était pas boueux -malgré les nombreuses précipitations des 9 derniers mois- en dehors des fonds de vallée où séjournaient quelques grandes flaques. Ici on roule tout l'hiver sans pneu très cramponné comme nous le confiaient Tib et les locaux, ce qui est fort appréciable sur ce parcours et l'on pourra revenir en toute confiance lors des prochaines éditions car à l'issue de cette première nous n'avons jamais rencontré de boue collante, pour le bonheur des transmissions et du pilote. Le terrain est juste devenu un peu plus souple et consommateur de watts lorsque nous sommes partis vers les sols plus souples de terres et d'humus humides vers les Dauges.

On passe près de la Borderie, pour retourner en sous bois suivre un autre joli sentier descendant, ça tournicote, c'est ludique et plaisant, ça sera d'ailleurs le thème de la matinée, terre parsemée de quelques cailloux, puis vers le bas je vois un bénévole placé au bord d'un virage juste après une rupture de pente où j'arrive et stop en haut; un tas de cailloux moins émoussé, plus humide, je fais ma fiotte et préfère assurer en descendant à pied sur 20m; par temps sec j'aurais essayé. C'est la seule partie vraiment plus technique de tout le parcours qui m'aura fait refuser l'obstacle, tout le reste se passait sur le spad pour des pilotes habitués aux cailloux et courtes ruptures de pentes.

La descente se termine et on débouche sur une petite route, qu'on délaisse bien vite pour repartir en sous-bois. Après la remontée progressive vers les Sagnes, nous avons continué la montée qui nous amenait au départ d'un autre super sentier technico-ludique descendant, des butes, des montagnes-russes, de courtes ruptures de pente, trop Top ce parcours, les traceurs nous y ont mis ce qu'ils avaient de mieux en magasin.

Descente de talus terreux pentu et je débouche sur une petite route où les tables du 1er ravito était montées, nous en somme au seizième kilomètre, quelques spectateurs et des bénévoles souriants. Je pose le vélo et retire coupe-vent et manchettes devenus inutiles; on s'agite et on grimpe assez sur ce parcours pour s'en passer même avec la dizaine de degré ambiante. Je garde toutefois les genouillères, mais j'aurais du les retirer aussi car avec toutes les bosses qu'on va se taper sur le parcours, les mollets ont pris du volume et je ressentais l'élastique contraignant la mi-mollet. J'avale un demi-verre de Coca, grignote quelques trucs sucrés; le ravito est bien pourvu et assez varié, il y a en plus du pain d'épice, des oranges et bananes, des abricots secs et des dates, des petites madeleines. Je ne m'attarde pas trop, ça arrive déjà derrière.

Le parcours repart en direction d'Augères, petit portage d'une minute pour gravir 15m sous le Puy du Mas, on fait le tour de l'étang de Gouillet, mais assez loin de ses bords en suivant les petits chemins forestiers et beaux sentiers du coin. Un peu plus loin arrive la séparation des parcours 51/71km avec le 37km, là un vététiste -que je trouvais bien trop frais et vivace quand il nous a dépassé- est parti à droite en suivant le balisage du petit parcours qui repartait vers Grandmont.

Tout au long du parcours le balisage était très bien fait, avec des panneaux jaunes fléchés bien visibles et bien positionné avant et après les changements de direction, avec des confirmations et quelques rubalises, les séparations de distances étant marquées par de plus gros panneaux clairs à l'affichage assez visible en arrivant dessus.

Aurélien (Nuts) m'a dépassé à un moment avec deux de ses compères de chevauchée, caméra sur le casque et chevauchant son Raven, hyper véloce et pilotage souple comme d'hab, j'ai remonté mon rythme un moment en essayant de le suivre, il s'est étalé dans les ronces à un moment sur un court passage de butte grasse, en ressortant hilare, puis il s'est évadé bien vite et j'ai préféré garder mes cartouches pour la suite plutôt que de suivre la gazelle.

 

Après la séparation avec le parcours 37km, nous repartons sur une partie de parcours où les bosses continuent de s'enchaîner, de longueur moyenne et de pente souvent bien soutenue où mon braquet 22/30-32 est largement mis à contribution, j'aurais apprécié ce matin une cassette avec un pignon 34. La Gilles Lalay Classique Moto appliquée ici au VTT. A un moment j'ai regardé mon compteur, y voyant seulement 25km j'ai décidé de me calmer un peu, mon cardio tapant souvent au dessus des 170bpm depuis que j'avais démarré, sans réussir à le faire descendre. Je l'ai un peu payé par la suite cette première partie trop vive, un peu moins entraîné depuis la Transvé car je roule moins, réussissant à mobiliser assez de force pour monter en moulinant les bosses plus fortes mais sans punch et sans rythme, trop diesel le bonhomme.

Dans un chemin descendant bordant les sous-bois où l'on slalomait entre quelques grosse flaques de boue sablonneuse, une mauvaise trajectoire m'a envoyé découvrir de trop près un de ces murs de rochers couvert de mousse qui borde si joliment les chemins de cette région; bilan de la rencontre, un gros bleu au bras gauche, que j'ai ressenti par la suite dans les descentes qui secouaient un peu trop, et une grosse moquette de mousse recouvrant la moitié de mon poste de pilotage, façon volant Jacky'Touch.

Plusieurs chemins descendant se gobaient rapidement, leurs bords parfois relevés favorisant l'appui en courbe, la machine sursautant sur les roches et racines éparses. Je me suis fait peur dans l'une d'elle en arrivant un peu vite pour découvrir un trou d'un mètre face à ma roue avant et ce saut de marche imprévu s'est finalement presque bien passé, la réception freinée et le pied déclipsé juste à temps pour m'empêcher de m'étaler au sol.

Descente rapide, hésitation sur un embranchement, je lève la tête et aperçoit à droite la flèche du balisage apposée un peu trop haut sur un tronc, alors je remonte à pied le début du chemin couvert de bout de bois laissés par un débardage, un peu fatigué à ce moment pour batailler sur le VTT sur ce terrain chaotique et souple de tourbe retournée, puis je remonte en selle pour gravir à nouveau la suite de la bosse sur chemin forestier, on repart à droite pour la suite de la bosse qui devient bien plus forte, je m'y attèle tout-à-gauche et sur l'avant du bec de selle, mais une alerte de crampe survient; je me poste sur le coté du chemin car je commence à avoir un bon coup de moins bien, j'avale un tube de sucre rapide et commence à bien vider le Camel pour faire disparaitre la crampe, poursuivant mon hydratation forcée un bon moment. Ce sera la seule alerte de crampe que j'aurais et elle disparaîtra vite. Seb et Jeremy des Sangliers du Vexin m'ont passés à ce moment, $eboss ayant déjanté dans une des premières descentes; c'est cela de toujours vouloir rouler avec des pneus en feuilles de cigarettes

J'arrive au 2ème ravitaillement situé après le 34ème kilomètre au niveau de Marzet, auparavant j'ai épongé un petit coup de moins bien et l'ayant trouvé un peu long à venir celui-ci j'avais déjà boulotté une de mes barres nougat/miel/cassis, mais je m'y suis arrêté quand même pour grignoter quelques sucreries et me réhydrater.

Le parcours repartait ensuite vers le secteur de la Réserve Naturelle de la tourbière des Dauges, une portion un peu plus calme vers Sauvagnac avant de reprendre les grosses bobosses autour du Puy du Guet, récompensées par toujours autant de beaux sentiers et petits chemins, il y a vraiment là une très belle région propice au VTT. Peu de portion de répit sur ce tracé costaud et homogène; lorsque l'on posait les crampons sur les rares larges allées et qu'on commençait à tomber les pignons, on avait à peine le temps de reprendre un peu de vitesse que déjà le balisage nous faisait repartir sur les cotés profiter d'un beau sentier où attaquer une nouvelle bosse; vicieux ce traceur d'Aure ? Non, plutôt amoureux de sa région et avide d'en faire découvrir les moindres trésors au travers de ce Raid mélangeant savamment le physique avec le technico-ludique. Point besoin d'aller loin parfois, car à quelques mètres du bord d'une route il fallait savoir dégotter ces petits sentiers serpentant entre les arbres et les roches, ou encore ce canyon que l'on remontait coincé entre deux hauts talus sous le sombre couvert des pins, ou ces pistes de DH qu'on remontait en sens inverse du sentier, mode portage vélo sur le dos comme à la Transvé ou pédalant dans le dur tout à gauche sur le 22x32 à la limite du cabrage, bien avancé sur le bec de selle, cherchant la meilleure trajectoire pour ne pas devoir poser pied à cause des cailloux de granit éparses tapissant le fond de ces rigoles parfois bien creusées par les passages répétés des descendeurs.

Ainsi la portion de l'extrême Est du grand parcours, attaquant les pentes du Puy de Sauvagnac et du Grand Puy était tortueuse et bien physique, tu montes et tu descends sur de beaux sentiers, passant par Mallety. Un peu plus loin, nouvelle bosse raide, qui nous menait au sommet d'une nouvelle descente où très vite on oubliait les efforts fournis dans la grimpette d'approche pour se lâcher et travailler le sourire banane dans ces sentiers techniques super sympa et ludique, étroit, tournicotant entre les arbustes.

Entre la Jonchère Saint Maurice et la commune de Saint Léger la Montagne nous avons pu emprunter des passages des piste d'Enduro et de DH créées par les freeriders de Singletracks' Assos, il y avait là des modules North Shore que nous avons longé en remontant, sur le spot de la Jonchère nous sommes passé sur la piste d'enduro Kaolin, de DH Lisière. Passé le Kilomètre 53, où l'on avait au préalable eu droit à un nouveau portage de 20m de positif vélo sur le dos, se profilait le 3ème ravito positionné près d'un point de vue non loin de la Roche Branlante. Il y avait là un coureur bien cuit, abonné aux crampes, qui demandait aux bénévoles si une voiture balai pouvait le ramener au départ. Je suis resté au moins 3 minutes à ce ravito, grignotant des sucreries pour me refaire et j'ai rempli au complet la poche de mon Camel.

De là on repartait sur un sentier en descente, piste du spot DH, bien technique avec de la racine, du cailloux, des passages pentus dans la terre meuble, des ruptures de pente, de petits virages, du Top moumoute plaisir en barre où j'ai tout fait sur le VTT selle haute sans problème. On a vraiment bien fait de venir ici et tous ceux qui ont préférés rester sous la couette pour cause de météo incertaine vont s'en mordre les doigts durant un an. Vers le bas un filet orange avait été disposé pour éviter de prendre la trajectoire Expert, sans doute un mega jump; on l'a contourné par la droite, la descente se terminait au niveau du village de Noueix.

Sur le retour j'aperçois Stéphane stef_mtb / HOG'S TRACK en fin d'une courte liaison bitumeuse, il me demande "ça va ? Tu t'es perdu ?" Oui ça va, pas perdu, merci. Insinuerait' il que je me suis traîné depuis que je l'ai vu au point de passage précédent à Sauvagnac où il m'avait là aussi encouragé, probable j'ai eu mon coup de moins bien et j'ai baissé le rythme depuis le 45ème kilomètre car la répétition de bosses est usante. On part alors à droite, sur un chemin qui a plus l'air d'un ruisseau, ça me rappel ma dernière GTL; la flotte couvre la totalité du chemin montant en faux-plat et s'écoule en ruisseau, c'est roulable, pas profond à peine de quoi couvrir le pneu, sol assez dur couvert de cailloux et gros graviers, c'est la trajectoire à suivre plutôt que la bordure droite plus terreuse et boueuse. Un concurrent est arrêté sur le bord, affairé avec son dérive-chaine. Le sentier grimpe un moment dans ce ruisseau, la pente s'accentue un peu et les cailloux deviennent bien trop nombreux et glissants pour espérer y rouler trop longtemps, j'essaye puis renonce et passe en mode poussette sur une dizaines de mètres avant de pouvoir retrouver une surface roulable. Ce passage m'a rappelé un du même genre qu'on emprunte au marathon de Remiremont.

Après le plaisir, il faut remettre une couche d'efforts pour profiter de nouveaux sentiers descendant sympas; on est donc reparti à l'attaque d'une nouvelle bosse couillue, pour grimper vers le Puy de la Garde. On est redescendu en passant près de la chapelle de St-Psaumet, pour remonter encore avant de descendre vers Barlette. De là on remontait en tournant autour du Puy de Mola.

Dans ces derniers kilomètres du parcours, j'ai roulé à la hauteur de boby de l'U.V. Louviers, qui dévalait assez vite, écrasait ses pédales sur le plat et les faux-plats, mais dès que ça grimpait un peu fort il montait à pied en poussant son spad et je le dépassait en moulinant dans ces bosses que je passais sur le VTT. Il revenait plus tard dans la descente et le 'plat' suivant, me dépassait et le scénario s'est reproduit en mode Yoyo au moins dix fois de suite. Par la suite j'ai appris que c'était suite à un problème mécanique qui l'obligeait à rouler sur la plaque.

Le 4ème ravito est arrivé rapidement passé le 65ème kilomètre; normalement on devrait faire 71 kilomètres et l'on pourrait se dire que celui-ci on va le zapper, puis mettre la machine en route mode Turbo pour les derniers kilomètres, mais je me suis méfié; on sait jamais ce qu'un organisateur un tantinet vicieux peut avoir encore en réserve dans sa besace...donc je me suis arrêté juste 5 secondes, j'ai picoré un bout de pain d'épice sans lâcher mon spad puis je suis reparti. Comme j'avais les poches encore pleine de barres et qu'il me restait la moitié de mes tubes et un Camel rempli à demi, j'avais de quoi tenir.

Ce dont je me doutais s'est vérifié; la fin du parcours n'était pas des plus reposante, plusieurs bonnes bosses s'y sont succédées... En repartant du dernier ravito on descendais vers Malesart, pour repartir grimper le Puy Fourmiguet, encore une sévère bosse pour bien tirer sur les cuisses déjà bien grosses; ils nous soignent aux petits oignons ici, j'en bave plus qu'à la Transvé ! On nous avait prévenu; on est venu, on a vu, on a presque mourru. La descente qui suivait menait vers le Petit Coudier où l'on retrouvait un bout de bitume plat, court moment de répit, on repart à gauche sur un chemin légèrement descendant, un bénévole nous applaudissant chaudement au passage; là tu te dis que ça sent la fin, tu serait prêt à en remettre une couche, mais méfiant de l'eau qui dort tu pédales tranquillement jusqu'au point bas. Débute alors la dernière montée, un bénévole nous indique que c'est la dernière "800m, dur", ça commence un peu caillouteux technique, mais ça monte sur le bord droit, quelques spectateurs nous encouragent, puis c'est la solitude de la dernière partie de pédalage, finalement le "mur final" annoncé est une douce rigolade face à certains gros et long raidards déjà avalés sur le parcours ce matin. Un virage approche avec des spectateurs, des cailloux au sol pour corser la pente qui s'y accentue un peu, j'y suis encouragé par Stéphane (stef_mtb) qui me dit que c'est les derniers 50m, le replat, la lumière du soleil en ressortant du sous bois, passage entre deux murs des maisons et me revoici sur l'esplanade de départ, la butte herbeuse à re-gravir, dernier coup de mollet et à 14h51'56 je passe sous l'arche d'arrivée, super content de ce très beau parcours bien physique que je boucle en 5h41.

Le vainqueur Thibault VASSAL a bouclé les 71km en 4h33'51 à la moyenne de 15,56km/h, preuve que ce parcours n'était pas si roulant que ça.

Sur le parcours 36km, ils étaient 35 au départ, pour 31 classés à l'arrivée, soit 88,57%
Sur le parcours 51km, ils étaient 68 au départ, pour 46 classés à l'arrivée, soit 67,65%
Sur le parcours 71km, nous étions 91 au départ pour seulement 68 finishers à l'arrivée, soit 74,73%.

Comme il n'y avait pas trop d'attente, j'ai lavé le vélo aux deux jets mis à notre disposition, pour nettoyer le spad avant de le remettre dans la voiture; il n'était pas très sale; la séance mécanique de remise en état du retour ne serait pas très longue, tant mieux. Le fond de l'air restant frais, 13°C, je suis retourné à la voiture me changer et me couvrir plus chaudement, un comble à une journée de l'été. Tib est arrivé moins d'une demi-heure après moi, pas mal pour un gars qui s'entraîne pas. Il a vite replié les gaulles pour rejoindre sa petite famille, l'après-midi étant déjà à moitié avancée.

J'ai ensuite rejoint la salle pour profiter du bon plateau repas que l'organisation proposait aux participants qui l'avaient demandé lors de leur inscription. Crudité, lentilles accompagnant de la bonne viande Limousine, un petit morceau de fromage, de la salade de fruits; tout fut vite dévoré car je n'avais pas trop mangé sur le parcours, tout ça en discutant avec Crazymountainbiker et d'autres vététistes.

Mary est arrivée à son tour alors que je terminais mon repas, elle termine 1ère féminine en 6h44'47, un peu plus d'une heure après moi, soit au scratch 48ème sur les 68 classés. Visiblement encore bien fraîche, elle aussi était ravie de ce superbe parcours. Pendant qu'elle se changeait j'ai redonné un coup de propre à son SPARK, je l'ai accompagné à la salle ou elle a mangée son plateau repas en papotant.

Nous avons assisté à la remise des prix, où Mary est montée sur le podium avec la 2ème féminine Magaly plus amatrice de parcours typé Enduro (de l'avis des gars qui l'ont suivie, elle envoyait bien en descente); elles étaient trois dames à finir ce parcours bien costaud, bravo à elles. L'organisation offrait aux premiers un souvenir de taille bien typique, un bloc de dalle granitique et une porcelaine de Limoges; sympa ce cadeau.

le cadeau de Mary

Il est désormais temps de nous en retourner vers la région parisienne, trajet effectué sans encombre, arrivés chez nous à 20h54. Mary même pas fatiguée n'aura pas dormie dans la voiture au retour; la forme ma Bikette en ce moment, elle a même passée Francky en bosse sur le parcours !

C'est cool car ce paradis du VTT n'est qu'à quatre heures de route de chez nous; avec seulement 797km Aller/Retour effectués ce week-end, nul doute qu'on reviendra y poser nos crampons pour rouler avec Tib et ses potes sur leurs sentiers Limousins.


Et pour conclure ce super week-end, voici une petite bafouille résumée que j'ai posté sur le forum de Véloptimal au sujet de cette épreuve :

Un cadre idyllique, une organisation conviviale et au top, un tracé longuement mitonné aux petits oignons utilisant au mieux les ressources locales où sont savamment mêlés tous les ingrédients techniques/ludiques et surtout physiques qui font la meilleure des sauces, au travers d'une foison de sentiers et de petits chemins ou les périodes de récupération sont rares, nul doute que cette première Granit'Montana devienne une grande classique des plus beaux marathons VTT.

J'en ai plus bavé sur ces moult pentes ardues qu'à la Transvé', vu qu'en ces Monts d'Ambazac quasi tout passait sur le VTT , songeant dès la mi-parcours à ne plus remettre les pieds dans ce traquenard pour grimpeur affûté. Mais les muscles du sourire banane à peine défroissés, le plaisir occasionné par tous ces moments passés sur les nombreux sentiers ludiques et techniques où l'on virevolte entre roches granitiques érodées et racines, dévalant les descentes rapides où les multiples autres ruptures de pentes techniques d'un tracé essentiellement forestier, me poussent à revenir en 2011, sans doute avec mon Génius pour mieux en profiter, ne serait-ce que pour voir ce que ça donne dans la version terrain sec et météo ensoleillée.

Reste qu'il faudra que la date coïncide avec un calendrier vététistique très chargé en cette période de juin, car on voudrait encore faire le Raid des Monts d'Ardèche et retourner aux Terres Noires (qui devrait migrer en septembre).

Bravo les gars pour cette première, merci à tous les bénévoles et leur gentillesse !

Pédalator


Les classements

Scratch 71km / Scratch 51km / Scratch 37km


Profil du parcours ULTIME cuvée 2010

Profil du parcours 71km

Les données de Pédalator

ParamètresPOLAR
CS600
GARMIN
Edge705
Départ :9h10'359h10'05
Temps roulé :5h31'375h31'57
Temps total (avec arrêts):5h41'525h41'51
Moyenne:13.4 km/h13.0 km/h
Vitesse max.:53.0 km/h51,5 km/h
Distance:73.3 km71.68 km
Réglage compteur :2040 mm (?) 
Dénivelée positif cumulé:+2490 m+2597 m
Dénivelée positif TrainingCenter-+2691 m
Dénivelée positif CartoExploreur-+2895 m
Dénivelée négatif cumulé :-2520 m-2631 m
Dénivelée négatif TrainingCenter:--2692 m
Température Min/Moy/Max:7/9/13°C-
FC Min/Moy/Max:80/161/186Sans ceinture
Calories3923 kcal4068 cal
Période échantillons :5sAuto
Démarrage compteur :manuelAuto
Fichiers échantillons10062001.hrmTRK(locale)
Propr. Privées
Distance/dénivelée annoncés :71km +3000m
51km +2300m
37km +1500m
GPS Firmware Revision-2.90
Vélo du jour :SCOTTSPARK07 
Pneumatiques : 
Avant :CONTINENTALMountain King UST 2.226"x2.20"1.8 bars2040mm678g 
Arrière :SCHWALBESmart Sam Tubeless (11732367)26"x2.10"1.8 bars  
Suspensions : 
Fourche :ROCK-SHOXSID World Cup 2010100/100Psi100mm débattement
Amortisseur:DT-SWISSNudeTc92Psi 
Transmission :22/32/44 et 11-32   

A Lire, à voir

Le site du club organisateur : Ambazac Sprinter Club

des photos de Philippe SEGUIN sur PHOTOLAPS

des photos de la reco

galerie sur picasa + une autre de Stephane Lacaud + celle de Fabien Vergnaud

Le site des riders de Singletracks'Assos

Les forums où l'on en parle : Vélo Vert, Véloptimal

Belles galeries de photos de Dan sur le chemin des Moines de Grandmont


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Dernière mise à jour : vendredi 06 août 2010 18:27

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